Le Néolithique au Proche-Orient Imprimer Envoyer
Écrit par Caroline   

Le Néolithique au Proche-Orient

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Sommaire:

I. Le Néolithique : généralités

II. Le Natoufien

III. Le PPNA

IV. Le PPNB

V. BIBLIOGRAPHIE

Le Néolithique s'est formé au Proche-Orient. L'archéologie s'est formé au XIXe siècle, des chercheurs se déplaçaient et c'est un ainsi qu'un botaniste découvre en Mésopotamie le « caillou Michaud », du nom du chercheur.

Sur le caillou est inscrit une charte de donation, dont on ne peut lire les écritures sur l'objet. Il s'agit d'une écriture cunéiforme (coin ou clous). Le déchiffrement des écritures cunéiformes est à l'origine de la structure de l'archéologie. Au XIXe siècle, la curiosité scientifique veut que l'on déchiffre cette écriture cunéiforme, qui souvent n'était pas bilingue. C'est le cas de la Pierre de Rosette, où l'écriture est en démotique, une écriture grecque.


1. Ecriture cunéiforme

L'écriture cunéiforme est déchiffrée avant les hiéroglyphes. GROTEFEND déchiffre à Bisthum en Iran, le nom des rois Perses inscrits sur le rocher. Les toutes premières explorations se font à Mossul dans le Nord de l'Iraq., où viennent des consuls, tels que Paul-Emile Botta et Victor Place. Ils se sont lancés dans l'exploration de grands sites (rien à Ninive), dont Khorsabad, où ils ont trouvé des vestiges qui ont été rapporté au Musée du Louvre. Le Musée du Louvre ouvre un département spécial, contenant uniquement des objets assyriens, en 1847. Vers 1950, on s'intéresse à d'autres périodes que celles documentées par le Bible.

I. Le Néolithique : généralités

Pour dater le Néolithique, on utilise différentes méthodes en fonction de la stratigraphie et des méthodes de datation physico-chimiques, tels que la datation au carbone 14. Elle est fondée sur le fait que tous les éléments vivants contiennent du carbone, dont il existe des types stables et d'autres radioactifs. Le carbone 14 en est la forme radioactive. Quand un organisme meurt, sa teneur en carbone diminue, la perte en particules atomiques s'effectuant à un rythme constant. Celui-ci peut se mesurer au moyen d'appareils scientifiques, ce qui permet d'obtenir une datation de l'objet étudié.

La dendrochronologie consiste à calculer l'âge des arbres. Les chasseurs-cueilleurs n'ont pas de groupes sociaux très complexes. En 1500 av J.-C, le climat du Proche-Orient se modifie, il se réchauffe et a pour conséquence la multiplication des sites de plein air et la prolifération des céréales sauvages ainsi que de certains animaux dans le croissant fertile. C'est l'apparition de microlithes (=petits segments de pierres taillées, attachés à des os ou bois) pour fabriquer des outils. L'outillage est composite. Il s'agit de transformations qui affectent le mode de vie des Hommes. On voit apparaître le premier village, où ils inventent la vie en collectivité. L'Homme commence à intervenir sur la nature et sur les cycles de reproduction des animaux et végétaux. Il devient agriculteur et apprivoise les animaux. Un anthropologue américain, S. CHILDE, invente pour décrire cette période, le nom de « révolution néolithique ». Aujourd'hui, on utilise le terme de néothilisation. Il a fallut des décennies pour comprendre ce phénomène. On passe d'un mode de vie itinérant à un mode de vie sédentaire. On divise le néolithique en trois périodes :

* Le Natoufien"12000-9500 av J.-C

* Le PPNA (pré-potery néolithique A) "9500-8500 av J.-C

* Le PPNB (pré-potery néolithique B) "8500-6500 av J.-C

II. Le Natoufien

C'est à cette période qu'apparaissent les premiers villages, notamment sur le site de Mallara, fouillé dans les années 60 par J. PERROT. Il s'agit d'un site Israélien. Dans ce village les maisons sont rondes et enterrées, vraisemblablement couverte d'un toit en branchage. L'architecture est simple mais on trouve des inhumations sous les sols. On chasse toujours de façon diversifiée et on cueille des céréales sauvages. On trouve dans ces maisons des récipients en mortier. L'outillage est trop insuffisant pour déterminer l'agriculture. La sédentarité précède l'économie de production. La fin du Natoufien voit apparaître les outils polis, et dans l'art, des animaux sculptés sur des manches en os ou en bois, ainsi que des manifestations humaines (couples enlacés, visages gravés sur des petits galets).

III. Le PPNA

Le site de Jéricho a fourni la base de cette nomenclature dans les années 1930-1940, par les britanniques. Il s'agit d'un Néolithique un peu plus avancé mais sans céramiques. On constate des transformations architecturales, ce sont toujours des maisons rondes semi-enterrées, mais dotées d'une entrée et d'un foyer.


2. Maison de Mureybet

* Le site de Mureybet est fouillé par Jacques CAUVIN, qui dégage la maison n°57, LVII en chiffres romains (rappel : L=50 ; C=100 ; D=500 ; M=1000), qui est d'une architecture triangulaire.

* Daniel STRODEUR fouille le site de Jerf El Ahmar, où cohabitent des formes architecturales différentes. Les bâtiments ne sont pas enterrés mais posés et rectangulaires. Un seul bâtiment est enterré car il s'agit d'un bâtiment spécifique. En effet, on y stockait des céréales et il servait aussi de lieu de réunion (banquettes), on y descendait par le toit. Les Hommes se lancent dans ces travaux collectifs et construisent de hautes tours dotées à l'intérieur d'escaliers en pierre. On voit apparaître des pointes de flèches et l'Homme commence à travailler la terre cuite. ¹


3. Site de Jerf El Ahmar Syrie

¹. D. STORDEUR, « Organisation de l'espace construit et organisation sociale dans le Néolithique de Jerf el Ahmar (Syrie, Xe-IXe millénaire avant J.-C.) », in F. Braemer, S. Cleuziou et A. Coudart dir., Habitat et société, XIXes Rencontres internationales d'archéologie et d'histoire d'Antibes, A.P.D.C.A., Antibes, 199

IV. Le PPNB

Cette période est très documentée. Les Hommes commencent à devenir des éleveurs, le Néolithique se répand et l'habitat devient standardisé. Les maisons sont plus grandes et rectangulaires, ce qui montre l'organisation de la société. Des différences de statuts sociaux apparaissent. On travaille des matériaux tels que la terre cuite, le plâtre et la chaux (calcination de pierres calcaires et de plâtre). On trouve des sites de taille considérable tel Çatal Hüyük et le site de Bocqres en Syrie. La population grossie et on dispose de beaucoup de données sur le plan artistique. En effet, les crânes sont surmodelés, prélevés à l'intérieur des tombes. Peut-être est-ce le culte des ancêtres. On remarque également la présence de bâtiments collectifs, notamment à Çayonü et de masques en pierre avec perforation à Nevali Çori. On fabrique des statues à base de chaux. Ainsi à Ain Ghazal a-t-on retrouvé des fosses où l'on enterre les statues (pieds ou bustes). On trouve aussi dans les maisons des décors muraux avec des plans standardisés, ainsi que des peintures géométriques avec des animaux ou personnages, et des reliefs qui mettent en scène un personnage féminin. L'art a une fonction sociale.


4. Figure féminine du néolithique

A la fin du PPNB apparaissent les toutes premières traces de céramiques, la surface est lustrée et plus tard sera peintes. En Syrie du Nord, sur le site d'El Roum, on trouve des maisons avec des plans de divisions tripartites. On voit se former plusieurs cultures :

* Hassuna : 6500-6000 av J.-C

* Samara : 6200-5700 av J.-C

Au centre du village, un grenier. On trouve également des céramiques à pâte claire et à motifs. Plus tard on aura même des maisons tripartites avec remparts et fossés.

V. BIBLIOGRAPHIE

* J. CAUVIN, Les Outillages néolithiques de Byblos et du littoral libanais, t. IV des Fouilles de Byblos, A. Maisonneuve, Paris, 1968 ; Les Premiers Villages de Syrie-Palestine du IXe au VIIe millénaire avant J.-C., Maison de l'Orient méditerranéen ancien, no 4, diffus. De Boccard, Paris, 1978, rééd. 1990 ; Naissance des divinités, naissance de l'agriculture. La révolution des symboles au néolithique, C.N.R.S., 1994

* J. PERROT, « Préhistoire palestinienne », in Supplément au Dictionnaire de la Bible, no 43, Letouzey et Ané, Paris, 1968

Mise à jour le Vendredi, 16 Septembre 2011 20:27