|
INTRODUCTION A L’IMPRESSIONNISME
CMCONTEMPORAIND2CATHERINEMARTIN
Il s'agit d'une introduction, la suite de l'article portera sur des minis biographies illustrées des différents artistes de ce mouvement.
Sommaire:
-
-
Il s'agit d'un moment de rupture dans le XIXe siècle. Ce mouvement découle directement des idées de Baudelaire. Il y a une notion d'un présent continuel. Les sujets mythologiques et la peinture d'Histoire disparaissent. On trouve un certain goût pour la couleur, un travail sur les valeurs. Ce mouvement s'inspire du réalisme de Courbet, de l'école de Barbizon, de Manet. Ses artistes parviennent à créer un art autonome. On observe un refus complet de référence à des éléments descriptifs. C'est le privilège de la raison pure, qui s'adresse à la perception, à la vision brute. L'artiste reproduit ce qu'il voit. Il accroche la lumière et transmet un éclat, une transparence, qui recrée l'illusion du scintillement de la lumière. Tous ces artistes se rencontrent souvent au café Guerbois.
Edouard MANET, Réunion au café Guerbois, 1869
Ils se servent des mouvements qui les ont précédé, notamment le Romantisme, mais poussés à l'extrême. La peinture de paysages est l'art par excellence de la seconde moitié du siècle. Le paysage entraîne des bouleversements au niveau de la hiérarchie des formes. Ils trouveront cependant une clientèle qui leur permettra d'assumer leur propre carrière. C'est le développement du positivisme. On trouve de multiples études de détails peintes en plein air. Leurs points communs ? ¤Leur âge. Ils sont pratiquement tous nés dans les années 1830-1840, souvent à Paris, car ce mouvement est lié à la vie urbaine. ¤Leur formation. Cette dernière n'est pas traditionnelle. Ils fréquentent l'académie suisse, notamment Monet qui y rencontre Pissarro et Cézanne, ainsi que l'atelier de Gleyre. Monet fréquente ces deux ateliers, il y fait la connaissance de Renoir, Sisley et Bazille. ¤Un autre de leur point commun, l'amour des marines, et les couleurs assez claires, avec un certaine influence d'Eugène Boudin. Les artistes se basent sur la théorie du spectre solaire de Chevreuil, où les couleurs sont recomposées dans l'œil du spectateur, avec l'abandon du noir. Les couleurs sont plus conformes à la couleur d'éclairage. C'est aussi l'apparition de nouveaux pigments, mis en tubes, ce qui favorise le travail en plein air. Les pinceaux sont aussi beaucoup plus solides.
Eugène BOUDIN, La plage de Trouville, 1865, Paris, musée d’Orsay
Dans cette œuvre, l'artiste utilise une spatule.
Johan Barthold JONGKIND, La Seine et Notre-Dame de Paris, 1864, Paris, musée d’Orsay.
¤le Japonisme débute en France lors des expositions de 1867. Il né vers la fin des 1858. Il s'agit d'un ensemble de gravures totalement inconnues. Les œuvres secondaires sont envoyées en Europe. On y trouve des réflexions techniques intéressantes, notamment dans le domaine de la composition. Hokusai (1760-1849) va beaucoup inspirer les artistes du mouvement, notamment avec la Grande Vague qui est un motif récurrent. Dans son Paysage, les arbres semblent des arabesques en mouvement, le lac, des grandes plaques. Hiroshige (1797-1868) dans ses vues utilisent de grandes zones de couleurs mates, peu modulées. Fantin La Tour assure la diffusion de ces gravures.
Katsushika HOKUSAI, Paysage,
Katsushika HOKUSAI, la Grande Vague, 1831, Londres, Victoria and Albert Museum.
Whistler (1834-1903), Portrait de la mère de l'artiste. Dans cette œuvre, le personnage devient l'objet. On remarque une certaine recherche formelle, sur les couleurs, sur la forme.
 James WHISTLER, Arrangement en gris et noir n°1, dit aussi Portrait de la mère de l'artiste, 1871, Paris, musée d’Orsay.
Vincent VAN GOGH, Le père Tanguy, 1887, Paris, musée Rodin.
Van Gogh, Portrait du Père Tanguy, 1887-1888, Musée Rodin. Il s'agit d'un personnage vendeur de tableaux. On a ici une allusion aux principales sources d'inspiration des artistes. Une liberté complète par rapport au sujet, à la couleur. Samuel King publie le Japon artistique. Beaucoup de motifs floraux et végétaux. Toulouse-Lautrec y participe aussi avec son affiche Le divan japonais. On retrouve une linéarité de contenu. La première exposition impressionniste a lieu en 1844. Le nom provient d'un journaliste critique d'art qui n'apprécie guère une toile de Monet, Impression soleil levant, devant laquelle il s'exprime : « Ah ça pour une impression c'est une impression, un papier peint est plus travaillé que cette marine. » L'impressionnisme est une peinture moderne, aux sujets non-académiques. On montre les progrès industriels. Cette première exposition est un échec complet. Mais il y aura tout de même huit expositions impressionnistes. C'est en 1877 que le groupe connaît un réel succès. En 1886, la nouvelle génération d'artistes prend la relève avec des artistes comme Gauguin et Seurat.
Henri de TOULOUSE-LAUTREC, Divan Japonais, 1893, Stockholm, Nationalmuseum.
Claude MONET, Impression, soleil levant, 1873, Paris, musée Marmottan.
I. Auguste Renoir (1841-1919).
Frédéric BAZILLE, Portrait de Pierre-Auguste Renoir, 1867, Paris, musée d’Orsay.
Naît à Limoges, Auguste Renoir souhaite devenir artiste et entre dans un atelier d'apprentissage de porcelaine. En 1862, il est élève de l'atelier des Beaux-arts et de Charles Gleyre car il souhaite tout de même obtenir une reconnaissance officielle. Il réalise des peintures en plein air à Fontainebleau, mais aussi un travail plus classique en atelier. On lui connaît de nombreux portraits et baigneuses.
Auguste RENOIR, Le cabaret de la mère Anthony, 1866, Stockholm, Nationalmuseum.
Dans Le cabaret de la mère Anthony, le portrait de groupe est ici transformé en scène de genre. L'artiste joue sur le noir et le blanc. Dans ce tableau il représente tous ses amis, autour d’une table. Ces dernier discute du contenu de l’évènement. Il est pratiquement certain que Sisley et Jules Lecoeur en font partis.. On ressent tout de même une certaine chaleur dans une scène pourtant froide et statique. En 1861, il rentre à Paris où il réalise quelques paysages urbains, dans lesquels on retrouve clairement l'influence de Monet.
Auguste RENOIR, Le Pont des Arts, 1867, Los Angeles, Norton Simon Foundation. On retrouve dans cette œuvre le goût pour un sujet contemporain, qui apparaît plus spontané.
Auguste RENOIR, La grenouillère, 1869, Stockholm, Nationalmuseum.
Auguste RENOIR, La loge, 1874, Londres, Courtauld Institue Galleries.
Il s'agit d'une vue des loisirs parisiens, ici le théâtre, dans une loge. On observe une femme accompagnée d'un homme. Cette dernière est coupée à mi-corps. Le rendu des accessoires est précis. Il n'y a pas de dissolution totale des formes, ce qui arrivera plus tard. La touche est plus rapide, plus spontanée, la recherche chromatique est plus travaillée. Renoir recherche à traduire en peinture les effets de la lumière filtrée par un feuillage, sur un corps fermé.
Auguste RENOIR, Etude ou Torse : effet de soleil, 1875, Paris, musée d’Orsay.
On observe une jeune femme nue, à mi-corps, dans un décor de feuillages, de végétations. Le corps est plutôt idéalisé, mais Renoir a un souci de vision sensuelle, calme, sereine. La carnation part du violet foncé au jaune très clair. On a une fusion entre le corps du personnage et son environnement. Hélas, le coloris est très mal perçu par les critiques. On retrouve cette fragmentation de la lumière qui rappelle Fragonard.
Auguste RENOIR, La balançoire, 1876, Paris, musée d’Orsay.
Auguste RENOIR, Le Bal du moulin de la Galette, 1876, Paris, musée d’Orsay.
Cette œuvre est l'aboutissement des recherches de l'artiste. On observe le mouvement d'une foule tout en gardant l'individualisme propre à chaque personnage. Beaucoup de couples de danseurs. A l'arrière-plan, une foule compacte, que l'on voit seulement avec le recul. Cette toile met en valeur l'amitié. Les personnages de dos, notamment au premier plan, font partis de cette rupture académique qui caractérise le mouvement impressionniste. L'espace est construit selon une diagonale, qui part du coin inférieur droit pour remonter jusqu'au coin inférieur gauche. La piste de danse est matérialisée par des bancs. La composition est aérée. On observe également la différence d'échelle entre les personnages. Renoir joue sur la lumière artificielle et la lumière solaire. Il travaille en extérieur et en atelier. Il s'agit là d'une œuvre emblématique de l'impressionnisme, notamment par ses coloris et sa gaieté. Renoir voyage en Italie où il contemple les œuvres de Raphaël. A partir de ce moment il change de style ; son dessin devient plus précis, ses personnages stéréotypés. Il crée des séries de danses.
Auguste RENOIR, La danse à Bougival, 1883, Boston, museum of Fine Arts.
Auguste RENOIR, La danse à la ville, 1883, Paris, musée d’Orsay.
Auguste RENOIR, La danse à la campagne, 1883, Paris, musée d’Orsay.
Les parapluies, est un tableau est d'aspect purement matériel. Les personnages sont stéréotypés (yeux en amandes), les formes cernées. Les couleurs sont quant à elle beaucoup plus sombres, plus ternes, plus rapides. Le travail se fait par plans, qui suivent les plis des robes.
Auguste RENOIR, Les parapluies, 1883, Londres, National Gallery.
Auguste RENOIR, Les baigneuses, 1918-1919, Paris, musée d’Orsay. Dans les baigneuses, Le modelé est assez vif, le dessin appuyé. Les contours sont d'un brun-rosé. Les coloris sont assez frais, pures, chatoyants. On trouve un certain refus du réalisme. Une vision formelle, plastique.
BIBLIOGRAPHIE :
*J. Rewald, Histoire de l'impressionnisme, Albin Michel, Paris, 1955 ; nouv. éd. rev. et augm. Hachette Littératures, Paris, 2007
*P. Signac, D'Eugène Delacroix au néo-impressionnisme, 1899, rééd., présent. par F. Cachin, Hermann, Paris, 1978
*E. Fezzi, Tout l'œuvre peint de Renoir, Flammarion, Paris, 1985
*Les Paysages de Renoir, 1865-1883, catal. expos., Cinq Continents Éditions, Milan, 2007
|