Le Romantisme Imprimer
Écrit par Caroline   

LE ROMANTISME


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Sommaire:
I. Le Romantisme en Allemagne
I.1. Caspar David FRIEDRICH
I.2. Les Nazaréens
II. Le Romantisme en Angleterre
II.1. John CONSTABLE
II.2. William Turner

A SUIVRE : II.3 Füssli, II.4 Blake, III. Le Romantisme en Espagne, IV. Le Romantisme en France.


Ce mouvement naît en littérature et en peinture par le biais du paysage. Pour Winckelmann, il est possible de dominer la Nature. D’un autre côté, il existe un ensemble de poètes et écrivains qui pensent le contraire. L’étude de l’extra réel est privilégiée par les Romantiques. Cet idéal moderne va de paire avec les révolutions ainsi que l’émergence du nationalisme. Le principe du Sublime (la Beauté peut naître de différentes formes), essentiel dans l’art romantique, repose sur le fait que la Nature est hostile à l’Homme. Le Pittoresque est un mélange du “Beau Idéal” et du “Sublime'”. Les scènes se situent souvent dans des paysages montagneux, ce qui vaut un grand intérêt pour les Alpes. On trouve également le Romantisme dans la littérature, avec notamment les écrits de Horace Walpole, spécialisé dans les romans noirs. Ce dernier se base sur l’irrationnel et les histoires d’amour tragiques. Le Romantisme est opposé au monde des Lumières et de la Raison. Les frères Schlegel proposent une redécouverte de l’art gothique, car pour eux, l’art véritable ne peut être qu’un art chrétien. Le Romantisme est un art du mouvement et de la couleur, on y privilégie l’effet général. On a également recours à la vérité de costume – le Nu étant pratiquement banni – on tente de conserver la couleur locale, afin de mieux représenter l’Histoire.

I. Le Romantisme en Allemagne

1. Caspard David FRIEDRICH (1748-1840)

Cet artiste est redécouvert dans les années soixante-dix. Une partie du paysage romantique propose une vision mystique, symbolique. Friedrich est originaire d’un village près de la mer baltique. Il fait sa formation à Copenhague puis à Dresde, de 1794 à 1798. En 1805, il rencontre l’écrivain Goethe.

Le retable de Tetschen est une commande pour le roi de Suède, Gustave IV, fervent adversaire de Napoléon. L’artiste veut créer un monument avec une croix sur un sommet, mais à l’époque, il est impensable de mettre un paysage derrière un autel. Cependant, ce retable contribue à faire connaître Friedrich. Au sommet d’un ensemble escarpé se trouve une croix entourée par des sapins. Le tout dans un décor de soleil couchant. L’oeuvre est encadrée par un bois doré, avec en bas de la vigne. Cela mène à une réflexion spirituelle et religieuse, dont chaque élément renvoie à une idée précise :

-les rochers symbolisent la constance et la foi

-la lune, l’apparition du Christ

-le coucher du soleil, le Passé et l’Ancien Testament

-les sapins, l’espoir du croyant dans le Christ

-les arbres foudroyés, le Pêché ou la Mort

-la croix, l’espérance

On reproche à Friedrich sa vision un peu trop naïve. Sa composition est dépouillée. L’oeuvre est en deux dimensions et repose sur des rythmes verticaux qui divisent l’ensemble en trois parties. Cette démarche vise à perdre le spectateur. Les contours sont nets et on a une attention toute particulière pour les détails. L’arrière-plan est, quant à lui, beaucoup plus lumineux. La couche picturale est très mince.  A son époque, l’artiste est très connu, et on trouve beaucoup dans ses oeuvres des cathédrales et des croix dans la montagne.

Caspar David FRIEDRICH, Le retable de Tetschen, 1808, H/T, 115 x 110 cm, Dresde, Gemäldegalerie

En 1810, il est élu à l’Académie de Berlin grâce à son Moine au bord de la mer. Cette toile est minimaliste et semble diluée dans la mer. Dans cette oeuvre, on perçoit une réflexion sur l’au-delà, le destin humain et l’infini. Le paysage est austère, les couleurs assez sombres. On a une absence complète de points de fuit. Ce genre d’oeuvre se retrouve également chez Gustave Courbet.

Caspar David FRIEDRICH, Moine au bord de la mer, 1808-1810, H/T, 110 x 171,5 cm, Berlin, Nationalgalerie, Staatliche Museen zu Berlin

Dans falaises de craie à Rügen, une jeune femme en rouge (sa femme?) est accompagnée à sa droite d’un personnage debout qui contemple le paysage (lui?). Ces personnages sont repris par les deux voiliers qui symbolisent la vie future des deux époux. Le personnage à quatre pattes symboliserait l’artiste pessimiste. Friedrich utilise la technique de panorama pour renforcer le caractère vertigineux et provoquer une rupture avec le réel.

Caspar David FRIEDRICH, Falaise de craie à Rügen, 1818, H/T, 90,5 X 71 cm, Winterthur, Fondation Oskar Reinhart

Dans le voyageur au-dessus de la mer de nuages, le personnage, à contre-jour, médite sur la destinée humaine. On remarque un changement de perception chez l’artiste, qui devient de plus en plus attentif aux phénomènes naturels et aux éléments atmosphériques. Il commence à introduire un peu plus de flou, ce qui lui permet d’accentuer les ruptures de l’espace.

Caspar David FRIEDRICH, Le voyageur au-dessus de la mer de nuages, vers 1818, H/T, 98,4 x 74,8 cm, Hambourg, Hamburger Kunsthalle

La mer de glace fait référence à un fait divers contemporain. Friedrich fait part dans cette oeuvre de son avis sur la politique (un dictateur qui succède à un autre). Pour lui, même si la nature est difficile à dominer, il y a toujours un espoir.  Le ciel est d’un bleu glacier. Les blocs de glace ont des arêtes très nettes, très coupantes.

Caspar David FRIEDRICH, La mer de glace, 1824, H/T, 96, 7 x 126, 9 cm, Kunsthalle, Hambourg

La grande réserve près de Dresde est un lieu très fréquenté. Dans cette oeuvre le ciel est immense. La composition est clairement horizontale. Les lignes de fuite se dirigent vers l’extérieur, sur une terre plus boueuse qui absorbe l’obscurité grandissante. Cependant, la toile est très lumineuse.

Caspar David FRIEDRICH, La grande réserve, 1832,  40,16 x 28,74, Gemäldegalerie, Dresde, Allemagne

2. Friedrich tombe malade vers 1827; il souffre de paranoïa. L’artiste n’a pas d’élèves, c’est quelqu’un de très solitaire. Même s’il influence des artistes, il reste très original. D’autres artistes allemands vont s’intéresser à Dürer ainsi qu’aux primitifs italiens, ce sont les nazaréens.  Ces derniers se regroupent dans la Confrérie de Saint-Luc, à Vienne en 1809. Ses deux artistes fondateurs sont Franz Pforr (1788-1912), et Friedrich Overbeck (1789-1869). Ces derniers choisissent la vie en communauté et portent les cheveux très longs avec la raie au milieu. Ils se comparent à Fra Angelico et Fra Filippo Lippi. Mais dès 1816, la confrérie se sépare.

L’oeuvre Sulamite et Marie (ou Italie et Allemagne), fait partie d’une échange entre Pforr et Overbeck, qui s’étaient engagés à représenter chacun leur fiancée idéale. il s’agit d’un art graphique et linéaire, avec une recherche de pureté de style associée à la religion. La jeune femme brune symbolise l’Italie, et la jeune femme blonde l’Allemagne. Il s’agit d’une démarche nationaliste visant à se démarquer de l’art gréco-romain. L’artiste propose un art neuf. Ces idées vont influencer plusieurs artistes.

Friedrich OVERBECK, Italie et Allemagne, 1811-1828, H/T, 94 x104 cm, Munich, Nouvelle pinacothèque

II. Le Romantisme en Angleterre

Des artistes étrangers viennent à renouveler certains aspect de cette peinture. IL faut attendre les artistes du 19e siècle pour voir apparaître un renouveau de la peinture anglaise.

1. John CONSTABLE (1776-1837)

Il s’agit d’un artiste plus ou moins autodidacte. Il fait parti de la Royal Academy Of Arts. Marqué par les paysages de sa région, prospère jusqu’à l’ère industrielle, il est connu en tant qu’artiste ayant influencé Delacroix et Géricault en France. Ses paysages sont naturalistes et ne représente pas de symbolique particulière. Ses esquisses, réalisée en extérieur, sont toutes achevées. Sa démarche nouvelle en ce qui concerne la touche, sa matière picturale plutôt épaisse ainsi que ses coups de pinceaux voyants, lui ont valu critique et incompréhension de la part du public. Ses sujets de prédilections concernent souvent la campagne et longtemps le Suffolk, où il a grandi. Il demeure fasciné par le ciel, les orages.

Dans son paysage entre deux arcs-en-ciel, le ciel d’orage est très gris, presque noir, et on retrouve ce paysage hostile à l’Homme, commun à l’art romantique. Les arbres sont traités par petites touches juxtaposées, afin de mieux traduire l’effet de scintillement de l’eau sur la végétation. On n’a pas de composition préalable, l’artiste peint ce qu’il voit et ce sans aucun arrangement.

John CONSTABLE, Paysage entre deux arcs-en-ciel, 1812, H/T, 34 x 38 cm, Londres, Victoria Museum

L’étude de nuages traduit bien la façon dont la lumière est filtrée, ce que voit et ressent l’artiste. Constable lit beaucoup d’ouvrages scientifiques sur la formation des nuages.

John CONSTABLE, Etude de nuages, 1822, H/T, Londres, Victoria Museum

On retrouve un paysage pastoral dans la charrette de foin, qui traverse la rivière pour parvenir à un moulin. Ici encore une scène quotidienne de la vie rurale, chère à Constable.

John CONSTABLE, La charrette de foin, 1821, H/T, 85 x 130 cm, Londres, National Gallery

En France, Constable est décoré par Charles X. Sa touche est particulière la surface picturale beaucoup plus vibrante. L’artiste est attentif à la couleur et à la matière. Il s’agit d’un artiste majeur pour le 19e siècle, qui marque ses contemporains et bien entendu les impressionnistes.

John CONSTABLE, Le saut du cheval, 1825, H/T, 142 x 187 cm, Londres, Royal Academy of Arts

2. William Turner (1775-1851)

Né à Londres, cet artiste est plus aristocratique, plus renfermé, plus secret et voyage beaucoup. Il fit parti de la Royal Academy Of Arts. Il commence sa carrière comme aquarelliste et comme graveur. En 1791, il fait son premier voyage, en Angleterre, et en 1802 part pour la France et la Suisse. Entre temps, il s’est mis à la peinture à l’huile.

Dans la mer de glace, il maîtrise parfaitement la technique de la peinture à l’huile. Turner est lui aussi fasciné par la montagne et les Alpes. Il utilise un langage symbolique des couleurs, est sensible à la lumière. Il conçoit sa carrière de manière très méticuleuse. En Angleterre, les artistes peuvent travailler sans commanditaires. En 1804, il participe à sa première exposition et ouvre sa propre galerie. Ses toiles sont fortement diffusées. A ses débuts, il est marqué par Le Lorrain.

William TURNER, Mer de Glace, Chamonix, 1802, Londres, Courtauld Gallery

Didon édifiant Carthage montre une architecture qui se fond dans le paysage, et ce grâce à la lumière. Cette oeuvre rappelle fortement le débarquement de Cléopâtre de Le Lorrain. On y retrouve ce paysage solaire à l’architecture antique, un bras de mer, et une scène historique sur la gauche. La touche est déjà apparente et les contours beaucoup plus flous.

William TURNER, Didon édifiant Carthage, 1815, H/T, 155,5 x 232 cm, National Gallery, Londres

Claude Gellée, dit LE LORRAIN, Le débarquement de Cléopâtre, 1642-1643, H/T, 119 x 168 cm, France, Musée du Louvre

Dans son oeuvre Tempête de neige : Hannibal franchissant les Alpes, ce n’est pas tant le phénomène historique que le phénomène naturel qui est au centre du tableau. Un énorme nuage sombre cache le soleil. L’Homme ne peut se mesurer à la nature. La palette de Turner est sombre, la lumière diffuse, les contours flous. On assiste à une fusion des éléments naturels. L’artiste tente de matérialiser ses doutes, ses inquiétudes.

William TURNER, Tempête de neige : Hannibal et son armée franchissant les Alpes, 1812, Londres, Tate Gallery

Turner découvre l’Italie en 1819. Très marqué par la couleur, il élabore un système de couleurs. Dans son incendie du Parlement, on retrouve ces grandes tâches colorées imbriquées les unes dans les autres. On voit apparaître quelques tours du Parlement.

William TURNER, L’incendie du Parlement, 1834-35, H/T, 92 x 113 cm, USA, Philadelphie

Pour l’artiste, la connaissance du monde se fait à travers les couleurs et les lumières.

William TURNER, Le matin après le déluge, 1843, 30,71 x 30, 71, Londres, Tate Gallery

Son oeuvre Pluie, vapeur, vitesse est l’une des plus emblématiques. On observe un paysage sur deux registres. Turner laisse entrevoir l’effet de la vitesse dans un ciel saturé d’eau. Les tons jaunes et clairs dominent aisément. Sur la droite, une diagonale dans des tons brun-noir représente la locomotive (vapeur), devant laquelle courre un petit lièvre (vitesse). Sur la gauche, un petit pont et une petite barque (pluie). Il s’agit d’une masse picturale d’où émerge quelques formes. L’artiste réalise cette oeuvre dans les débuts du chemin de fer en Angleterre. Le chromatisme est violent.

William TURNER, Pluie, vapeur, vitesse, 1844, 91 x 122 cm, Londres, National Gallery


Mise à jour le Vendredi, 16 Septembre 2011 20:41