L'architecture aux Etats-Unis Imprimer
Écrit par Caroline   
L'architecture aux Etats-Unis depuis l'Incendie de Chicago en 1871, jusqu'à l'effondrement des Twin Tower en 2001

CMCONTEMPORAINL3MARCSABOYA

Sommaire:

Introduction
1.Thomas Jefferson

I. Chicago

1. William Le Baron Jenney

2. Daniel Ebson Burnham et John Wellborn Root

3. Henri Richardson

4. Louis Henri Sullivan

II. Les gratte-ciel de New-York

III. Frank Lloyd Wright

IV. Le style international

1. Exposition de 1932

2. Succès dans l'architecture domestique

a. Rudolph Schindler

b. Richard Neutra

c. Charles et Ray Eames

L'architecture des Etats-Unis est une série de greffes successives. Dans cette architecture, il y a d'abord l'Europe. Le regard a permis de dégager une personnalité. Ce regard est le fait de la fascination de l'Europe sur les Etats-Unis. Les architectes se forment à l'Ecole des Beaux-arts de Paris.
Les Etats-Unis sont le lieu de refuge des Européens qui fuient la politique. Cependant les américains veulent s'en différencier. On remarque une quête d'identité, d'originalité, notamment chez Frank Lloyd Wright et Craig Elwood. Ce dernier est l'élève de Mies Van der Rohe.  C'est l'exaltation des éléments structurels, poutres, poteaux. Il développe une architecture typique Californienne. C'est un grand spécialiste des maisons de verre et de la transparence. En 1971 il s'installe dans une ferme totalement fermée en Toscane.
Avant 1871 on trouvait quelques maisons de bois qui portent déjà des traces d'américanisme. Le bois s'est aussi affirmé pour la toiture.
L'architecture de terre s'y retrouve aussi, car son coût est relativement faible. Elle conserve aussi une température relativement constante.

1. Thomas Jefferson (1743-1826), au 19ème siècle, est le premier grand architecte de l'histoire des Etats-Unis, et aussi le 3ème des présidents. Il va développer une architecture très influencée par l'Europe, portée sur les monuments de l'institut, le Capitole, et l'université. Ils sont traités pour être parlants. On trouve un hôtel particulier suburbain, au beau milieu d'un complexe agricole, sorte de villa Palladienne.
Ex : Virginia State Capitole. Cette architecture s'inspire de la maison carrée de Nîmes. La nouveauté concerne l'habilité de l'espace.
Ex : Université de Charlottesville, transmet toute une série de vertus de la démocratie. Au sommet on trouve une rotonde, sorte de Panthéon, qui est en fait la bibliothèque. On remarque de grandes ailes où sont disposées toute une série de pavillons, recouverts. Ils sont tous différents pour montrer l'histoire de l'Art des Etats-Unis. On retrouve des éléments de type corinthien dont le fronton triangulaire.
Virginia State CapitoleVirginia State Capitole
Université de CharlottesvilleUniversité de Charlottesville
Dès les années 1920, on invente l'agence d'architecture, avec la possibilité de construire des édifices de dimensions colossales. Leurs œuvres ne sont pas radicalement novatrices, mais liées à l'Art des Etats-Unis.
Pennsylvania Station
Ex : 1906-1911, Pennsylvania Station. Elle a été détruite, car là-bas, on détruit tout ce qui n'a plus d'images. Son modèle est pris dans les termes de Caracalla. On y trouve d'immenses colonnes corinthiennes, des plafonds avec voûtes d'arêtes et caissons. Le lieu même où l'on prenait le train était en fer.

Columbia University
Ex : Columbia university, est encore dans un contexte à l'antique du bâtiment.

Bibliothèque de Boston
Ex : Bibliothèque de Boston.
Elle ressemble beaucoup à notre bibliothèque Sainte-Geneviève, par Henri Labrouste. L'intérieur ne correspond pas cependant. Les limites sont déterminées par la hauteur des édifices. On a donc un changement du vocabulaire architectural.

Municipal Building
Ex: Municipal Building de New-York, 1914.
L'incendie de Chicago a provoqué un bouleversement. Il s'agit du point le plus avancé des Etats-Unis. On trouve des constructions à structure de bois, l'apparition de grands magasins.
Au 19ème siècle, on a beaucoup d'industries et d'entrepôts. La ville est détruite par un incendie provoqué par une vache. Chicago est composée d'un noyau, qui est le Loop. Le prix des parcelles étant de plus en plus cher, on songe à construire en hauteur. Plusieurs architectes vont construire plusieurs bâtiments. On a l'impression de voir toujours la même chose.

I. Chicago.

1. William Le Baron Jenney (1832-1907).
Il fait ses études à l'Ecole Centrale des Arts et Manufactures de Paris en 1853-1856. Il apprend l'utilisation du métal, et se forme à la doctrine de quelques architectes Français. Il sera un grand lecteur des théories de Viollet-Le-Duc. En 1876-1877, il fait partie de la première chaire d'enseignement Architecturale de l'université de Michigan. L'ascenseur Otis est commercialisé dès les années 1870.
Le Leiter Building, est un bâtiment entièrement en fonte. Il est revêtu d'une coque de ciment, en revanche, ses poutres sont encore en bois. Il possède une surface vitrée totalement considérable. Il s'agit d'une architecture franche, qui exprime réellement ce qu'elle est. On ne trouve aucune subtilité spatiale
1889-1891: Leiter Building
La partie du bâtiment précédent s'accentue, avec une volonté d'unifier ses grandes façades. Chaque travée est rythmée par un énorme pilastre, qui s'achève par un chapiteau.
Leiter BuildingLeiter Building
Leiter Building IILeiter Building II

­1884-1885: Home Insurance Building
On ne peut plus utiliser le vocabulaire antique, car nous n'avons plus de hauteur. C'est un renouvellement du vocabulaire traditionnel.
Au-dessus du socle, il élève toute une série d'étages. Les arcades dispersent au lieu d'unifier.
Home Insurance BuildingHome Insurance Building
Fair BuildingFair Building: empilement de deux parties l'une sur l'autre.

2. Daniel Ebson Burnham (1846-1912) et John Wellborn Root (1830-1891).
Ils s'associent en 1873. Burnham fait ses classes d'architecture auprès du Baron Jenney.

­Rookery Building (1885-1896).
Son décor a une charge symbolique très forte. Sa teinte est un peu rouge. L'organisation de l'édifice se fait sur un socle rude. Un arc vient achever l'élévation. La cour intérieure est d'une franchise constructive, qui  a pris le pas sur le décor. On observe la simplicité de la construction. Un grand vestibule immense, couvert d'une charpente métallique et d'une verrière. La beauté du fer est traitée de manière très esthétique. Frank Lloyd Wright agrémente la suspension des escaliers.

Rookery BuildingRookery Building
Monadnock BuildingMonadnock Building (1889-1891).
« Ce bâtiment est composé de seize étages, il est haut, sombre et noir. On n'observe aucune interruption horizontale, ce qui donne un grand élan vertical. On a un côté plastique de ces façades qui ondulent légèrement par ce jeu de bow-windows. Cela donne un meilleur éclairage des espaces. Une corniche à l'antique achève l'ascension de l'édifice. Les architectes sont Holabird et Roche. On constate une sécheresse structurelle et un parti de plus en plus fonctionnaliste. »

Reliance BuildingReliance Building, 1891, Chicago
Il est à peine revêtu d'une très mince pellicule de terre cuite. Les angles sont à peine marqués, les fenêtres sont rectangulaires, scandées de deux colonnes de fonte en acier. Seules s'ouvrent les parties latérales.

Flatiron BuildingFlat Iron Building
"On observe une parcelle triangulaire très pointue vers le nord. On a une ondulation à peine perceptible."

3. Henry Richardson, (1838-1886).
On ne fait plus d'églises qui ressemblent à des temples antiques. Il travaille avec sa connaissance architecturale Européenne qu'il adapte aux Etats-unis.

Église de la Trinité à BostonEglise de la Trinité à Boston
Il s'agit d'une libre interprétation de l'Art Roman Français. Ce sont des bâtiments neufs qui semblent surgir de l'histoire. On utilise les poubelles métalliques.

Winn Memorial LibrairyWinn Memorial Library, 1877-1878
Ames Free LibrairyAmes, North Easton.
"On observe les grandes ouvertures en plein cintre."

Prison de PittsburghPrison de Pittsburgh
On insiste sur la sévérité du bâtiment, et la nouveauté structurale.

Marshall FieldMarshall Field (1884-1886)
Il s'agit d'un gigantesque entrepôt commercial, au soubassement rugueux et brute, avec des travées en plein cintre, de la pierre dure, sombre, qui reste rustique.

4. Louis Henri Sullivan (1856-1924)
Sa phrase culte: "form follows fonction". En 1864, il fréquente l'école des Beaux-Arts de Paris, dans laquelle il reste huit mois. Il fait un court séjour en Italie où il voit la chapelle Sixtine.
En 1875, il est dessinateur à Chicago, puis chez Adler (1844-1900). Il acquiert sa notoriété dans les accoustiques de théâtres. Son Bordon Black est détruit en 1916. L'entrepôt Wather montre toute l'influence de Marshall Field, avec ses deux grands arcs en plein-cintre, qui deviendra une obsession chez Sullivan.

Auditorium BuildingAuditorium Building, 1887-1889
Il possède deux façades importantes. Au départ, il s'agit d'un immense hôtel de 800 chambres. L'autre façade est composée d'une immense salle de théâtre. Cette tour contient les bureaux de Adler et Sullivan. On observe une division de la baie en plusieurs autres baies.

­Wainwright Building, 1890-1891
Il se trouve à Saint-Louis. Wain Wright veut un immeuble de bureau, dans une parcelle d'angle de 40m de côté. Le plan est en U, avec neuf niveaux, douze et quatorze travées par façades, le dernier niveau étant éclairé par des oculi.
Il s'agit d'un monolithe composé de briques d'ornement. Il possède une enveloppe en acier. Ses pilastres sont uniformes, mais pas les motifs des allèges, rouges, en retrait par rapport aux pilastres.
Wainwright BuildingWainwright Building
­
L'exposition internationale de Chicago, la « Columbian Exposition »
Elle a lieu près du lac Michigan, et est dirigée par Burnham. Cette        architecture reste très conventionnelle. On a une accumulation de formes historicistes. Sullivan conçoit cette exposition comme une catastrophe, une véritable régression. La folie s'empare de l'architecte qui recourre à cette modernité.

Guaranty BuildingLe Guaranty Building, 1896
Onze étages sur deux niveaux de boutiques. On observe le grand élan des pilastres jusqu'au sommet. Un attique est formé de grands oculi. On constate la liaison organique, caractéristique de Sullivan au sommet de l'édifice. Le décor est fait de faïence et de terre cuite rougeâtre. On a une disposition en trois éléments de la colonne, avec un fût lisse, des chapiteaux travaillés, et un socle lourd. Sullivan comprend qu'à partir d'une certaine hauteur on ne peut plus utiliser le vocabulaire classique.

Bayard BuildingLe Bayard Building, 1894
Composé de douze étages, il est entièrement en acier. Nous sommes entre le Moyen âge et la Renaissance. Le modèle de l'entrée est quasiment Vénitien. C'est le style qui est adopté pour la plupart des gratte-ciel New-Yorkais.

Schlesinger and MayerSchlesinger and Mayer (Carson, Pirie and Scott)
Les principes constructifs de ce bâtiment sont extrêmement modernes. Les fenêtres sont tout en longueur, et le décor envahit la totalité du bâtiment. On a toute une série de décor dans le retrait des fenêtres. Le délire de la décoration pourrait s'apparenter à l'art nouveau. On a également du décor plaqué sur les boîtes.

­Farmers and merchants union bank, Wisconsin.
Plan qui va représenter les Etats-Unis.
Farmers and Merchants Union Bank

II. Les grattes-ciel de New-York
New-York est une île, cantonnée dans un espace un peu restreint, mais qui impose une image très forte. On peut y lire toute l'histoire des grattes-ciel des Etats-Unis. Le tracé de son quadrillage date de 1811, et seule est occupée la petite partie de Manhattan. Dans le centre ville, un immense espace vert, Central Park. En 1876, est construit le pont de Brooklyn, sorte d'équivalence de l'arc triomphal romain. En 1906, des immeubles de grandes hauteurs apparaissent. Et, en 1920-1930, les zones de grattes-ciel correspondent à des zones d'activité. James Bocardus a généralisé l'emploi de la fonte et du pré-fabriqué. Le tout se boulonne.

Cast Iron BuildingC'est le cas pour le Cast Iron Building, qu'on peut ainsi peindre de la couleur souhaitée. Singer par Ernest Flagg.
Photographie de New-York par Stieglitz, dans tout ce qu'elle a d'étrange. On remarque cet étrange contraste entre modernité et archaïsme. Ce photographe invente le pictorialisme. La folie de l'ambition, 1920.

Woolworth BuildingWoolworth Building, 1913
De près, on ne voit que son socle, de loin, le sommet. Ce bâtiment a une image spécifique qui permet de ne pas le confondre avec un autre. On observe cette profonde dynamique, qui est une grande revendication du pays. C'est l'introduction de la dynamique économique. On a une grande référence au gothique. Ce bâtiment doit être traversé par le public.

Equitable BuildingEquitable Building, 1915
Sa façade mesure 162m de hauteur. Sa réglementation est de 1916. Ce genre de bâtiments vont prendre la forme de ziggourats.

Le Chicago Tribune lance un concours pour la construction de ses locaux. Lee propose une grande colonne habitée. Chez Gropius, on ne trouve aucun détail qui puisse placer ce bâtiment dans un registre historique. On trouve aussi le projet de Raymond Hood, de Seharinen, qui est d'ailleurs arrivé second. C'est lui qui invente la forme des grattes-ciel. La Zoning Revolution de 1916 et le concours du Chicago laissent place à un renouveau de l'architecture formelle. On trouvera plutôt des références du côté des Etats-Unis latines, et des caractéristiques du style Art Déco.

American Radiator BuildingAmerican Radiator Building, 1924
Construit par Raymond Hood, sa masse est couronnée d'une série de clochetons et de motifs dorés. Ce gratte-ciel est construit pour une firme de chauffage. Les formes sont plus géométriques, plus brutales, plus simples.

General Electric BuildingGeneral Electric Building, 1930-1931
Par Cross&Cross. Sa flèche se situe dans une rue étroite, la 51ème rue. Le socle est décoré de bas-reliefs dans le style art déco. Le sommet possède des formes aigues, pointues et élancées, et surmonté d'une horloge.

Waldorf Astoria HotelWaldorf Astoria Hotel, 1931, sur Park Avenue
Il s'agit d'un grand hôtel de luxe de style Art déco relié autrefois par un train à Grand Central Terminal. Son socle est puissant, massif, composé de retraits.

Chrysler BuildingChrysler Building, 1931, par Van Allen
Edifice emblématique de l'art déco, il  est célèbre pour son sommet en forme de seringue argenté. Son iconographie exalte l'automobile et l'Amérique.
Allen se forme à l'Ecole des Beaux-Arts de Paris. L'édifice mesure 343m de hauteur, et devait être occupé par l'administration.  Son sommet le différencie des gratte-ciel qui l'entourent.
Il s'agit d'un morceau qui attire l'attention, véritable concurrence de chantiers importants. Il s'agit d'une construction en brique sur une structure d'acier. Elle occupe la totalité de l'îlot, et s'élève par un effet de retraits successifs. Des demi-cercles sont annoncés par le dernier élément de l'élévation. La forme triangulaire est privilégiée par le mouvement art déco. Des chevrons soulignent la verticalité, l'élan de la façade. L'entrée est en trapèze de marbre noir. On remarque un attrait pour les formes géométriques simples. La pointe du triangle indique toujours la hauteur, l'élan, lié à la voiture, à la vitesse. A l'intérieur, des systèmes de galeries se croisent en triangle. On a une fresque par Edward Trumbwell, au plafond.

Empire State BuildingEmpire State Building, 1922-1931, par Richmond Harold Shreve, William F. Lamb et Arthur Loomis Harman, 379m de hauteur, 102 étages.

General Motors BuildingGeneral Motors, par Eero Saarinen.
Commandé par Jacob Raskob, pour rivaliser avec Chrysler. Cet édifice possède une mise en valeur luminescente la nuit, qui varie en fonction des évènements politiques. L'image de marque doit passer pas le sommet.

Avec le « style international », on abandonne cette différenciation. Ces bâtiments ne sont classés monuments historiques que depuis 1981.

­Ensemble du Rockefeller Center
Il est construit sur 10 ans, de 1931 à 1940, par Reinhart & Hofmeister, Corbett, Harrison & Mac Murray, Hood & Fouilhoux. Il s'agit d'un ensemble de places, gratte-ciel, magasins et théâtres achevés à la fin des années 1930. Il est une réponse à la grande dépression de 1929. On prend une disposition pour faire travailler les artistes. L'idée de Rockefeller est de créer un centre urbain, comprenant également des places publiques. C'est tout un quartier du Midtown de Manhattan qui est planifié et ordonné autour d'une place et du R.C.A. Building. Au cœur de la crise, à l'époque du New Deal et des interrogations sur les limites du système capitaliste, il constitue un acte de foi dans les valeurs de l'initiative privée. Un programme iconographique complexe (peintures murales, bas-reliefs, sculptures, mosaïques, etc.) affirme ces intentions sous la thématique générale des New Frontiers.


RCA BuildingRCA Building
Cet édifice bâti par Raymond Hood, possède une grande flèche. A chaque bureau, un éclairage direct. Tous ces lieux sont ornés de sculptures de bronze, ornés par de grands artistes. On trouve des allégories au pied du RCA building, ainsi que des maximes, et d'autres gravures en creux.

Prométhée - Rockefeller CenterSculpture de Prométhée
Elle se situe dans la place en creux, la Lower Piazza. En bronze doré, elle est réalisée par Lee Lawrie, en 1935.                                             

Atlas - Rockefeller CenterSculpture d'Atlas
Toujours par Lee Lawrie, avec un effet de retrait.

Rockefeller CenterDécoration du Rockefeller
L'entrée du Rockefeller est décorée de grandes fresques par Sert, en 1933. Glaser crée la Rainbow Room.
L'entrée du pavillon est dévolue à la France, expression de l'Art Déco. La grande porte en bronze dorée est celle de Alfred Janniot, qui a aussi réalisé les bas-reliefs de la bourse du travail à Bordeaux.

III. Frank Lloyd Wright (1867-1959).
En 1970, deux chanteurs rendent hommage à l'architecte. C'est la recherche de l'identité américaine face à l'Europe. Il est né dans le Wisconsin en 1867, d'un père pasteur et d'une mère qui le sensibilise à l'architecture. Il est en contemplation devant les deux dômes de la ville de Madison, où il assiste à leur effondrement. En 1887, il fait ses études à Chicago, chez les architectes Adler&Sullivan. Il réalise la décoration pour l'Auditorium Building. IL est viré en 1893.

Frank Lloyd Wright House - Oak Park - IllinoisIl construit sa propre maison à Oak Park, Illinois.
La maison devient son atelier et son agence. Il emploie de nombreux dessinateurs. Un grand parc ouvert est traversé par des rues octogonales. Cette recherche s'inscrit dans une tradition américaine. Wright utilise le bois et le béton. Il a la volonté de protéger l'espace intérieur. Vers 1907, il ajoute une terrasse en pierre. Dans la salle de jeux on retrouve une fresque de Wright lui-même, aux formes rigoureuses, nettes, géométriques. On y trouve aussi son atelier. Les œuvres vont se succéder, d'abord les bâtiments privés, puis les non-résidentiels.
Frank Lloyd Wright - Dana Thomas HouseMaison de Dana Thomas, 1902
Cette maison fait partie des bâtiments de Springfield, ou Riverside. Ce sont des éléments qui vont dominer plus tard.
*Horizontalité
*Eclairage au sommet des murs
*Protection de la famille
*Pas de cave, mais un haut soubassement
Il s'agit du style des prairies houses. C'est la volonté de l'américain de s'installer dans un espace vierge. Il a la possibilité de travailler à l'extérieur.
« L'œuvre pousse et grandit dans son milieu, comme la fleur dans son jardin ». Les sièges droits et larges sont là dans le but de refermer le cercle familial.
Frank Lloyd Wright - Arthur Heartley HouseArthur Heartley House, 1902
On n'a pas de frontière entre la maison et la rue de la ville. Le mur de brique repose sur un socle en béton. Les toits, grands, avancent et débordent largement.

Frank Lloyd Wright - Willitz HouseWillits House, Highland Park, Illinois, 1902-03
On a ici encore l'exemple du plan organique, en croix grecque, dont le nœud central est occupé par la cheminée. Le plan est libre, sans rupture nette, toute une série d'ailes vient s'y greffer.

Frank Lloyd Wright - Robie HouseRobie House, Chicago, Illinois, 1908-09
Il s'agit d'un bâtiment posé sur un socle de béton. On a peu d'élévation en hauteur. Les murs et murets protègent de l'extérieur. On a une véritable accentuation de l'avancée des toits.

Frank Lloyd Wright - Fricke HouseFricke House, Oak Park, Illinois, 1901-02
Frank Lloyd Wright - Larkin BuildingLarkin Building, Buffalo, New-York, 1903-05
Pour la ville de Buffalo, Wright crée le Larkin Building, pour une société de fabrication de vente de savon par correspondance. Ce bâtiment est esthétique et fonctionnel, avec une grande verrière au sommet qui éclaire tous les bureaux. On y trouve un jardin suspendu.

Frank Lloyd Wright - Unity temple Unity Temple, Oak Park, Illinois, 1905-1907
En 1909, Wright change de vie. Il quitte sa femme et par à Berlin avec la femme d'un client. Il monte à Chicago en 1911. Son atelier à Taliesin 1 sera brûlé par un domestique devenu fou.
Frank Lloyd Wright - Taliesin 3Taliesin 2 et 3, Spring Green, Wisconsin, 1911-59
Taliesin possède un front resplendissant. Taliesin est le nom d'un barde druidique. Chaque fois cet endroit est reconstruit par des techniques un peu semblables. On a une véritable mise en scène avec la végétation. Wright construit également des jardins payants, à Midway Garden. C'est l'affirmation de l'horizontalité. On trouve quelques sculptures.
Frank Lloyd Wright - Imperial HotelImperial Hotel, Tokyo, Japan, 1915-22
Il part au Japon et construit l'Imperial Hotel, qui est pratiquement détruit en 1968. Les blocs de lave viennent offrir un élément de décor très fouillé à connotation orientale.

1911-31, Wright revient à l'architecture privée et change de cadre. Il part à Hollywood, Los Angeles.

Frank Lloyd Wright - Barnsdall HouseBarnsdall House, Los Angeles, Californie, 1917-20
Cette maison possède une salle de théâtre, de cinéma. Le décor est obtenu grâce au moule « textil block ». La végétation peut s'agripper à la maçonnerie.

Frank Lloyd Wright - La Miniatura Pasadena
La miniatura Pasadena, 1924

Frank Lloyd Wright - Fallingwater HouseFalling Water House, Mill Run, Pennsylvanie, 1935-39
La maison se trouve dans une forêt dans un endroit en pente, d'où jaillit une cascade. Son commanditaire est Monsieur Edgar J. Kaufmann. Toute une série de terrasses, qui partent dans toutes les directions. Derrière on retrouve des murs en béton. L'opposition des matériaux est très intéressante.

Frank Lloyd Wright - Centre Municipal du Comté de MarinCentre Municipal, San Rafael, Marin County, Californie, 1957-1966
Ce bâtiment possède deux ailes, qui se réunissent sur une rotonde, soulignée par une grande flèche. Il a bâti une sorte d'aqueduc au-dessus du vide. Le toit est une immense verrière, associée à un jardin-serre. Raymond Lay se forme chez Wright et crée la Caisse d'Epargne de Mériadeck.       

IV. Le Style International.
Tony Garnier (1869-1948) est marqué par le paysage. Il réalise le projet de la « cité industrielle », composée de formes simples, et de volumes élémentaires.
Le Corbusier (1887-1965), quant à lui, propose des éléments novateurs, tels que des toits-terrasse ou pilotis, fenêtres en longueur. Il s'agit d'une remise en question de l'organisation spatiale.
Adolf Loos (1870-1933) préfère plus de rigueur, de nudité et de minimalisme. C'est le degré zéro de l'expression. Il crée des maisons à Vienne et une maison à Paris pour Tristan Tzara. Pour lui, il ne faut pas de placage inutile. Il use l'art nouveau.

Walter Gropius (1883-1969) et l'Ecole du Bauhaus, c'est l'idée d'un art pour tous. On trouve quatre dominantes :
*Refus de l'héritage de l'architecture traditionnelle
*Utilisation de matériaux nouveaux, tels que le béton
*Revendication de formes simples et de blancheur
*Inspiration de l'habitat domestique méditerranéen
Tout cela s'ajoute aux avancées technologiques. Le béton permet des avancées plastiques. L'acier peut constituer une armature qui se suffit en elle-même. Ainsi on peut envelopper l'édifice du matériau que l'on veut. Cela engendre le style international, équivalent du néo-classicisme, style qui ne s'adapte pas aux spécificités locales.

Walter Gropius - BauhausWalter Gropius, l'Ecole du Bauhaus
Ce sont des bâtiments à toits terrasses et grands murs. On ne s'adapte pas à une quelconque architecture vernaculaire. Le toit a une valeur idéologique très forte.

Siedlung de NeukölinSiedlung de Neukölln, Berlin, 1935
Ce bâtiment possède un toit à deux versants. On assiste à une séparation des maisons les unes des autres, avec une autonomie de la cellule familiale. Les traitements de l'architecture sont variés, et la séparation des volumes est traitée différemment.

La maison des professeurs à DessauLa maison des professeurs à Dessau, par Walter Gropius
Elle porte le nom de maison moderne, car elle rompt avec l'architecture traditionnelle. Ce mouvement semble correspondre aux exigences de la vie contemporaine. Les ouvertures sont disposées à l'endroit où sont les pièces. C'est le développement d'un étage massif et lourd sur un vide.

Mies Van Der Rohe - Le pavillon de l'AllemagneMies Van Der Rohe et l'exposition d'architecture contemporaine
Il crée Le pavillon de l'Allemagne à l'exposition de Barcelone. L'ensemble est construit sur une colline. La volumétrie est simple, les matériaux sont obtenus par la préfabrication. On ne trouve plus les mises en scènes de l'architecture classique. Il joue sur les horizontales sans masquer les verticales de la structure. On n'a pas de recul de la fenêtre par rapport au mur. Le balcon est d'acier, et les terrasses sont aménagées. Le pavillon, de 1929, se compose de quatre poteaux d'acier et de quatre autres poteaux.

Mies Van Der Rohe - Lake Shore Drive - ChicagoTours jumelles d'appartement, de Lake Shore Drive à Chicago (1948-1951), par Mies Van Der Rohe
Mais l'apport de Mies van der Rohe réside surtout dans le domaine de l'immeuble vertical : tours jumelles d'appartements de Lake Shore Drive à Chicago (1948-1951) et Seagram Building à New York (1954-1958), en collaboration avec Philip Johnson, où il porte à la perfection un type d'architecture raffinée aux proportions subtiles qui mettent en valeur l'association des matériaux : verre et acier, brique, béton armé. La devise Less is more (« Dépouillement est richesse ») exprime la rigueur de cette création. Figures d'ordre et de perfection formelle, les bâtiments de Mies van der Rohe ont incarné une sorte d'apogée de la civilisation américaine sûre, dans une approche optimiste de l'histoire, de sa perfectibilité et de sa puissance.

1/Exposition de 1932, « Architecture, le style international ».
Philippe Johnson, ami d'Andy Warhol, va accueillir Mies Van Der Rohe. En 1932 il est architecte conservateur du département d'architecture du MOMA de New-York. Avec Hitchcock, il déclare, « l'architecture moderne, le style international ». On trouve une série de photos de Le Corbusier, ainsi que de Mies Van Der Rohe. L'exposition donne lieu à un catalogue et  à un livre. On trouve quelques différences entre les expositions et lui. Il y a également une œuvre de Frank Lloyd Wright.

Raymond Hood - MacGraw Hill BuildingMac Graw Hill Building, 1931, par Raymond Hood
Il s'agit de l'un des premiers représentants du Style International. On ne trouve pas de décor appliqué. Une énorme inscription couronne le bâtiment. Il faut interrompre traditionnellement le haut du sommet des gratte-ciel et de sa forme historiciste. C'est une évolution radicale sans rupture. Différents fonctions, différentes par le traitement de l'architecture.

Philadelphia Saving Fund SocietyPhiladelphia Saving Fund Society, 1929-1932, par Ove Arup et Leszcase
Différents volumes correspondent à des fonctions spécifiques. Les angles sont arrondis, recouverts de plâtre, de granit et d'aluminium, qui accueille la banque. Au-dessus, se trouve une tour de bureau, des porte-à-faux, qui opposent horizontalité et verticalité. Une partie plus plate est débordante des deux côtés, et accueille l'espace de service. Ces trois fonctions sont séparées et reconnaissables. Au sommet, se trouvent les lettres PSFS. On traite le sommet par un message verbal. Ceci est une préfiguration du mouvement post-moderne, et de Robert Venturi.
Cette exposition va avoir un retentissement considérable.  On en retiendra les trois grands points :
*Construction à ossature qui fait disparaître les effets de masse au profit d'effets de volume. Cela permet une fermeture du bâtiment. Les surfaces sont lisses opaques ou transparentes.
*Abandon du principe de symétrie. On lui préfère le principe de régularité, imposé par la structure du bâtiment. C'est l'introduction de rythmes irréguliers.
*Abandon du décor appliqué. L'architecte a la volonté d'appliquer des formes nouvelles.
C'est la fascination pour les surfaces pures, immaculées, qui en elles-mêmes sont des décors.

2/Succès dans l'architecture domestique.
On utilise l'architecture domestique à la côte ouest (le long du grand pacifique, ses palaces défient le temps...).

a.  Rudolph Schindler (1887-1953), à Vienne.

Il étudie avec Otto Wagner. Il émigre aux Etats-Unis en 1929, et crée plus de 200 réalisations. C'est l'inventeur de l'esthétique des villas Californiennes, où se mêlent dedans et dehors.

Maison du Docteur LovellMaison du Dr. Lovell ou « Beach House », Newport Beach, Californie, 1925
Le docteur Lovell cultive une médecine douce. Son architecture sera donc blanche, hygiénique, ouverte. L'espace est habitable sous la forme d'une grande terrasse fermée. La partie droite est complètement vitrée. On y trouve un grand atelier d'artiste.

b. Richard Neutra (1892-1970), architecte viennois.

Richard Neutra - Health HouseHealth House ou Lovell House, 1927
C'est une maison-clinique, conforme aux principes médicaux. Son ossature est métallique. Il n'y a plus qu'à habiller le bâtiment.

Maison Kaufmann - Palm SpringMaison Kaufmann, Palm Spring
Cette maison est connue grâce au photographe Julius Schulmann, qui photographie des bâtiments qu'il meuble. Il y installe des figurants. La climatisation y est totalement artificielle, le refroidissement est du aux dalles de la piscine. Cette architecture se détourne du style international.
Tout est en métal-chrome, verre et marbre. L'espace s'ouvre sur le paysage environnant.

3. Cases Studies Houses
Il s'agit de publier toute une série de maisons correspondant aux principes de l'architecture moderne. Les matériaux sont préfabriqués, et un espace est réservé au garage.
Au total sont publiées 25 à 30 cases studies house. :
*Charles et Ray Eames : case study house n°8
*Saarinen : case study house n°9
*Richard Neutra : cases studies houses n°13 et 20
*Elwood : cases studies houses n°16, 17, 18
*Koening : cases studies houses n°21 et 22
*Buff : case study house n°20

Charles et Ray Eames, architectes designers
Ils réalisent la n°8, près de la mer, dans une forêt d'eucalyptus. Pour lui, c'est un lieu de vie et un atelier d'architecture. La structure métallique est boulonnée avec comme tirants des câbles d'acier. Le tout est habillé par des plaques de verre. Le seul élément en dur est la cheminée.

Elwood, et la n°16
On trouve des poteaux et de poutres, des toits plats. A l'arrière est une cage de verre qui est l'espace habitable.


Buff et la n°20

On trouve un espace ouvert dans le toit pour laisser passer un pin-parasol.

*Tout ce qui est en noir/gras est tiré du livre de BROOKS PFEIFFER (Bruce), Franck Lloyd Wright, Taschen.


Mise à jour le Mardi, 29 Novembre 2011 11:02