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Le 1er art roman méditerranéen
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Sommaire: I. La Catalogne 1. San Pere de Roda 2. San Vicenç de Cardona 3. Saint-Clément de Tahull II. Le Roussillon 1. Saint-Michel de Cuxa 2. Saint-Martin du Canigou III. Le Languedoc 1. Saint-Guilhem-le-désert 2. Quarante
I. La Catalogne.
Le Nord et la Catalogne sont deux régions séparées, on a un monde chrétien et un monde Musulman. C'est une région qui s'éloigne de la sphère des rois de France, qui reviennent dans cette région seulement au XIIIe s, en y important le gothique.
1. San Pere de Roda.
Figure 1. San Pere de Roda
1. Historique.
Il s'agit d'une abbaye Bénédictine implantée au bord de la mer, du côté Espagnol. C'est un des rares territoires Chrétiens préservés de l'influence Musulmane. On y trouve quelques comités Catalans isolés en Europe face à la pression des royaumes Islamiques. Ceux-ci tournent le regard vers Rome et sa papauté au détriment de leur ouverture vers le Nord. C'est ici un territoire dynamique de l'architecture religieuse Chrétienne. Cette abbaye est protégée par le château de Verdara et son développement est dû à l'appui des comtes de Cerdagne. Sa consécration date du 1 er octobre 1022 mais des indices laissent penser que cette date ne correspond pas à celle de l'achèvement complet de l'édifice.
2. Plan et élévation.
Son plan montre une certaine hésitation dans l'organisation générale de l'édifice, il est légèrement outrepassé. Le chevet est doté d'une abside en hémicycle et d'une travée droite un peu informe. On y trouve un déambulatoire mais sans chapelles rayonnantes. Le chantier est poursuivit par l'insertion de piliers et par le voûtement de l'édifice. On date la sculpture de la fin de la première moitié du XIe s. L'expression de ces piliers aux socles rectangulaires sur lesquels viennent s'appuyer les colonnes (placées en délit) font échos aux grandes arcades.

Figure 2. Plan de San Pere de Roda
3. Décor.
On a ici une série de chapiteaux typique de la première grande sculpture romane de la France méridionale et de l'Espagne : souci de réinterprétation des modèles antiques, avec notamment les chapiteaux de types corinthiens (trois couronnes d'acanthes, échancrement de l'abaque). La sculpture est restée au plus près de l'épannelage à l'aide d'un trépan. On trouve aussi quelques chapiteaux à caractère végétal et géométrique. L'entrelacs est un motif important de l'art roman du sud. L'épannelage est en tronc de cône, on dit qu'il est cubiconique (car il forme un cube dans sa partie haute). L'astragale est quand à elle en damier ou encore en vannerie et tiges très souples.
2. Saint- Vincenç-de Cardona.
Figure 3. Saint-Vicenç de Cardona
A Cardona une famille vicomtale exploitait une usine de sel. C'est au comte qu'on attribue l'installation d'une communauté de chanoines, avec donc une collégiale, en 1019. Saint-Vincenç de Cardona est à l'origine du point de vue de l'introduction du voûtement. On trouve une abside en hémicycle ainsi qu'un procédé d'articulation des murs (pilastres reliés à des arcatures). Les lignes prédominent, ce qui est important c'est l'organisation du voûtement. Il s'agit d'un rapport de quantité et d'un rapport de volumes. La capacité à projeter la voûte fait parti du programme architectural. La travée reprend toute sa place, tout a été construit d'un seul tenant. On trouve des collatéraux et des fenêtres hautes. Une coupole sur trompes à la croisée du transept permet de passer du carré à l'octogone.
3. Saint-Clément de Tahull.
Figure 4. Saint-Clément de Tahull
Cet édifice, qui se situe dans la province de Lerida en Espagne aurait été consacré le 11/1211123 par l'évêque Raymond de Roda. On a la présence de petites arcatures qui viennent rythmer le haut de l'abside : bandes lombardes qui donnent lieu à des théories diverses. Certains pensent que l'Art Catalan serait à l'origine de l'art roman. Mais on s'est rendu compte que l'art roman est né de recherches diverses.
II. Le Roussillon.
1. Saint-Martin de Fénollar.
Figure 5. Peintures de Saint-Martin de Fenollar Figure 6. Saint-Martin de Fenollar
Cet édifice illustre un aspect du premier art roman. Il est de tradition Wisigothique et Mozarabe (=sous la tutelle des musulmans). On y trouve l'usage de l'arc outrepassé. Il s'agit d'une petite église paroissiale dotée d'un chevet rectangulaire. Les piliers reposent conte des murs gouttereaux et les arcs outrepassés sont la conception même de la voûte. Il possède l'un des plus beaux ensembles de peinture murale romane, avec dans le chevet une peinture de l'Apocalypse.
2. Saint-Michel de Cuxa.
Figure 7. Saint-Michel de Cuxa
1. Historique.
Il s'agit de l'une des plus grandes abbayes, dont l'église de l'an 1000 nous soit parvenue presque intacte. Son chevet est de plan rectangulaire, on a une accumulation de techniques et de traditions qui le caractérise. Une communauté monastique de la vallée de la Têt, réunie sous le vocable de saint André en 840, a été détruite en 878 et s'est installée à Cuxa afin de créer un nouveau monastère sous le vocable de saint Germain d'Auxerre. Eux aussi se trouvent sous les comtes de Cerdagne. La commune connaît un grand essor notamment avec Rome et sa papauté. Gerbert d'Aurilac devient le pape Sylvestre II de 999 à 1003. Le monastère est alors voué sous saint Michel dès le milieu du Xe siècle et dirigé par l'abbé Pons. La consécration de l'édifice a lieu le 28 septembre 975.
2. Plan et descriptionImage Active.
Figure 8. Chapiteau sculpté Saint-Michel de Cuxa
La charpente est décorée, l'autel en marbre porté par quatre colonnes. Dans la première moitié du XIe siècle, Oliba, le fils du comte de Cerdagne, continue les travaux. Une chapelle est dédiée à la Vierge de la Crête. Il transforme le chevet en y introduisant une sorte de déambulatoire rectangulaire ainsi que deux clochers. Les bas-côtés sont plus courts que la nef centrale. La maçonnerie est faite de mortiers et de moellons, le tout construit avec un coffrage. On y trouve très peu de décors. Les angles des murs sont renforcés en chaînage de pierres de taille. Oliba surélève les collatéraux pour y faire pénétrer plus de lumière. Le cloître date du milieu du XIIè s. La nef possède des arcs diaphragmes qui portent la charpente. Dans le passage vers les chapelles se trouvent des arcs outrepassés. On a retrouvé la trace d'une porte qui aujourd'hui est murée. La crypte circulaire possède un noyau central qui porte la voûte en forme d'anneaux.
3. Saint-Martin du Canigou.
1. Historique.
Figure 9. Saint-Martin du Canigou
Des moines Bénédictins ont fondé ce monastère sur un piton rocheux. Cette église basse est construite sur deux niveaux. Son plan est très simple : trois vaisseaux terminés à l'est par trois toutes petites absides. On trouve la présence d'un clocher campanile. Une tour est construite à côté de l'église. Sa première consécration a lieu le 10/11/1009 c'est-à-dire dans les toutes premières années du XIè s. La chapelle dédiée à saint Michel est placée dans le clocher. La Vierge est souvent liée à des lieux souterrains.
2. Plan et description.
Le niveau inférieur est voûté et possède les mêmes proportions que le niveau supérieur. L'église supérieure quand à elle est entièrement voûtée d'arêtes. On trouve des chapiteaux au-dessus desquels on place des arcades destinées à supporter les voûtes. Mais au bout de trois travées on s'est rendu compte que ce système était trop fragile et on y renonce et on remplace les colonnettes par des piliers de maçonnerie. Dans le niveau intermédiaire on a des piles cruciformes car le pilastre correspond à un arc qui vient redoubler la voûte en dessous (=arc doubleau). Tout cela nécessite de renforcer les voûtes et de les articuler. Au-dessus de l'arc doubleau la voûte est segmentée. On a un rythme extrêmement dense des travées, voûtées en berceau. Dans l'église haute les supports sont nettement moins importants. On passe de la colonne au piler complexe. Les arcs diaphragmes servent à refermer la perspective.
III. Le Languedoc.
1. Saint-Guilhem-le-désert.
1. Historique.
Figure 10. Saint-Guilhem-le-désert
Saint-Guilhem-Le-Désert est d'abord un site exceptionnel dans le cadre grandiose des gorges de l'Hérault. C'est en raison de sa sauvagerie que Guillaume, comte de Toulouse, cousin de Charlemagne par sa mère Aude, fille de Charles Martel, le choisit pour finir en odeur de sainteté une vie jusque là consacrée aux entreprises guerrières. Vers 804 il renonce au siècle et se fait moine à l'abbaye d'Aniane, qu'avait fondé en 782, Benoît, le grand réformateur de la discipline monastique à l'époque Carolingienne. Puis, peu après, sur le conseil et avec l'aide de ce dernier, il fonde non loin d'Aniane, dans le désert de Gellone, un monastère qu'il dote richement le 15 décembre 804. Il y entre en y meurt en 812.
Au Xle et XIIe siècle, Gellone qui devient Saint-Guilhem-le-Désert est l'objet d'un important pèlerinage, et le Guide du Pèlerin de Saint-Jacques de Compostelle fait obligation aux pèlerins, empruntant la route de Toulouse de "rendre visite au corps du bienheureux confesseur Guillaume". C'est aussi le moment où l'on reconstruit l'église et le cloître.
Dans l'architecture méridionale, une esthétique se retrouve jusqu'a la fin du Xle siècle et début du XIIe, il s'agit d'un plan en croix latine, précédé d'un porche, avec une grande abside et une nef orientée. C'est un plan Bénédictin à chapelles échelonnées. L'abside est renforcée ultérieurement par des contreforts. On a voulu rendre parfaitement identifiable chaque segment du plan dans son volume extérieur. Ces absides annoncent une typologie méridionale: ce sont de vastes absides sans déambulatoire et chapelles rayonnantes.
A l'intérieur l'église est intégralement voûtée. L'architecture très sévère est faite de parements de moellons. Des piliers séparent la nef des bas-côtés, flanqués de pilastres. Au-dessus, des fenêtres hautes.
2. Eglise de Quarante.
Figure 11. Eglise de Quarante
Architecture de moellons, épaulée par des contreforts plats. On a une insertion de fragments volcaniques, ainsi que des bandes lombardes ou lésènes.
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