Cathédrale de Lescar Imprimer
Écrit par Caroline   

Cathédrale de Lescar

CMMEDIEVALL3JACQUESLACOSTE

Sommaire:

1.Historique
2.Architecture
3.Sculpture
4.Le décor de Mosaïques

1. Historique

L’édifice joue un rôle important à l’époque romane lorsque les diocèses sont reconstitués en Gascogne. C’est l’invasion des Vascons. Il semble que les diocèses aient disparu pendant plusieurs et on voit alors apparaître un vaste évêché de Gascons. L’évêché de Lescar aurait été sous la coupe de l’abbaye de Saint-Sever. En 1060, il prend le titre d’évêque de Lescar, aux mains avec des moines. En 1101, l’évêché de Lescar se voit attribuer un clergé de chanoines. On assiste à une flore artistique jusqu’en 1115. Ensuite apparaît l’évêque Guy de Lons. L’édifice a souffert de désastres dus aux guerres de religion. Au 16ème siècle, elle devient nécropole des rois de Navarre. La reine Jeanne d’Albret future mère du roi Henri IV fait saccager les objets de culte. En 1569, Montgomery détruit les tombeaux de la dynastie de Navarre dans l’église. Le culte réformé a duré jusqu’en 1610. Ensuite a lieu une reprise de l’autorité de la cathédrale sur le peuple Béarnais. Pour détruire l’édifice, ils ont laissé s’infiltrer l’eau dans les toitures.

2. Architecture

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A l’extérieur, on a une abside principale et deux absidioles, dont une qui communique avec la sacristie. Lors de la transformation, on a agrandi la fenêtre de l’absidiole d’axe. On l’a étiré vers le haut et vers le bas. On trouve beaucoup de modillons et de chapiteaux, mais hélas tout est refait. Les pierres souffrent beaucoup de l’infiltration. Les contreforts des absides sont flanqués de doubles colonnes, plaquées contre des dosserets, ce qui constitue un enjolivement. Le mur sud révèle le malheur des édifices, sa reconstruction date du 17ème siècle. Sur certains panneaux on remarque même des briques à chevrons. L’édifice avait un cloître qui s’étendait sur ce mur. Les fenêtres sont du 19ème siècle. En-dessous du logement se trouve la galerie nord du cloître. Le transept possède un appareil de briques espacées avec d’autres briques écrans. L’intérieur est voûté d’un berceau transversal. Le portail possède une voussure de portail roman.

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A l’intérieur, les voûtes sont toutes refaites au 17ème siècle. La nef principale est couverte d’un berceau plein cintre et de collatéraux en berceaux transversaux, ce qui rappelle le narthex de Saint-Philibert de Tournus. On trouve aussi ces formes au chevet de Vertheuil, et à l’abbaye de l’Escaldieux. Cette plénitude assez rare est judicieuse pour les collatéraux, bon contrebutement des piliers de la nef, qui se contrebutent eux-mêmes. Les voûtes ne s’appuient pas contre les murs. Dans les passages entre les absides et les absidioles, l’arcade est soutenue par des colonnes, et des chapiteaux séparent l’abside du chœur. Le chœur est en communication avec les absidioles, ce qui facilite la circulation du clergé. Ce dispositif est adopté par les grands édifices.

3. Sculpture

Elle a été assez bien protégée, car elle est cachée par du mobilier. On remarque un grand but décoratif, excroissance au mur pour supporter les voûtes en cul-de-four. On se rapproche de 1085, avec un décalage dans le temps, avec des œuvres qui ont plus été imitées des décennies plus tard. On retrouve le thème du Christ entouré par des anges dans une mandorle. Ces chapiteaux communiquent avec le chœur. Chapiteaux dont le feuillage est sculpté en profondeur, on trouve à peine la structure des feuilles primitives. Ce sont les formes des années 1080-1085 que l’on trouve à Toulouse, on les retrouve donc 10 ans après à Lescar. Sur les chapiteaux on trouve les traces blanchâtres qui montrent qu’ils ont été refaits en plâtre, avec beaucoup de finesse. Deux chapiteaux sont des plus intéressants, dans lesquels on ne trouve pas de badigeon pour les parties refaites en plâtre. Il s’agit d’Adam et Eve, dont le visage est entièrement refait. Nous sommes donc du côté où le chapiteau raconte la faute. A côté on trouve un autre chapiteau, avec un personnage pris par les cheveux. Sa proximité avec un autre nous fait penser qu’il s’agit du meurtre d’Abel par Caïn. Dans un autre chapiteau, contre l’absidiole sud, un ange est à côté d’un personnage qui reçoit de lui un objet, qui est un livre. En fait non, l’ange lui remet ce qui se trouve être une table d’autel. Les saints innocents sont les premiers martyrs qui meurent pour le christ. Ils sont les archétypes de ceux qui ont été sacrifiés pour Dieu. Ceci est comparable à l’iconographie d’une autre abside Béarnaise, Sainte-Foy de Morle. Dans les parties hautes, les sculptures sont de très bonne qualité. On voit un ange sur le côté, un bélier au pied d’Abraham, et Isaac tenu par la tête. Ce style suit celui de la porte de Miègeville. C’est un style un peu postérieur à ce que l’on a vu jusqu’ici. On a une Vierge à l’enfant, à l’expression un peu douloureuse, statique, avec de magnifiques effets de draperies. Chapiteaux avec deux lions et une tête de bélier. Les lions ont de très longues pattes, le dos courbé. On remarque aussi deux personnages nus, attachés par les chevilles, dans une sorte de carcan. Cela ressemble aux personnages de Toulouse, dans le collatéral occidental, avec ces personnages qui bandent une arbalète. On considère que c’est une arme terrible, qu’il faut proscrire des combats. Ce thème a pour but de condamner les actions guerrières. Il a pour objet de montrer quelle est la puissance du Mal. On retrouve cette ceinture avec un grand disque.

image Ici, un personnage se retrouve entre les pattes de deux lions. Au-dessus des lions on a des formes végétales un peu compliquées. Ce détail est excessivement rare. Sous une arcade un personnage tient un livre sur ses genoux. Saint Pierre est délivré par un ange. Ces formes appartiennent à la seconde période de l’art roman. La cathédrale montre tout le développement des strates. Les physionomies des personnages ont changé. Les structures des paysages sont imitées des miniatures. On remarque plusieurs œuvres dans lesquelles se manifeste une sorte d’esprit nouveau. Se développe un art roman presque banal. On est sorti des débuts. C’est un art très schématique, très stylisé, et pas très raffiné (œuvre avec le christ et ses apôtres) On a l’apparition de sculptures venues du sud, puis vers la fin, des sculptures banales, avec leur stylisation. Le rapport avec Sainte-Foy De Morles où se trouve un ange avec une table d’autel est ici évident.

4. Le décor de Mosaïques

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Une bande longe l’abside depuis le chœur, puis une autre. Ces deux bandes encadrent l’autel, placé juste en arrière d’une autre mosaïque, aujourd’hui disparue. Il s’agissait de deux cerfs qui buvaient à une source. Pour les deux bandes, le thème n’est pas aussi simple. Dans la première scène, on a une lutte contre le sanglier, combat mené contre l’une des expressions la plus forte de Satan. La première évocation se fait dans le psaume de la Bible. Cette évocation est capable de causer des dégâts contre le monde de Dieu. Se déchaîneront à la fois les fauves et les oiseaux. Dans bien des textes l’oiseau se montre sous un jour qui ne lui est pas favorable. Il peut être l’émanation du Bien (colombe) ou un danger pour l’homme. Ceci indique une nécessité de combattre le Mal. Dans la deuxième scène, on trouve deux scènes, ainsi qu’une inscription. Un personnage infirme avec une sorte de béquille courre et tire à l’arc. Avec sa flèche, il semble menacer l’inscription. Cette mosaïque a été restaurée d’une drôle de façon. Sur la fin, on voit une sorte d’ânesse. Sur l’inscription est écrit « Au Revoir, Bon Voyage », mais cela ne qualifie pas la scène

Il y avait des tentures, des mosaïques ainsi qu’un mobilier liturgique précieux.

->Pour aller plus loin : Cathédrale de Lescar sur culture.gouv.fr

Mise à jour le Vendredi, 16 Septembre 2011 20:38