| Saint-Gilles-du-Gard |
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| Écrit par Caroline | |
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Saint-Gilles-Du-Gard CMMEDIEVALL3JACQUESLACOSTE Sommaire: I. Historique
On trouve une église haute, avec au dessous une crypte. L’entrée se fait sur le côté sud. Le chevet est orienté, un déambulatoire se situe au niveau de la nef dans la seconde moitié du 12ème siècle. Les protestants y ont fait de graves dégâts. Une tour possède un escalier à vis, qui marque la fin du chœur et le début du transept. Le collatéral nord est bouché par un mur assez médiocre. Le transept n’était pas débordant. Dans le chevet on rencontre quelques restes de sculptures, à l’antique. Ce que l’on a dans le chevet, est contemporain de ce que l’on a dans la façade. Le bâtiment que l’on voit aujourd’hui est homogène. La façade occidentale est la vitrine de l’église, qui appelle en direction des fidèles.
Elle aussi est hybride. Elle possède des piliers romans, mais aussi des voûtes qui datent du 17ème siècle. La base attique est dérivée des romains Quelques fois apparaît un être au milieu des feuillages. Les chapiteaux se prêtent à la comparaison avec ceux de Bourgogne (édifice affilié à Cluny), notamment dans ces petits boutons d’où sortent une sorte d’étamine, ce qui constitue une remarque importante. En Provence et dans le Bas-Languedoc, l’apparition de la sculpture est tardive. En effet, on la voit apparaître dans la seconde moitié du 12ème siècle. Le lien géographique avec la vallée du Rhône est ici bien évident. Elle apparaît ici comme une sorte de creusée. C’est une œuvre manifestement inspirée de l’antiquité. Le déploiement de la façade est structuré par trois grandes baies, ainsi qu’un décor qui s’allonge à l’horizontal. Des statues d’apôtres sont placées contre le mur. Ces éléments on les trouve aussi dans l’architecture romaine, à la gloire du christ. De part et d’autres de la porte centrale, on a des socles très hauts, avec un grand arc, qui serait une sorte de dé. Pour donner un peu de rythme on a donc des colonnes, assez fortes, pour supporter l’entablement supérieur. Au premier niveau on peut joindre les bases de certaines colonnes, au second niveau on a une file d’apôtres, au troisième niveau on a une frise et le tympan. Là aussi, on peut faire une comparaison avec le romain. Trophée de la Turbie en l’honneur d’Auguste. La Passion nous amène au triomphe du christ. Selon Mme. O’Meara, la frise et les tympans rappelleraient le fait de la croisade et en contiendrait beaucoup d’allusions. Sur les bases et les socles, des éléments se rapportent à l’Ancien Testament. On trouve le sacrifice fait par Abel et Caïn, puis le meurtre d’Abel par ce dernier. Abel est représenté comme le premier des Justes, sa couronne est celle du christ. Il devient une figure tout-à-fait exemplaire, ici on lui attribue le titre de Saint.
On trouve deux lions placés côte à côte, l’un est la mort qui a vaincu Samson, l’autre est comparable à dieu et au christ. On affirme la Résurrection. On voit aussi David tuant Goliath avec sa fronde. La pierre est incrustée dans son front. Là encore on a une préfigure du christ. Autre groupe, purement symbolique, l’image du chrétien qui fuit le Mal. Le chameau est une vertu de patience et de résidence. On ne sait comment l’interpréter. Cela pourrait être l’exemple des petites histoires que racontent les prédicateurs. On fait appel au bestiaire des Vertus et des Vices. Les apôtres sont réalisés par un sculpteur du nom de Brunus. Il serait de la lignée de ceux du Languedoc. Il fait un emprunt aux drapés antiques. Il réalise une magnifique statue de Saint Jean l’évangéliste. Un autre sculpteur porte le nom de Maître de Thomas, car il a réalisé une figure de Thomas des plus convaincantes, et assez élégante, maniérée, dans cet enroulement des plis dans le bas des étoffes. L’esprit est assez baroque. On lui accorde aussi une statue de saint Pierre. On les appelle donc le softmaster, et le hardmaster. Cette classification est assez reconnue. Le froissement des étoffes est parfois assez aberrant. On retrouve ces plis au portail de Vézelay. Ce qui est étonnant c’est que l’on n’a pas de scènes de l’enfance du christ, seulement une Adoration des Mages
On a voulu développer les évènements de la Passion, on voulait combattre un certain nombre d’hérésie. Les Mages sont le symbole de l’entrée de non-juifs dans l’église. Cela fait penser à la croisade des rois de 1147, avec Louis VII et Conrad III. Peut être serait-ce une représentation de ces rois qui reconnaissent l’Enfance. Dans le linteau en-dessous, le tout se dirige vers la ville de Jérusalem. Entrée triomphale du christ, dans une ville avec des palmiers et un monument de type circulaire, comme une église de plan centré, qui représenterait la rotonde de l’Anastasis. Mais ici ça n’est pas possible parce que le christ n’est pas encore mort. La synagogue bascule et perd sa couronne. C’est le triomphe définitif du christ et de l’Eglise, avec la chute de la synagogue.
Représentation de Jésus chassant les marchands du temple. Cet holocauste appartient à la religion juive, le christ est pourtant la dernière victime.
La scène du Lavement de pieds consiste en un geste de purification. On purifie ainsi son esprit. Il s’agit d’un geste d’humilité que le christ donne en exemple. Ce dernier veut leur donner une leçon de modestie. C’est une indication de ce que peuvent avoir les apôtres à s’enorgueillir. En effet, ils peuvent être tentés de se considérer comme des êtres supérieurs car ils ont été les premiers à reconnaître le christ. C’est une finalité qui a pour but d’enrichir l’Homme. Cette scène est au-dessus du portail central, elle est très mutilée, et il ne reste que le visage de Saint-Jean. On voit la scène où Judas reçoit trente deniers d’un autre personnage. Le style est très à l’antique, dépouillé, aux plis plus nombreux et plus naturels. Le baiser de Judas est réalisé par un autre sculpteur. On est surpris par le type de certains visages joufflus, et souvent déformés. Ce sont des gens qui travaillent de manière différente mais font des œuvres tout aussi importante. L’aspect est très mutilé. Les Saintes Femmes au tombeau : dans les évangiles on nous dit que les femmes vont chercher des aromates. Ici on insiste sur l’épisode des marchands qui proposent leur onguent. C’est une critique de l’argent qui nous donne quelque chose de pittoresque. Les femmes trouvent le tombeau vide. A droite on remarque un ange superbe. Le linceul sort du sarcophage et pend. Des cercles apparaissent sur le flan de la cuve du sarcophage. Ce dispositif est là pour protéger le tombeau mais en même temps le laisser voir, grâce à des oculi percé dans les barrières. *Le tympan du portail nord On trouve une Crucifixion. On remarque le christ, saint Jean et la Vierge. Un des personnages a sa robe très travaillée. Puis la femme, à sa tête qui se penche. Cela pourrait être la représentation de l’Eglise et de la Synagogue. On fait de l’Eglise un personnage symbolique. Dans des représentations l’Eglise recueille le sang du christ. Un ange rabaisse la tête pour lui prouver la défaite et perd sa couronne. La sculpture a souffert des guerres de religion, mais ce ne sont que les têtes qui sont cassées. Chapiteau avec un rang de feuilles et un astragale qui le surmonte. Un autre chapiteau est composé de rinceaux et de feuilles d’acanthes enroulées. Un territoire vaste s’est trouvé concerné par cet art. On se demande s’il y a des rapports avec l’Espagne. C’est certain, mais l’art de Saint-Gilles correspond à une autre zone artistique, qui est l’Italie. Elle se prolonge entre Conques et Toulouse, d’une part, et Compostelle de l’autre. Ce qui est prépondérant, c’est la communication d’idées vers l’Italie. On sait qu’il y a eu une période assez calme, dans les années 1130-1140, mais cela reste vague. Les renseignements que l’on possède sont dus au sculpteur Brunus, personnage spécialiste des œuvres de pierre et de bois. Il est cité dans deux actes, en 1171 et en 1186. Il était présent à Saint-Gilles dans le dernier tiers du 11ème. On peut se référencer à d’autres monuments, décorés dans un style approchant à Saint-Gilles. On peut le comparer à d’autres monuments, notamment Maguelone. Cet édifice possède un petit portail remanié, avec un linteau comportant deux bas-reliefs ainsi qu’une inscription, « 1178 ». On trouve deux figures plus plates que celles de Saint-Gilles, mais la même façon de réaliser les plis (Saint Pierre, Saint Paul). Ce style imite l’art romain, avec plus de clarté et plus de sécheresse. On peut penser que c’est quelque chose qui dérive de Saint-Gilles. Le portail est très repris dans la seconde moitié du 12ème siècle, et se détache sur un mur plus ancien, près d’un avant-corps qui ressemble à un arc de triomphe. Il est une simplification de celui de Saint-Gilles. En-dessous, on a toute une série de grandes figures qui se détachent à l’arrière des colonnes. L’œuvre est tournée vers l’imitation de l’antiquité. La figure de Saint jean et celle de Saint Pierre peuvent se comparer à d’autres du portail de Saint-Gilles. Cependant le style n’a pas la même valeur plastique. La vision de Saint-Etienne au moment de sa mort. Tout en haut du panneau on remarque l’apparition du christ. Il s’agit de la mort du premier martyre après le christ. Cela apporte une preuve de l’ascension du christ. Le thème du portail est celui du Jugement Dernier. Les élus sortent de leur tombeau et sont portés par des anges en direction d’Abraham, d’Isaac et de Jacob. Il faut toujours se soucier de savoir à quel texte on se réfère. Il s’agit d’une parabole du pauvre Lazare par Saint Luc. Le portail ressemble beaucoup à celui de Saint-Gilles et se conçoit dans sa suite. Un élément de datation nous donne la date la plus haute possible pour lui. 1178 est la date à laquelle Frédérique Barberousse se fait sacrer roi à Saint-Trophime. Par conséquent on pense que l’œuvre de Saint-Gilles date des années 1170. *Le cloître de Saint-Trophime La première partie du cloître est la galerie nord. On y trouve des chapiteaux à l’antique, en marbre, mais aussi des chapiteaux à feuilles, avec une tête qui se détache du démédiant. La présence des piliers permet une iconographie. Sur la face du pilier on trouve les saintes femmes avec les baumes. L’image est cependant un peu différente de celle de Saint-Gilles ? Dans la partie basse, on remarque les marchands. Le rapport avec Saint-Gilles est très fort. De l’autre côté du pilier on a saint Pierre, et sur l’autre face la Résurrection. On y observe le moment même de la résurrection. On a deux manières de la représenter, les femmes autour du tombeau, ou le christ qui sort du tombeau, qui est beaucoup représenté à la fin du moyen âge. En bas se trouvent les soldats, à côté du tombeau vide. Le christ sort du tombeau. Deux anges sortent du tombeau suivis par le christ. L’image est très forte, très merveilleuse. Puis, sur un autre pilier on remarque l’ascension du christ. A côté, la lapidation de saint Etienne. On remarque le buste du Christ qui apparaît. On a constamment la volonté de prouver que le christ est dieu. On ne le trouve pas dans tous les cloîtres. Dans les angles du pilier on constate la présence de saint Paul, qui a participé à la mort de saint Etienne. Saint Paul est également présent à Saint-Gilles, et sculpté dans le même style. On retrouve quelques morceaux, qui sont proches d’autres œuvres, notamment les reliefs de la chaise de Cagliori, sculptée par Gulieno en 1166 pour la cathédrale de 1166, date de l’érection de la chaise de Pise. Les œuvres ont un style qui correspond à la façade de Saint-Gilles, ce qui permet de penser et de se rapprocher de la date de Saint-Gilles. On remarquera le relief d’une balustrade surélevée qui entoure le chœur. On a une descente de croix. On retrouve toujours cette présence de l’élément antique On a également les saintes femmes, la synagogue qui perd sa couronne…Le tout daté vers 1178. Le décor de Saint-Gilles est donc précisément daté vers 1170. Cette sculpture de la fin du siècle a une meilleure connaissance de l’antiquité. C’est le moment de la dernière floraison de la sculpture romane. Pour aller plus loin: Photos de Saint-Gilles-du-Gard
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| Mise à jour le Vendredi, 16 Septembre 2011 20:37 |















