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Écrit par Caroline   

La Peinture à Paris sous le règne d’Henri IV et de Louis XIII

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En 1598, la France cesse les guerres civiles, avec le Traité de Vervins. En effet, elle sort de 50 ans de guerre. Henri IV veut redonner sa puissance économique à la couronne et retrouver un certain luxe. Cependant, il n’est pas élevé dans un milieu artistique, il n’a donc pas un esprit de grandeur, et de collectionneur. Il a tout de même une haute idée de la fonction de Roi, et va donc renouer avec la tradition des Valois. En effet, l’Art joue un rôle important dans le prestige de la France.
Il se lance dans un vaste programme de chantiers, dans ses trois grandes résidences royales, Fontainebleau, le Louvre, et Saint-Germain-En-Laye.

Fontainebleau


Il veut sauver le cabinet du Roi, et entreprend une campagne de restauration et de copie, avec Dubas, Michelin, et Voltigeant, il remplace les œuvres originales par des copies. Il se lance dans un nouveau décor et modifie la tradition de la peinture à Fontainebleau, qui utilise la fresque. Il commande alors de la peinture à l’huile sur plâtre, ou sur toile. En charge de cela, la seconde Ecole de Fontainebleau, appelée ainsi par Dimier, pour ne pas confondre avec celle de François 1er. En effet, elle est considérée comme une sorte de pâle reflet de la première. Ce n’est qu’au 20ème siècle qu’on leur reconnaît une véritable différence.
Cette seconde Ecole travaille dans d’autres résidences royales, et sa pérennité dépasse le règne d’Henri IV. C’est à partir de là que s’élabore en partie l’Art de Versailles.
A la tête de l’équipe se trouve Ruggiero de Ruggieri, Bolonais collaborateur du Primatis. Il fait la transition entre la 1ère et la 2nde Ecole. Henri IV lui commande une série sur les exploits d’Héraclès, qui sera détruite. Ruggieri collabore avec son gendre, Dubreuil. A sa mort, Henri IV est confronté à un problème de succession d’artiste. Il nomme alors trois peintres dirigeants, qui sont Dubois (1543-1614), Dubreuil (1561-1602), et Fréminet (1564-1619).

Dubois est le plus célèbre. Il nous reste de lui deux ensembles entiers, qui sont le « cabinet de la reine », et le « cabinet du roi ». Le « cabinet du roi » contient l’histoire de Théagène et Chariclée. La galerie de Diane a disparu ; elle contenait un programme important avec des allégories de batailles historiques. On y trouvait le tableau de Henri IV en Mars (fig.1). Dubois assure la continuité entre la 1ère et la 2nde Ecole de Fontainebleau. On reste encore un peu dans la tradition maniériste.

Figure 1. Henri IV en Mars

Dubreuil est un peintre décorateur de talent, souvent comparé au Primatis. Il peint aussi bien des tableaux de chevalets que de grands décors. Hélas, une partie de ses décors a disparu. Son Art est influencé par celui de Michel-Ange, avec ces nus puissants. Il a grand talent imaginaire, et aborde différents thèmes, dont les romans. Son Art est totalement autonome.

Ex : Cérès cherchant sa fille, art complètement anti-naturaliste.
Ex : La toilette de Hyanthe et Clymène, dans laquelle on trouve un goût très recherché dans corps et les poses, avec une certaine tempérance.
Ex : Hyanthe et Clymène offrent un sacrifice à Vénus

Ex : Angélique et Médor, au Louvre.
Fréminet réalise entre 1608 et 1614 le décor de la chapelle de la Trinité à Fontainebleau, ainsi que le projet pour l’hôtel au Louvre. Il s’inspire de Michel-Ange, qu’il a vu en Italie. Son programme iconographique comprend la Rédemption de l’Homme. Son style est puissant, il reprend les stucs, et la sculpture du Roi. Il rivalise avec le château de Cadillac dans la région Bordelaise.

Saint-Germain-En-Laye

Ce château est doté de deux galeries. « La galerie du Roi » par Poisson. Il réalise tout un ensemble de vues de villes du monde entier. « La galerie de la reine », en 1600-1606 par Dubreuil et Dumée, sur le thème de la Franciade de Ronsard, à la gloire de la monarchie Française.

Le Louvre

Henri IV établit une liaison entre le Louvre et les Tuileries par la « galerie du bord de l’eau ». En même temps il lance le chantier de la « petite galerie » décorée par Dubreuil, Bunel (1508-1614), et Fourbus. Ces trois artistes vont aborder les thèmes de l’Ancien Testament et des Métamorphoses d’Ovide.
*Les décors des murs de 1607-1614 comportent vingt-huit portraits de Rois et Reines de France. Aujourd’hui, il ne reste que Marie de Médicis, ainsi qu’un dessin pour le portrait d’Henri IV.
Sur le plafond de la salle d’audience, qui lui aussi a disparu, sont représentées les saisons, les vents, les éléments, les signes du zodiaque.
*Le Cabinet Doré est décoré entre 1600 et 1614 par Dumée et Honnet, sur le thème de la « Jérusalem délivrée ». Ces décors ont tous disparus. Il reste aussi la galerie d’Apollon.
*La figure de proue de cette activité artistique est Lallemant (1575-1636), qui ouvre un des ateliers les plus actifs jusqu’en 1827. Ex : La charité de Saint Martin. On remarque un art maniériste en train de mourir. Les couleurs sont criardes.
*Quentin Vorin (1570-1634) travaille pour Louis XIII. Il fait souvent référence à Raphaël et à l’antique.
Les peintres Flamands donnent l’impulsion. Pourbus arrive à Paris en 1610, il est déjà maître de peintres et protégé par Marie de Médicis.


Ex : La Vierge de la famille de Vic, est un tableau peint en 1617. On constate la symétrie donnée par la Vierge à l’enfant.

Ex : La Cène est un tableau non daté qui constitue pour la nouvelle génération une sorte de manifeste.
Rubens arrive à peu près dans les mêmes années.
On a aussi des apports qui viennent de Rome, parmi ceux-là, Valentin de Boulogne (1591-1632), qui passe par Paris ainsi que Fontainebleau. Il rencontre Simon Vouet. Ses tableaux perpétuent le Caravagisme.
Ex : le Martyre de Saint Protais. Valentin de Boulogne reste à Rome mais envoie beaucoup de tableaux en France. On a une génération incertaine qui ne sait comment évoluer.
Vignon (1593-1670) est formé chez Lallemant. Son père est fonctionnaire de la Cour. Il voyage à Rome en 1617 et fréquente Simon Vouet. Son art va devenir officiel, car Louis XIII n’avait pas de peintre Français près de lui. Il travaille aussi pour le Cardinal Richelieu.
Ex : Saint Ambroise en 1627
EX : Adoration des Mages, dont le style se perpétue jusque dans les années 1670.
Ex : Le triomphe d’Hercule, peinture raffinée.
*Cependant, Louis XIII n’arrive pas à avoir un artiste qui corresponde à ses souhaits. Rubens n’étant pas resté, il se tourne vers l’Italie et Simon Vouet. On sait qu’en 1612 ce dernier accompagne l’ambassadeur à Constantinople où il dessine le portrait du Sultan de mémoire. En 1613, il revient à Venise. Son art va évoluer autour du Caravage. Sa personne acquiert une certaine autorité. En 1627, a lieu un changement radical dans ses peintures.
Ex : Le Temps vaincu par l’Espérance et la Beauté.
Il est un personnage officiel, sa première grande commande est passée par louis XIII, et il s’agit de la Tenture de l’Ancien Testament.  Marie de Médicis demande à Vouet de décorer le palais du Luxembourg, mais elle s’exile en Allemagne en 1631. Le Roi n’ayant plus assez d’argent, Vouet se tourne vers une clientèle privée. Richelieu lui commande une « présentation au temple ». Grand dessinateur, Vouet fait parti d’un atelier dont il est à la tête. Le Roi Louis XIII lui offre un logement au Louvre, et lui passe commande d’un certain nombre de décors, tels que la Force, la Prudence, la Richesse, la Charité . La Prudence est un tableau politique sur la régence d’Anne d’Autriche.
Ex : Les bienfaits de la Paix, à Cherbourg.
Ex : Louis XIII entre la France et la Navarre.

Charles Le Brun

La fortune critique de Le Brun, de 1975 à nos jours (exposé)

Charles Le Brun traverse le Grand Siècle.  En 1662, il devient peintre du Roi. Son autorité est discutée par ses contemporains. En 1663 a lieu la mort de Colbert, son protecteur, et c’est pierre Magnard qui reçoit dès lors les commandes importantes. Il s’agit d’un maître, objet d’objet d’hommages ininterrompus. Migward et Le Brun s’appuient sur des ouvrages dont Félibien. A la mort de Le Brun, les Académiciens parlent de la mort de l’Art.
Noël Popel aborde Le Brun, dans son dialogue sur le coloris. Voltaire compare Le Brun à Véronèse.


Ex : La famille de Darius.

Son lien avec l’Académie ne peut que lui être préjudiciable. On le désigne en « esclave de la Cour et des politiques de l’Académie ».
1827, Jules Michet, Précis d’Art Moderne. Théophile Gautier en fait l’éloge avant de retourner sa veste deux ans plus tard.
C’est un artiste qui reçoit des compliments car il travaille dans le milieu littéraire. L’abbé de Marolles loue Le Brun en 1675. Il vend des estampes à le Brun donc on ne peut pas trop prendre au sérieux ce qu’il dit. Il flatte celui  qui va acheter sa collection. Le milieu romantique s’acharne contre Le Brun.

Les premières activités artistiques de Le Brun, 1619-1636

Il est issu d’une famille Picarde, qui s’installe à Paris, à la fin du 16ème siècle. Son père Nicola épouse Julienne Le Bré, proche de la Cour. Son père est maître sculpteur. Ils ont huit enfants, dont trois deviennent des artistes : Nicolas II, l’aîné, devient maître peintre. Son fils sera l’héritier de Charles Le Brun à la mort de ce dernier. Le cadet, Gabriel, devient peintre graveur.

Le père de Charles Le Brun réalise des épitaphes funéraires. Il intègre l’équipe de l’hôtel du chancelier Séguier, issu d’une famille de marchands. Ce sont les charges qui donnent la noblesse. Séguier fait une carrière de juriste auprès de Richelieu en 1647, et devient chancelier de France. Il possède le quasi contrôle de l’administration royale. Il achète un hôtel particulier, en 1635, relativement ancien et qui doit être moderniser. Il engage alors Simon Vouet et jacques Sarrasin. Il est le protecteur de l’Académie Française.
Le Brun va donc avoir des appuis puissants. Il commence très jeune à présenter ses talents artistiques. L’inventaire de Le Brun renferme des petites sculptures qu’il aurait réalisé vers l’âge de huit ans. Son père, qui se rend compte de son talent, lui fait donner une éducation littéraire. Il ne va pas dans les grands collèges Parisiens.
Il est donc un artiste cultivé. Son père l’orient vers Séguier dès les années 1930, qui le fait placer chez Simon Vouet. Il suit les cours chez François Perrier qui lui donne le goût pour l’antique. On suppose qu’il a fait deux apprentissages chez Vouet. Un vers 1630, puis un autre vers 1637-1638. Le Brun est déjà conscient de ses qualités. Il revient à l’âge de Dix-huit ans, et se considère comme l’égal de Vouet. Puis il se rend à Fontainebleau où il étudie les bas-reliefs du Primatis.

Les premières œuvres de l’artiste

Ex : Le dessin de La Félicité publique, 1631, Louvre. Aujourd’hui il est sujet à caution pour les spécialistes. On préfère aujourd’hui dater ses toutes premières œuvres à compter de 1637.
Ex : Christ en croix, Moscou. Sous la croix se trouvent les armes de Séguier. On remarque une maladresse au niveau de la rupture d’échelle. La frontalité de la croix casse le dynamisme. On constate également une influence de l’ouest avec les quatre anges, ainsi que de Rubens, dans le visage du Christ.
Ex : Sainte Geneviève devant Paris, 1635, Musée des Beaux-Arts de Rouen. On remarque un panorama de la ville de Paris. Le dessin est très sinueux. L’influence de Perrier, pour un dessin très appuyé, est ici évidente. On a une sorte de rideau au premier plan qui tombe en haut à droite. Le Brun reste dans l’orbite de ses maîtres. Il réalise une peinture pour les Jésuites. Il veut se mettre à un niveau supérieur à celui des peintres de Paris. Il souhaite donc être introduit à la Cour. Il aurait présenté au Roi Louis XIII, La Providence apportant du ciel un enfant nouveau né. En effet, 1638 est l’année de naissance du futur roi Louis XIV. Le Brun se qualifie dès lors peintre du Roi. On ne sait pas s’il l’était réellement.
En 1641, il obtient les faveurs du Cardinal de Richelieu, qui redécore sa résidence Parisienne, le Palais Royal. Richelieu demande à Le Brun de lui peindre une toile portant le nom de Le Roi dans un riche lieu. Satisfait de cette peinture, il lui commande trois peintures mythiques, importante tant dans la taille que dans le sujet :
1/L’enlèvement de Proserpine, aujourd’hui disparue.
2/Hercule faisant décorer Diomède par ses chevaux, 1641.
3/La mort d’Hercule sur le bûché, aujourd’hui disparue.
Il partage cette commande avec Laurent de La Hyre. Celui qui reste est de grandes dimensions, deux mètres de hauteur, et est conservé Nottingham. Il lui permet d’obtenir le brevet des peintre et valet de chambre du Roi. L’image d’Hercule est celle du roi de France. C’est aussi une allégorie de Richelieu.
On retrouve toujours cette anatomie très appuyée. Cependant, il a une nouvelle façon de peindre, qui rappelle toujours Vouet et Rubens. On retrouve chez lui, plusieurs influences. Le cadrage est très audacieux. Cette toile est le chef-d’œuvre de ses vingt ans. Ce tableau sera plusieurs fois recopié et réinterprété.
En 1642, il peint Saint Jean l’évangéliste jeté dans une chaudière bouillante, Paris, Saint-Nicolas du Chardon. Cette œuvre était destinée à la faire entrer dans la corporation des peintres. Il va offrir ce tableau à la communauté des peintres. On retrouve là-dedans le thème de la gravure.
On remarque cette affirmation du dessin de l’antiquité, et le premier témoignage de l’expression des passions.

Ses premières estampes sont révélatrices de sa personnalité, sont là pour illustrer lieux, romans, précis de théâtre. En 1637, il réalise ses premières gravures.

Son voyage en Italie

Son séjour dure trois ans. Il y étudie la sculpture antique. Séguier lui demande partir avec Poussin. Il part de 1642 à 1645, et revient en France parce qu’il a peur que l’on l’oublie, et peur de la concurrence.
A l’époque le pape est Urbain VIII, et un des chefs de l’Etat et Antonio Barberini.
Là-bas, il a l’autorisation de copier les chambres de Raphaël, les Carrache, et les monuments antiques.
Il restera toujours fidèle à Poussin. Il réalise une allégorie du Tibre.
Puis, le temps devient mauvais pour les Français, car c’est un Pape Espagnol qui succède à Urbain VIII.
Ex : La mort de Caton l’Ancien.
Mise à jour le Vendredi, 16 Septembre 2011 20:26