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Écrit par Caroline   

La sculpture: création, exécution, reproduction

CMMETHODOLOGIED1MARCFAVREAU

Sommaire:

I. Généralités .
1. L'évolution du statut de sculpteur du Moyen âge à l'époque contemporaine.
II. Archéologie, droits et reproduction.
1. La notion de droit d'auteur.
2. Les types d'œuvres.
III. les étapes de la création.
1. La phase préparatoire.
2. Phase d'exécution des oeuvres achevées originales.

I. Généralités

L'art de la sculpture est un art très ancien que l'on pratique dès l'époque préhistorique, surtout au Néolithique, comme en témoigne la Vénus de Neandertal. De plus, cet art est très tôt codifié. La sculpture se divise en trois parties dès la Grèce antique :

¤Fusoria est la partie destinée à l'art de fondre les métaux.

¤Plastica est le travail de l'argile et de la cire (=modelage).

¤Scultura est l'art de la travailler la pierre.

Ces parties restent classifiées jusqu'au XXe siècle. Pour Michel-Ange, la sculpture est "ce que l'on obtient en enlevant quelque chose. Ce que l'on obtient en ajoutant c'est-à-dire en modelant, se rapproche de la peinture".

Le vocabulaire de la sculpture est né dans un premier traité, de Pline l'Ancien, intitulé Histoire naturelle. L'auteur y donne toutes les méthodes qu'il pouvait connaître.

image 1. Pline l'ancien

Puis ceci est repris à l'époque médiévale dans Essais sur les diverses arts, du Moine Théophile, vers le XIIe siècle. Ce dernier comprend trois livres dont le troisième aborde le travail du métal. On remarque qu'il n'y ait pas fait mention de la pierre.

Entre le XIIe et le XVe siècle on observe un certain passage à vide dans les écrits, cependant il existe d'autres sources comme les vitraux montrant le travail des sculpteurs.

image 2.Léon Batista Alberti

Puis, vers 1430, León Batista Alberti écrit De Statua, dont le manuscrit original est en latin. Ce dernier est traduit en Italien vers 1568. Il s'agit d'un traité fondamental de la sculpture moderne, très spécialisé. L'auteur essaie de représenter l'origine de la sculpture dont il fait ensuite la définition. Il y distingue plusieurs métiers:

¤les modeleurs travaillent la cire ou le plâtre par adjonction ou soustraction de la pierre.

¤Les sculpteurs n'enlèvent que la matière et porte à la lumière l'Humain.

Cette tradition perdure jusqu'en 1820. Le but est d'imiter la nature. Alberti donne deux principes de base :

¤La Mesure ou Dimensia s'obtient à l'aide de deux instruments, une règle droite qui sert à relever les longueurs, et une équerre à manche mobile qui sert à relever le diamètre. C'est ce que l'on nomme l'Humanisme scientifique.

¤La définition ou le Finitio permet de donner à l'œuvre du sculpteur des contours naturels. Il est possible d'avoir une définition important grâce au definito, disque circulaire placé à l'extrémité de l'œuvre avec une baguette pivotante au bout de laquelle est suspendu un objet en plomb.

image 3. Leonardo da Vinci

Léonard de Vinci laisse la preuve d'avoir voulu écrire un traité sur la sculpture. C'est à partir de 1550 qu'est fait la première partie de son traité de peinture. Il pose le problème de la vision de l'œuvre. Ses remarques ne s'appliqueront qu'au XVIIe siècle avec Le Bernin.

image 4. Vasari

Vasari laisse aussi des références sur les méthodes artistiques dans son introduction des Vies des plus excellents peintres sculpteurs et architectes. Il codifie le processus créateur qui met en place une démarche logique. C'est-à-dire l'étude préparatoire, dessinée, puis le modèle de petite dimension (en cire, en plâtre, ou en armature) et pour finir la taille d'un modèle original servant de support sur l'œuvre définitive (agrandi ou réduit). Il met également en avant les outils, tels que la gradine qui permet de façonner la matière.

image 5. Cellini

Benvenuto Cellini lui, a écrit deux traités, un sur l'orfèvrerie et un sur la sculpture. Il est moins théorique que Vasari et considère que tout grand peintre doit être un grand sculpteur. Pour lui, "le relief, voilà le véritable, la peinture n'est qu'un enfant". La sculpture doit avoir huit points de vue, à la différence de la peinture. Il parle des modèles et développe la méthode de report grâce à la mise aux points. Il intègre la notion multifaciale. C'est le développement de la sculpture maniériste comme le fera Jean de Bologne en 1579 avec son Rapt des Sabines.

1. L'évolution du statut de sculpteur du Moyen âge à l'époque contemporaine.

Le Moyen âge hérite de l'Antiquité Classique mais avec des différences. Ainsi le sculpteur est un homme mécanique et non plus un artiste qui pense son œuvre. Le terme de sculpteur n'existe plus au Moyen âge. Il est nécessaire pour eux de former des corporations, et ceux qui travaillent l'image portent le nom de tailleurs d'images ou imagiers. On peut citer l'exemple de la Confrérie de Saint-Luc. La hiérarchie est la suivante : apprenti, valet ou ouvrier, maître. Ils élaborent des statues qui doivent promouvoir leur savoir de maîtres à apprentis. Ces corporations sont contrôlées. De plus on remarque qu'une différence est faite entre les artisans habiles et les maîtres maçon au XIIIe siècle. L'imagier est soumis au maître d'œuvre ainsi qu'aux contraintes iconographiques. Il fournit déjà des croquis aux commanditaires pour respecter le contrat. C'est à cette période qu'apparaissent les croquis préparatoires afin d'avoir un programme iconographique cohérent. Il existe également des sculpteurs spécialisés dans les cheveux, les drapés etc. La sculpture se développe surtout dans les pays de cathédrales à savoir la France, l'Allemagne et l'Angleterre.

A partir du XVIe siècle, le sculpteur renaît. En Italie, la différence entre l'artisan et l'artiste apparaît. Il existe de plus en plus de sculpteurs dessinateurs, mais on ne sait pas réellement s'il s'agit de sculpteurs dessinateurs, ou bien de dessinateurs qui travaillent pour un sculpteur. De même on ignore si ces dessins sont destinés à l'artiste ou bien au commanditaire.

L'art évolue, c'est l'aube de la nouveauté. Cela commence à Florence avec Brunelleschi, Donatello et l'usage de la troisième dimension. Auparavant il s'agissait souvent de bas-relief. Le sculpteur s'approprie la création de l'œuvre. C'est la mise en place de succession de phases, de l'idée créative à l'œuvre définitive. Le dessin préparatoire est l'étude de chaque élément, modèle en cire, en argile ou en terre cuite, souvent de petite taille, réalisation d'un grand modèle à grandeur d'exécution. Il s'agit d'un travail long et difficile. Le rapport entre le spectateur et la sculpture change. Au début il n'y avait qu'un seul point de vue, la vue de face. Cela change avec Michel-Ange. Le sculpteur doit se libérer du support. Ce dernier veut une reconnaissance sociale, même si cet art reste un art difficile d'accès car cela demande une dépense physique et intellectuelle. Les sculpteurs s'affranchissent d'une étape car ils deviennent l'artiste-créateur qui modèle son œuvre et l'exécutant reproduit ce modèle.

image 6. Donatello, Judith&Holopherne

Au XVIIe siècle, Le Bernin (1598-1680) est le grand héritier de la Renaissance maniériste. Il donne une nouvelle vision de son art. Son saint Longin à Saint-Pierre de Rome est un des grandes révolutions car cette statue n'est pas réalisée d'un seul bloc mais en quatre parties (le corps du saint, la draperie derrière, le manteau et le bras, l'autre bras). Il innove également en ce qui concerne la lumière, qui produit un effet mystique, un aspect théâtral, baroque. Il utilise une lumière indirecte.

image 7. Le Bernin, L'extase de sainte Thérèse

image 8. Le Bernin, David

Dans l'extase de sainte Thérèse à Sainte-Marie de la Victoire à Rome la lumière arrive par le haut. Le Bernin revient également au point de vue unique dans son David de la villa Borghèse. Il considère la sculpture comme la peinture.

Au XVIIe siècle en France, les sculpteurs sont encore des artisans. Ils accèdent à la reconnaissance sociale à partir de 1648, où quelques artistes s'extirpent des corporations pour faire l'Académie Royale qui permet de promouvoir l'artiste, qui y a accès grâce à son talent artistique. Cette académie possède une plus grande liberté que l'Académie de saint Luc par exemple. Il y existe une doctrine ayant pour but de faire évoluer l'art. Le sculpteur doit tout d'abord franchir deux étapes :

¤le morceau d'agrément : Après sa formation faite en famille, l'académicien doit présenter une ou plusieurs œuvres que l'académie doit agréer pour présenter le concours.

¤Le morceau de réception : Le directeur de l'Académie donne une sujet, religieux, antique ou mythologique, souvent statuette en ronde-bosse et en marbre.

Mais il y a parfois des exceptions, Pigalle n'a pas réalise le morceau de réception. Puis le sculpteur participe à la vie de l'Académie. Il discute sur l'art, vote, peut exposer au Louvre, et a accès aux commandes royales. On devient d'abord adjoint-professeur, professeur, adjoint-recteur, recteur, directeur puis chancelier. La Maîtrise de saint Luc fondé au XIIIe siècle est concurrencée par l'Académie royale. Elle devient dès l'Académie de saint Luc, puis disparaît vers les années 1770. Il s'agit d'une formation longue et rigoureuse.

Louis XV, en 1749, crée une troisième institution, l'Ecole Royale des élèves protégés qui permettait de perfectionner ses acquis. Ils devaient travailler pour le roi. Les élèves étaient au nombre de six, dont deux sculpteurs pour se présenter à l'Académie de Rome. Cette institution deviendra la Petite Ecole des élèves artistes. Cela devait former douze adolescents par le concours de l'Académie, mais il s'agissait d'un recrutement par faveur, ainsi le niveau baissa ce qui provoqua sa fermeture.

Le prix de Rome. Le jeune élève entre dans l'Académie et tous les trois mois des petits prix sont décernés. A la fin de l'année un grand concours est organisé. L'élève est isolé. On décerne les médailles pour la saint Louis. Le premier prix est une médaille d'or avec un séjour à Rome. Pour l'obtenir il fallait en général tenter plusieurs fois sa chance. Le deuxième prix était une médaille d'argent.

Au XIXe siècle, on retrouve la tradition ancienne avec ses catégories, modeleur et sculpteur. Johann Gottfried (1764-1850) est le premier à considérer qu'un seul homme doit faire tout le travail. Il répartir les tâches selon les personnes. C'est le grand siècle de la sculpture mais cette hiérarchisation dominera beaucoup avec diverses qualités. Cela appauvrit le métier. On parle même de "sculpture commerciale" de petite taille.

Au XXe siècle, la situation se modifie. La rupture entre création et taille s'estompe. On crée avec divers matériaux.

II. Archéologie, droits et reproduction.

Le sculpteur du XIXe siècle Clodion reproduit des statues de terre-cuite célèbres. Une réglementation du 11 juillet 1792 protège le sculpteur du fondeur qui pourrait reproduire le modèle original. En 1716, le ministre Turgot précise la notion de "droits d'auteur" en sculpture en interdisant aux sculpteurs de signer une œuvre qui n'est pas la leur. Louis XVI et Beaumarchais protègent aussi les créateurs. En 1791, les corporations se dissolvent et laissent les sculpteurs démunis. Le 19 et 24 juillet 1793, les droits d'auteurs permettent la vente exclusive, l'autorisation de vente sans distinction entre les écoles et académies, le droit de reproduction. Le 11 mars 1957, une loi codifie les réglementations antérieures:

¤A1: L'auteur a droit sur son œuvre car "son œuvre naît du seul fait de sa création".

A2: L'auteur n'a aucune formalité à remplir pour protéger son œuvre, ses dessins, ses modèles.

1. La notion de "droits d'auteur".

Cette dernière s'est élaborée très tardivement, pourtant déjà les italiens considéraient la marque d'une sculpture pour son génie. Jusqu'au XVIIIe siècle une protection est accordée à l'ensemble de la corporation, qui après s'adaptera à l'auteur. Charles Le Brun fait don pour Versailles d'une grande partie de la statuaire, mais les sculpteurs ont eu une libre interprétation des sculptures de ce dernier. Ce n'est qu'au XIXe siècle que la notion de droits d'auteur va s'affirmer. On reconnaît le droit d'auteur au plasticien. Depuis 1909 est reconnu comme auteur toute personne qui a conçu et composé des modèles originaux et les a reproduit ou fait reproduire par des tiers. Le praticien est alors exclu du droit d'auteur.

a. L'œuvre de collaboration. Elle est réalisée avec des concours directs de plusieurs artistes ayant des droits d'auteurs égaux.

b. L'œuvre collective. Est dit d'une œuvre qu'elle est collective lorsqu'elle provient du travail collectif de plusieurs sculpteurs appointés par un industriel auteur dont le rôle est de coordonner l'ensemble des travaux.

c. Droit pécuniaire et droit moral. Le droit pécuniaire donne à l'auteur le droit exclusif de vendre et reproduire, ou faire reproduire ses œuvres. L'auteur peut décider de céder son droit pécuniaire à toute personne de son choix, ce dernier se nomme ayant-droit. Rodin, par exemple, a donné ses droits au musée qui porte son nom. Le droit de reproduction est valide pour cinquante ans. Lorsque l'auteur transmet son droit à un éditeur ou à un fabricant, il le fait avec des limites d'étendues, de destinations, de lieux, et de durées. Le droit moral est inaliénable, perpétuel et impérissable. On ne peut le changer mais il peut être transmissible aux ayant-droit après décès de l'auteur. Il est défini par l'auteur lorsqu'il considère l'achèvement de son œuvre et qu'il la signe.

d. Les exécutants. Il s'agit des sculpteurs ou gens de métier qui fabriquent une œuvre d'après un modèle original dont ils ne sont pas les auteurs. Ces derniers sont sous le contrôle de l'auteur. C'est le cas de Rodin et de ses praticiens. Si l'exécutant n'a pas d'autorisation, il s'agit d'un faussaire ou contrefacteur.

2. Les types d'œuvres.

a. L'original. Il s'agit là d'une notion récente. Avant le XVIIIe siècle, il n'existait pas de différence entre l'œuvre préparatoire et l'œuvre achevée. L'œuvre préparatoire est un des stades de création mais on peut y inclure la notion d'originalité lorsqu'elle est entièrement réalisée par l'auteur d'après nature ou invention. L'œuvre achevée est quant à elle en terre, en plâtre, en bois, en pierre, en métal et jugée originale lorsque l'auteur du modèle originale l'a conçu de sa main, ou que le modèle original est détruit lors de la fabrication.

b. La répétition. Il s'agit d'une sculpture réalisée de la main même du créateur, faite de l'original.

c. La reproduction. Elle concerne toute œuvre originale réalisée à partir d'une modèle sculpté. Il y a la reproduction authentique qui est une œuvre de reproduction exécutée par un créateur ou sous son contrôle à partir de modèles à trois créations. Puis il y a le moulage authentique, en plâtre ou en terre-cuite obtenu à partir d'une épreuve originale.

d. Les œuvres d'édition ou de série. Elles reproduisent un modèle original conservé en tirages limité et sous contrôle de l'auteur.

e. L'épreuve d'édition authentique. L'auteur a cédé ses droits de reproduction à un éditeur qui en assure la fabrication.

f. La copie. Elle est apparue depuis la Grèce Antique avec les différentes techniques de reproduction, la taille avec mise aux points ou les empreintes. Il s'agit de la reproduction d'une œuvre originale sans autorisation de l'auteur, avec ou sans taille d'origine. Elle réapparaît au Moyen âge. A la Renaissance elle devient plus fidèle. La copie d'étude reproduit une œuvre définitive en plus petite taille dans un but non mercantile après la mort de l'artiste où son œuvre part dans le domaine public. La copie interprétée est retouchée en partie par rapport à l'original.

g. La réplique. Elle se différencie de l'original par sa matière et parfois ses dimensions.

h. Réduction et agrandissement. Cela se fait à partir d'une œuvre tombée dans le domaine public (œuvre du musée du Louvre par exemple). Elle peut être faite du vivant de l'auteur mais sans autorisation, il s'agit donc d'une contrefaçon.

i. La contrefaçon. Il s'agit d'une œuvre reproduite sans l'accord de l'auteur dans une intention frauduleuse. Le surmoulage est une contrefaçon obtenue à partir d'une œuvre originale en la moulant. Il s'agit d'une technique très diffusée au XIXe siècle, à cause du développement du marché de la sculpture et des techniques de reproduction. On élabore alors une législation qui protège l'auteur.

j. La sculpture d'édition. Il s'agit d'une sculpture dont l'auteur réserve le droit de reproduction à un fabricant. C'est le cas par exemple de l'atelier de Barbedienne. L'œuvre porte la signature de l'auteur et la marque du fondeur.

III. Les étapes de la création.

A l'époque Classique en Grèce, la création d'une œuvre distincte repose sur deux phases:

¤La phase préparatoire lors de laquelle le sculpteur conçoit et recherche des formes plastiques.

¤La phase d'exécution durant laquelle l'auteur ou un exécutant réalise une œuvre à partir de l'original dans un matériau plastique.

1.    La phase préparatoire.
Elle est très importante dans la conception d'une sculpture. On réalise plusieurs essais destinés à concevoir la composition.
a.    Le dessin. On n'en connaît pas avant le XVIe siècle, à part dans l'architecture. Ce dernier disparaît au cours de la réalisation de l'œuvre. Il sert à l'artiste, au client, au praticien. Il s'est développé à partir du Moyen âge et s'est perpétué à travers les siècles. Il met en place l'allure générale de la sculpture. Par exemple Rodin passe son dessin sous plusieurs angles. Le dessin du travail est la première étape du sculpteur avant la création de l'original. Il comprend les études anatomiques, de draperies, de mouvements d'après nature. L'esquisse est elle, dessinée d'invention ou reprenant des études.
b.    Le projet. Il met en place l'organisation de la composition de l'œuvre. Il est accompagné d'un texte descriptif afin que le commanditaire donne son approbation. Il s'agit d'un dessin approximatif. Le sculpteur donne son dessin définitif à grandeur d'exécution. A partir de là s'élabore ou non un modèle original. Ce dernier peut donner suite à un dessin précis à grandeur d'exécution. Les dessins préparatoires peuvent être utilisés comme modèles pour la taille directe. L'exécutant peut interpréter le dessin qui lui permet de juger de l'effet général de la composition
c.    Les esquisses. Il s'agit d'études de petites dimensions en argile ou en terre-cuite. La cire est renforcée avec des armatures en fer. On utilise rarement le plâtre car il ne peut pas se modeler et sèche rapidement. Les esquisses en argile sont souvent conservées car elles sont cuites. Les terre-cuite sont recouvertes de peinture afin de les protéger.
d.    La maquette. Ou modèle de préparation. Elle est réalisée en matériaux divers, plâtre et bois, carton et terre, ou terre-cuite. On peut trouver une maquette en cire, c'est le cas par exemple pour la Statue équestre de Louis XIV par Bouchardon. Elle sert pour le concours au commanditaire. Inaugurée en Grèce Classique dès le Ve siècle av J-.C, elle est nécessaire pour avoir une idée des différents points de vue et pour l'agencement des éléments. Elle peut être considérée comme originale. Sa taille est réduite et son aspect inachevé.
e.    Le modèle différent original. Le sculpteur doit préciser les formes de son œuvre. Il est réalisé dans des matériaux classiques, terre crue, cire ou marbre. Il présente un format proportionnel aux dimensions de l'œuvre définitive, pour être agrandi ou réduit par l'exécutant. Généralement il est détruit lorsqu'on réalise le moule en fonte. Pour la taille directe, les dimensions sont réduites d'un quart ou d'un tiers. Pour la taille avec mise aux points on utilise la technique aux trois compas. Le sculpteur réalise ensuite un second modèle en plâtre pour la technique avec mise aux points. Parfois ce modèle devient une œuvre indépendante quand le projet s'arrête en cours. Il a acquis une valeur fondamentale dans les conflits auteur/commanditaire ou faussaire. Il devenait témoin, et est collectif dès le XVIIe siècle.

2.    Phase d'exécution des œuvres achevées originales.

Mise à jour le Vendredi, 16 Septembre 2011 20:26