| Sauvegarde des collections du Patrimoine |
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| Autre - Exposés | |
| Écrit par Caroline | |
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Mon résumé à propos d'un livre intéressant Sauvegarde des collections du Patrimoine, La lutte contre les détériorations biologiques, par Capderou Christine et Flieder Françoise.
I. Présentation. [Les auteurs : v Françoise Flieder est « directeur de recherche émérite au CNRS ». Elle crée en 1963, le Centre de recherches sur la conservation des documents graphiques (CRCDG), qu’elle dirige jusqu’en 1988. Spécialiste des problèmes de détérioration biologique, elle enseigne donc dans les différentes formations de conservateurs et restaurateurs. v Christine Capderou est « ingénieur au CNRS », et diplômée de l’Institut national des techniques de la documentation ainsi que responsable du service de documentation du CRCDG depuis 1984. Cet ouvrage est une sorte de manuel pratique, dressant un bilan des recherches menées sur les détériorations biologiques des objets du Patrimoine culturel (tapisseries, peintures de chevalet, arts graphiques, art de la photographie, art visuel, mobilier, livres etc., et mettant en avant des solutions proposées pour une meilleure conservation et une meilleure lutte contre ces agents biologiques menaçant notre Patrimoine, tels que insectes, bactéries et champignons, mais également pollution, et accidents naturels (feu, inondation). Cet ouvrage se présente comme un « guide pratique », une sorte de manuel, destiné à la fois aux conservateurs et restaurateurs, mais aussi chercheurs et étudiants concernés par les problèmes de conservations et restaurations des œuvres d’art. Si les notions et vocabulaires utilisés nécessitent cependant quelque initiation, l’ouvrage est composé de photographies et d’explications précises facilitant un minimum la compréhension d’une personne non initiée. [Plan de l’ouvrage : Cet ouvrage se compose de quatre grandes parties découlant chacune les unes des autres dans un ordre logique. Il est nécessaire de lire chacune des parties pour pouvoir aborder correctement les suivantes, à moins d’être un chercheur expérimenté. TABLE DES MATIERES PREFACE
Chapitre 1 : Description des agents biologiques Chapitre 2 : Détection et identification des agents biologiques Chapitre 3 : Comportement des matériaux organiques face aux agents biologiques
Chapitre 4 : Implantation et architecture des bâtiments Chapitre 5 : Aménagement des collections dans les réserves et les magasins. Chapitre 6 : Contrôle de l’air à l’intérieur des bâtiments
Chapitre 7 : Traitement des locaux Chapitre 8 : Traitements préventifs des collections Chapitre 9 : Traitements curatifs des collections
Chapitre 10 : Le feu, détection et extinction Chapitre 11 : Les inondations : assèchement des collections CONCLUSION ANNEXES BIBLIOGRAPHIE INDEX II. Approfondissement de l’ouvrage.
ÊTout d’abord sont présentés dans un premier chapitre les différents agents biologiques, principaux destructeurs de nos collections. Parmi eux, les bactéries, qui s’attaquent tout particulièrement aux reliures en cuir, ainsi qu’aux manuscrits sur parchemin et fourrures. Une grande partie leur est consacrée, détaillant toutes les espèces existantes comme cela sera le cas pour les autres agents. Ainsi nous apprenons, par exemple, que les dégradations commises par les bactéries sur les collections d’archives des musées et bibliothèques sont dues à l’émission de pigment et d’enzymes. Les champignons, se développent sur des matières organiques inertes, favorisant ainsi leur décomposition. Sur des documents altérés peuvent parfois cohabiter plusieurs espèces de champignons. Là encore une partie très détaillée leur est consacrée. Viennent pour finir les insectes. Les invertébrés (blattes, vrillettes, cafard, termites, mites etc.) ont plusieurs stades de développement qu’il est nécessaire de connaître car selon ces stades ils seront plus ou moins néfastes. Ainsi, distingue t’on les œufs, des larves et des adultes, les larves étant en général, pour la plupart des espèces les plus dangereuses pour les collections. Quand aux vertébrés (rat, chauve-souris etc.), ils s’attaquent à toute sorte de matériaux, « en les rongeant, les déchiquetant et en les souillant de leurs excréments ». Ainsi les auteurs étudient leur façon de vivre, de se reproduire et tout ce qui sera nécessaire de savoir afin de mieux les combattre, c’est-à-dire, données de morphologie, de croissance, de reproduction, d’identification et de classification. ÊDans un deuxième chapitre sont présentés les modes de détection du type et du niveau de contamination. Ainsi des spécialistes procèdent à des prélèvements d’air dans les zones de stockage, pratiquent des frottis sur les œuvres puis enfin réalisent des mises en culture pour étudier le comportement des agents. Toutes ces étapes sont indispensables pour obtenir une information fiable sur l’activité des champignons. En ce qui concerne les insectes, des pièges naturels ou, à détecteurs mécaniques ou acoustiques pour les bois d’œuvres ou objets d’arts sont utilisés. ÊUn dernier chapitre est consacré aux œuvres touchées par ces agents et à leur comportement défensif ou non pour se protéger. Ainsi les auteurs abordent les matériaux d’origine végétale, animale, puis les polymères de synthèses et les polymères artificiels, le tout d’un point de vue chimique. Cette partie est une des plus difficile à comprendre pour un non initié sans vocabulaire approprié. Textile, papier, bois, parchemin, os et ivoire etc., et la façon dont ils réagissent face aux agents qui les détruisent.
ÊUn premier chapitre abordera la façon de construire les bâtiments destinés à recevoir des collections du Patrimoine, où les construire, quelles devront être les principales préoccupations des architectes… Il s’agit pour résumé, d’un ensemble de consignes générales à respecter (ou du moins tenter de respecter, étant donné parfois le coût onéreux de certaines installations !!!) lors de la conception et de l’aménagement de ces bâtiments. Ici n’entrent pas en compte, les bâtiments déjà construits. ÊDans un deuxième chapitre, ces consignes d’implantation, de construction et d’entretien des locaux sont complétées par des informations concernant le mobilier : matériaux, fabrication et implantation des rayonnages et des vitrines. Les auteurs abordent également la notion de microclimat qui se forme par du gel de silice (silicagel) et donneront quelques conseils sur la façon de ranger et d’entretenir les collections. Ex : « Les œuvres graphiques, photographiques et les documents d’archives seront rangés dans des chemises, des pochettes et des boîtes ». ÊUn dernier chapitre très important est consacré au contrôle de l’air à l’intérieur des locaux. En effet, l’air est le principal responsable de la température, et de l’humidité. Qui dit humidité, dit favorisation du développement de certains agents biologiques etc. Air, humidité, température et pollution sont donc les facteurs principaux du risque de dégradations biologiques. Ainsi, des spécialistes étudient les conditions climatiques préférables à tel ou tel environnement, et utilisent pour cela des instruments de mesure. Les auteurs abordent également les différents moyens de traiter l’air : chauffage, refroidissement, déshumidification, humidification, filtration des particules de gaz, ventilation, etc. Cette partie sur l’air est donc l’une des plus importantes dans cette lutte contre les agents biologiques, car de lui dépendent plusieurs facteurs favorisant les dégradations.
ÊUn premier chapitre aborde la façon de traiter les locaux infestés, ou qui ne le sont pas encore. C’est-à-dire, en traitement curatif ou préventif. Ainsi, doit on impérativement procéder à une désinfection et une désinsectisation des bâtiments et des collections pour parer aux infestations ainsi qu’aux dégradations, sachant qu’une fois que l’on aperçoit les dégâts il est déjà trop tard. Il faut donc tenter de prévenir dans la mesure du possible. Ce court chapitre (3 pages) va donc aborder les procédés et systèmes de lutte. ÊUn deuxième chapitre aborde donc le traitement préventif des collections. Il est expliqué que la complexité de ce procédé est du au déplacement systématique des collections. Des mesures doivent donc être prises pour éviter d’abîmer les œuvres lors de ces déplacements, il faut les protéger. Il est impossible de les traiter sur place compte tenu du fait qu’il faut également désinfecter les locaux dans lesquels ils ont été contaminés, et que les musées ou bibliothèques ne possèdent pas le matériel adéquat sur place. Cependant, si les auteurs énumèrent de nombreux produits de traitement, l’affaire ne s’avère jamais concluante. Ex : « l’usage de l’orthophénylphénol nous semble fort peu indiqué pour les collections », ou encore à propos du DDT, « nous déconseillons son usage dans les musées »etc. (p130). ÊUn troisième chapitre est donc consacré au traitement curatif des collections, il est l’un des plus importants de par son nombre de pages, pour finalement ne retenir qu’un seul traitement véritablement efficace ! Cette partie présente les différents procédés permettant le traitement curatif, qu’ils soient physiques (UV, rayons gamma, rayons X) ou chimiques, ayant un effet bactéricide, fongicide, ou insecticide, voire les trois en même temps ce qui est plus efficace. Là encore, un seul traitement est finalement retenu, il s’agit de l’oxyde d’éthylène, qui permet la désinfection des documents ou des œuvres contaminées par les champignons. Cependant, il est expliqué, qu’une infestation par des insectes ne peut être traitée que grâce à une méthode non chimique, qui sera la modification de l’atmosphère, appauvrie en oxygène ou enrichie d’un autre gaz, ou par la congélation. Ainsi toute une partie y est consacrée. Les auteurs abordent le chauffage, la congélation etc.
ÊUn premier chapitre aborde le feu, grand dévastateur de collection ; comment le combattre, les différents feux, les différents moyens de les éteindre (extincteurs, et noyage d’ambiance). Ainsi, les auteurs distinguent les extincteurs mobiles (que nous connaissons) et les extincteurs fixes, que l’on nomme noyage d’ambiance. Cependant, il est fait remarquer que si ces derniers s’avèrent efficaces, leur coût ne permet pas une utilisation aisée. ÊLe deuxième et dernier chapitre de cet ouvrage, aborde le thème de l’eau, et des inondations. L’eau peut être un moyen de combattre le feu, mais il s’avère destructeur pour les collections. Ainsi les auteurs nous donnent des solutions pour assécher les collections ayant subi une inondation. Chaque matériau - bois, parchemin, cuir, os et ivoire, matériaux archéologiques -aura une méthode appropriée à ses caractéristiques propres. Nous retiendrons de ce chapitre une méthode importante, qui est celle de la lyophilisation (déshydratation des œuvres).
III. Critique de l’ouvrage. Comme tous les ouvrages, celui-ci comporte des points négatifs et des points positifs qu’il convient de souligner compte tenu des attentes du lecteur. D’un point de vue critique, cet ouvrage correspond bien aux attentes du lecteur de par le choix du titre. En effet, il aborde correctement la façon de lutter contre les agents biologiques, ainsi que les raisons de cette lutte, qui nous pousse à la sauvegarde de notre patrimoine culturel. Cependant, comme tout ouvrage spécialisé dans une quelconque recherche scientifique, il présente des aspects plus avantageux que d’autres.
†Pour commencer par une critique négative de cet ouvrage, notons le vocabulaire parfois ardu pour un lecteur moins initié de par sa formation (chercheur, restaurateur, étudiant, professeur…). Celui-ci est d’autant plus conséquent dans les chapitres consacrés au traitement des collections. Par exemple, le choix de donner au produit son véritable nom chimique, qui peut paraître logique sous bien des angles, mais qui rend beaucoup plus difficile la compréhension que si l’on nous donnait le nom sous lequel il est vendu dans le commerce. Par exemple, il serait plus compréhensible pour un lecteur d’entendre le nom de javel que ce dont elle est composée. †Certaines formules, compositions d’un élément peuvent paraître inutiles. En effet, le lecteur veut savoir comment combattre ces espèces et ça ne sert à rien de lui expliquer car ce n’est pas en lisant le livre qu’il va comprendre la composition chimique d’un élément. †Certaines pages sont à priori inutiles, je pense en effet, toujours dans les traitements des collections à cette énumération énorme des traitements chimiques qui pourraient servir mais qui pour telle ou telle raison (détérioration des collections, toxiques pour l’homme etc.) ne seront jamais utilisés. Pourquoi donc en faire l’énumération des possibles, et pour en plus n’en retenir qu’un seul d’utilisable ? Quelles étaient donc les intentions des auteurs ? Que cherchent-ils à démontrer ?
Mais on retiendra cependant de cet ouvrage tous les apports bénéfiques qu’il peut apporter au lecteur. †Pour commencer, soulignons sa présentation, qui facilite la compréhension. En effet, d’entrée dans le sommaire, est présenté de façon claire et précise, tous les sujets qui seront abordés dans cet ouvrage. Le lecteur sait donc d’avance une partie des réponses aux questions qu’il se pose. †Si le vocabulaire est ardu, les informations données sont facilitées par l’apport conséquent d’images à l’appui de ces explications. †Autre importance non négligeable, si les personnes directement concernées par la restauration et la conservation des œuvres sont visées dans cet ouvrage, il n’en reste pas moins que sa façon de se présenter, tel un guide pratique est utile pour d’autres personnes de centre d’intérêt différent. Par exemple, le chapitre sur les termites, la façon dont elles se reproduisent, comment les reconnaître, comment les exterminer, traiter les bâtiments, ou quand faire appel à des experts, est tout aussi intéressant pour une personne autre. IV. Le CRCDG et La sauvegarde des collections. ÊCet ouvrage présente donc un bilan de toutes les recherches menées sur la restauration et la conservation de notre Patrimoine culturel. Aussi, est bien mis en évidence l’importance de toutes les disciplines à la contribution de la sauvegarde des collection, que ce soit les biologistes, chimistes, physiciens, documentalistes, experts, architectes…. Certaines consignes ou règles pour cette sauvegarde sont cependant très difficile à mettre en place, faute de moyens personnels et financiers. En effet, la plupart des traitements coûtent très chers, et ne permettent pas à des petits musées de les utiliser. Je pense notamment aux détecteurs d’humidité, ou encore aux techniques de lutte contre les incendies. ÊCet ouvrage montre également l’importance du centre de recherche grâce auquel a pu être réalisé cet ouvrage (rappelons que l’auteur l’a créée). Le CRCDG a pour but de mettre la recherche au service de la conservation des livres, des archives, dessins, photographies, et participe ainsi, avec les conservateurs et restaurateurs, à la sauvegarde du Patrimoine culturel. Ces études permettent d’identifier les matériaux qui constituent les documents graphiques et photographiques, ou qui sont utilisés pour leur conservation-restauration. Les chercheurs mettent en évidence les mécanismes de dégradation de ces constituants, et élaborent des méthodes de conservation-restauration. ÊLa conservation préventive reste pour eux une priorité de recherche absolue, car moins coûteuse et plus efficace que les traitements curatifs, et rendue possible grâce à une meilleure connaissance des mécanismes de dégradation. Si le problème de la désinsectisation est pratiquement résolu, la lutte contre les champignons fait encore l’objet de nombreux travaux. L’oxyde d’éthylène recommandé dans l’ouvrage, est aujourd’hui remis en question en raison de sa toxicité. La nécessité de lui trouver une méthode de substitution fait l’objet d’une étude en collaboration avec Arc Nucléart (les auteurs en font la mention dans leur ouvrage notamment dans le chapitre des accidents naturels) et différents partenaires universitaires du groupe de Désinfection. Des travaux sont également menés pour trouver des méthodes adaptées à la désinfection des aires de stockage. ÊComme on peut le remarquer avec la présence de cet ouvrage, le CRCDG joue aussi un rôle d’assistance et d’enseignement auprès des conservateurs. Aussi, leur recherche est donc publiée grâce à ce genre d’ouvrages et à des colloques. On retiendra de ce livre qu’il ne peut y avoir de résultats efficaces sans la collaboration de la recherche scientifique, dont l’apport est grandement bénéfique à la restauration et conservation de notre Patrimoine Culturel.
v CAPDEROU Christine et FLIEDER Françoise, Sauvegarde des collections du Patrimoine : La lutte contre les détériorations biologiques, CNRS EDITIONS, Paris, 1999. v Article, Conservation restauration des manuscrits, le CRCGD. v LAFFONT Caroline et MOUREN Raphaële, Les ennemis du Livre, BBF 2005, Paris, t. 50, n°1. v Coll., IFLA : Principes de conservation, International Preservation Issues, Numéro 3 v CosaDoca, Les moisissures.
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| Mise à jour le Vendredi, 16 Septembre 2011 21:08 |


