Méthode pour l'archéologie Imprimer
Écrit par Caroline   
Méthode pour l'archéologie.

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Sommaire :


  1. L'archéologie dans l'Antiquité.
  2. L'archéologie à la Renaissance
  3. L'archéologie au XIXe siècle
  4. L'archéologie au XXe siècle, apparition de méthodes



Qu'est-ce que l'archéologie ?


Archéologie vient du grec archaia - ce qui est ancien et logo - étude. Cette discipline a souvent été associée et confondue à l'histoire de l'art, et souvent été pensée comme une discipline mineure. L'archéologie, c'est la compréhension de l'homme et de ses modes de vie.


* L'archéologie dans l'Antiquité.


Les hommes préhistoriques ramassaient des objets trouvés et les conservaient chez eux. Plus récemment, dans l'Orient antique, le roi Nalonide conservait des objets anciens dont les scribes lui traduisaient les symboles. Les Mésopotamiens disaient que pour comprendre l'avenir il fallait avoir le passé devant soi.


* L'archéologie à la Renaissance.


A partir de la Renaissance (XVe XVIe siècle), les Erudits se passionnent pour les arts. On redécouvre l'antiquité classique, gréco-romaine. Les Erudits s'intéressent beaucoup aux beaux objets, mais non aux outils et au contexte historique. Les vestiges sont considérés pour leur valeur esthétique. Jusqu'au XVIIIe siècle en Europe on aime établir des collections (vases...) que l'on range dans des « cabinets de curiosité ». On y range aussi des bizarreries de la nature et de l'Homme. Les Erudits sont des rois, des magistrats, des hommes d'Eglise. Les objets antiques sont appelés « merveilles ». Le but est de reconstitué un monde, un lieu à travers les arts et les sciences. On catalogue les objets. De cette tradition née l'archéologie classique, c'est-à-dire la collection d'objets d'arts.

Figure 1. Johann Winckelmann SEQ Figure \* ARABIC

Son père fondateur est J. Winckelmann (1717-1768), bibliothécaire allemand qui vivait en Italie. Il est nommé conservateur du site d'Herculanum, près de Pompéi. Ce site a été fouillé en 1738 et Winckelmann a trouvé une méthode de classification des objets, par style, en insistant sur la comparaison. Il a convaincu le monde savant de s'intéresser à l'Antiquité classique. A cette époque il y avait deux grands courants :

[L'archéologie humaniste et très littéraire

[Les sciences naturelles

Dès le XVIIIe siècle, le courant des sciences naturelles a commencé à réfléchir sur le passé. Ses chercheurs classaient les espèces vivantes et les fossiles. Pour eux, la nature n'a pas été créée de toutes pièces (contestataires de la Bible).

Figure 2. Antoine de Jussieu SEQ Figure \* ARABIC

A. De Jussieu est le premier à réfléchir sur les pierres polies, dont à l'époque on croyait fabriquées dans le ciel (pierres de foudre ou céraunies). Il a été le premier à comparer ces objets avec ceux de la préhistoire, c'est du comparatisme ethnologique.

Figure 3. Boucher de Perthes SEQ Figure \* ARABIC

A la fin du XVIIIe siècle, Boucher de Perthes s'intéresse aux objets retrouvés dans les Terrasses de la Somme et s'aperçoit qu'à l'intérieur des couches géologiques il y a des fossiles. Apparaît alors la stratigraphie. Il s'agit de l'étude des couches géologiques en fonction du temps. On s'aperçoit dès lors que l'Homme a vécu une très longue évolution, qu'il a existé un Homme primitif qui avait inventé des formes d'art, notamment dans la grotte d'Altamira en Espagne. La préhistoire se définit comme une palethnologie. D'ailleurs les préhistoriens ne se disent pas archéologues, ils s'estiment beaucoup dans les sciences naturelles et sociales.


* L'archéologie au XIXe siècle.


Au XIXe siècle, l'archéologie n'est qu'Européenne. On va voir apparaître l'Egyptologie, le Bassin Egérien, qui est aux mains des diplomates des puissances occidentales. Cette prise de conscience va aboutir à la construction de départements spécifiques (British Museum, Louvre). Les antiquités perses apparaissent. Il s'agit d'une science positiviste qui veut trouver une explication, une archéologie exhaustive qui montre que la Bible n'explique pas tout. Nouvelles tendances :

[Creuser le sol pour trouver des vestiges

[Classer les vestiges et les organiser en grands types, en fonction de leur technique de fabrication (Thomsen - 1834)

On combine les deux méthodes. L'important c'est de décrire et de classer. On utilise la stratigraphie et la topographie. On défini des grandes périodes, des variantes locales. Les objets se répartissent en fonction du temps et de l'espace.


* L'archéologie au XXe siècle : apparition de méthodes.


Le XIXe siècle a vu arriver l'uniformisation des méthodes et des procédures de recherche, et croule sous la documentation exhumée. Elle devient une discipline du concret dans une optique illustrative. Les techniques deviennent plus rigoureuses et on veut garder la mémoire du chantier. Ce qui importe est le contexte historique de l'objet.


4. André Leroi-Gourhan

Et ce, grâce aux travaux des préhistoriens, notamment André Leroi-Gouhran, en 1960, qui développe une méthode spécifique adaptée à chaque site, d'abord pour Pincevent (France, site paléolithique). Il a l'idée de dégager en plan le site et de laisser les vestiges en place. Ainsi, il a pu déduire l'organisation de l'habitat. Il développe l'analyse spatiale des vestiges, c'est la fouille planimétrique. Il cartographie les vestiges les uns après les autres et découvre alors trois foyers, entourés de tous les vestiges. Il montre également qu'il faut s'entourer de gens professionnels. La palethnologie est l'étude des sociétés passées.

5. Lewis Binford

Dans les années 70 apparaît un courant contestataire, la « new archeology », lancée par Lewis Binford et David Clarck. Il pense que l'archéologie est une discipline de terrain et qu'elle doit avoir ses méthodes.

]La méthode hypothético-déductive observe un nombre de faits sur le matériel archéologique. Il faut valider ces hypothèses à partir d'un autre matériel archéologique. La « new archéologie » réussit à changer les habitudes archéologiques en montrant que l'archéologie se trompait. La protohistoire européenne commence elle aussi à s'imposer dans les années 70. On comprend que l'archéologie ne doit plus travailler seule et que la technique de fouille dépend du site et du fouilleur. Le processus de la recherche n'est pas linéaire, forme de spirale ou d'engrenage.


* Les matériaux archéologiques. On peut toucher tous les secteurs de la société. Il faut confronter les informations à l'ethnologie. La liste de témoins comprend quatre catégories :

]Les objets façonnés, les objets immobiliers. Cette catégorie regroupe la plupart des choses.

]Les déchets. Les poubelles documentent mieux que les objets (viandes, résidus de fabrication, tessons de céramique, artefacts et ecofacts). Pour cela il faut que les matériaux se conservent, donc la pierre, les os, la terre, le métal. En revanche, toutes les matières organiques se conservent mal.

]Les traces. On les retrouve sur le paysage et sur les objets.

]La stratigraphie et l'analyse spatiale. On étudie la relation entre les objets et l'espace. Avant, les archéologues se promenaient n'importe où pour trouver des choses fortuites. Malheureusement, il faut faire des choix car l'on n'a pas les moyens techniques et financiers de fouiller toutes les zones et certains sites ne valent rien. Le point de départ est l'inventaire des objets, qui n'est qu'une toute petite partie de ce qui a été fouillé. Parfois les facteurs humains sont responsables car ils détruisent ou reconstruisent par-dessus, mais il y a aussi les animaux qui parfois font remonter à la surface les objets. Certains sites préhistoriques ne sont pas stratifiés. On fait des prospections au sol et les aménagements portuaires constituent des objets sur lesquels s'appuient les archéologues. Les prospections ont pratiquement remplacées les fouilles. On utilise aussi une méthode empruntée à la géographie humaine, la géo-archéologie. En prospection on ne trouve que ce que l'on cherche ou a déjà vu car l'esprit humain est sélectif et ne reconnaît que ce qu'il a vu.


Mise à jour le Vendredi, 16 Septembre 2011 21:21