Théorie de l'art Intro Imprimer
Écrit par Caroline   

Introduction : De l’Histoire des Artistes à l’Histoire de l’Art comme système raisonné


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Il s’agit d’une allusion à Vasari, Les vies des grands sculpteurs, architectes et peintres Italiens, de 1550. La biographie est un genre littéraire et historique d’une très grande ancienneté. A l’époque antique, on écrit plutôt des biographies de généraux ou d’Hommes politiques. Le mot artiste n’apparaît qu’à la fin du 17ème siècle. Les ouvrages historiques vont de Vasari, fondateur de l’Académie du dessin. Cette institution va servir à obtenir une reconnaissance d’artiste. En France, cela arrivera seulement avec l’Académie Royale de Louis XIV au 17ème siècle. Ce livre st un recueil de vies qui est organisé chronologiquement. Le schéma Vasarien consiste à organiser selon des cycles.
*Première phase : émancipation de la maniera greca. Pour lui le premier est Cimabue, vers 1250. Dans ce premier se trouve un artiste majeur qui est Giotto, avec la perspective et le naturalisme.
*Deuxième phase : la maturité qui va correspondre au Quattrocento, jusqu’à Signorelli. ET Masaccio pour son apport à la perspective.
*Troisième phase : la perfection qui est le 14ème et le 15ème siècle. Elle va de Léonard de Vinci à Vasari. Les points forts en sont Michel-Ange et Raphaël. Hélas, Michel-Ange était embrigadé par l’Académisme.Il n’y a jamais eu d’écriture d’Histoire ou d’Histoire de l’Art qui soit neutre. Vasari est un artiste qui se considère comme un Florentin. Il va donc mettre en valeur certains artistes plutôt que d’autres.

J. Winckelmann, bibliothécaire allemand, qui vit à Rome, est un érudit qui veut mener une réflexion sur l’Art antique. Il veut écrire une Histoire de l’Art dans l’Antiquité : Geschichte Der Kunst Des Albertums. Lui, pratique un véritable regard historique, rétrospectif. Il y a un décalage entre lui et ce dont il parle, c’est le recul historique. Il veut faire une Histoire de l’Art et non pas une Histoire des Artistes. Tout cela au service du Beau. Il organise son livre en plusieurs parties, avec un croisement de deux classements :
*l’Histoire se référant aux peuples de l’Antiquité, livre 1, 2 et 3, notamment chez les Etrusques, les Egyptiens et les Orientaux. C’est une Histoire dogmatique car elle va défendre un point de vue esthétique.
*l’Histoire de l’Art Grec, livre 6, 7, 8
*l’Histoire de l’Art romain, livre 9, 10
Ses références majeures sont le Laocoon et l’Apollon du Belvédère. Il y a donc un double projet historique et esthétique. Il pense que les contemporains ne peuvent qu’imiter les Anciens, car ceux-ci avaient déjà atteints la perfection. Dans la préface de son livre, il explique que son Histoire de l’Art n’est « pas une simple narration chronologique des révolutions qu’elle a éprouvée ». Dès qu’il le peut, il analyse lui-même les œuvres en se déplaçant pour aller les voir. Pour lui, il s’agit du « précis d’un système de l’Art ». Un ensemble de normes qu’il va puiser dans l’Histoire de l’Art Antique. Son schéma, contrairement à Vasari, a cinq temps. Il fait une Histoire de l’Art sans images. Pour lui, cette Histoire « doit faire connaître les différents styles ». Il faut établir ces grands cycles par les œuvres. Il trouve cinq périodes dans l’Art Grec :
*le Style Antique
*le Grand Style (qui correspond à Phidias)
*la Décadence, qu’il assimile à l’Art Alexandrin
*l’Extinction, qu’il assimile à l’Art Romain
Il s’agit là d’un schéma biologique, même si Winckelmann se réfère lui-même à celui de Vasari

Etapes de constitution et d’institutionnalisation de la discipline

On décide un beau jour qu’il faut enseigner l’Histoire de l’Art aux artistes. Elle se diffuse d’abord dans des sociétés savantes, notamment celle des antiquaires de Normandie. L’institutionnalisation est effective lorsqu’une université décide de consacrer des chairs à cette discipline. Les premiers à le faire sont les Autrichiens. En France, la Sorbonne s’y met seulement dans les années 1880-1890, ainsi que l’Ecole du Louvre. L’enseignement se fait par périodes, Antiquité, Moyen Age, Moderne, et Contemporain. Le schéma universitaire allemand va réformer l’université Française. On a pensé à une institutionnalisation régionale. Nécessité pour cette discipline de faire ses preuves. Un des grands acteurs de cette Histoire de l’Art en France est Henri Focillon, ainsi qu’André Chastel qui voulait un Institut d’Histoire de l’Art en France, et qui n’a d’ailleurs vu le jour qu’en 2002. Cette discipline a du faire une démonstration de ses capacités. Cette institutionnalisation n’est d’ailleurs jamais définitivement acquise.

Henri FocillonHenri Focillon
André Chastel

La recherche de scientificité
Le déterminisme en Histoire de l’Art
La théorie des climats

La scientificité est l’obsession du 19ème siècle. La pensée rationaliste est une forme de déterminisme. La théorie des lois est évoquée par Montesquieu dans l’esprit des lois, de 1748. Dans cet ouvrage, Montesquieu veut trouver des bases sur lesquelles fonder des régimes politiques. Il pense que les sociétés sont marquées par tout ce qui influence le climat. On est obligé de prendre des réalités géographiques, qui sont caractérisées par le temps qu’il fait. Il y a un lien très fort avec le sol. Pour lui, les gens du nord sont dynamiques et les gens du sud lymphatiques. Par exemple, le régime qui va caractériser les pays chauds sera le despotisme. On a une influence du physique sur le physiologique. Le savoir majeur est l’anthropologie physique. L’abbé Dubos publie en 1719, un ouvrage intitulé Réflexions critiques sur la poésie et sur la peinture. Le premier texte est une forme de relativisme extraordinaire. Le caractère est lié au Beau et au goût. On pense que le goût est physiologique. L’abbé Dubos croit à la relativité du goût. Apparaît aussi la notion de génie (il ne peut y avoir de génie dans les pays froids !). L’Histoire de l’Art du 19ème siècle veut établir des lois, des règles. Livre de Herder, qui traduit déjà des idées romantiques. Fichte, Discours à la nation allemande. La langue est le réservoir de ces caractères.

La théorie des races

C’est au 19ème qu’à lieu l’invention des mythes raciaux, le mythe sémitique et le mythe Aryen. Léon Poliakos, Le mythe Aryen. Le racisme est une pensée fondamentale du 19ème siècle. Pour Viollet-Le-Duc, l’architecture est Aryenne. Il fait son premier cours sur l’Inde et son système des castes et religions. Les mythes sont élaborés grâce à la linguistique. Les sociétés savantes découvrent une langue très ancienne dans laquelle on trouve des textes religieux, qui est le sanscrit. Ce sont les racines que l’on retrouve dans les langues Européennes. C’est de la philologie comparée, qui s’efforce de retrouver ce que les langues ont en commun. On remarque qu’il y a des racines entre les Grecs et les Romains.
Au 18ème siècle, on pensait qu’on était tous nés d’Adam et que la langue originelle était l’Hébreux. On distingue alors une famille de langue indo-européenne et une autre sémitique. Répartir le monde en fonction des langues est la base des mythes raciaux. Ce qui caractérise un peuple c’est la langue et la culture. L’architecture passe par un art collectif. Au 19ème siècle a lieu une linguistique naturaliste, contre ceux qui montrent que les langues évoluent à l’intérieur d’elles-mêmes. La base des théories raciales à l’époque répartie les Hommes en trois catégories : blanc, jaune, noir. Gobinaud, grand penseur du mythe et écrivain, écrit, Essai sur l’inégalité entre les races humaines. Il explique l’histoire de l’humanité par les mythes raciaux. Il va y avoir des peuples supérieurs, par exemple les grecs. Ce livre se trouve dans la bibliographie de Viollet-Le-Duc. Tous les peuples sont d’une même origine, ils vont émigrés dans différents rameaux. Le naturalisme est la caractéristique des peuples Aryens. On a une idée de progrès et de perfectionnement. Climat ; faits ; grands hommes ; multitude ; sol ; idées ; race. On pense que les textes sanscrits vont bouleverser la culture. Des paléo linguistes vont élaborer la langue originelle. C’est le cas de Georges Dumézil. Taine, est le représentant d’une approche scientiste. D’autres étudient la langue en elle-même Selon Bopp, il faut s’intéresser à la phonétique. Taine est un philosophe qui a de nombreux déboires avec l’Etat. C’est pour cela qu’il est nominé à l’école des beaux arts. Les directeurs remontent leurs étudiant contre Viollet-Le-Duc qui va alors démissionner. On nomme alors à sa place Taine.

Hippolyte TaineTaine

On justifie une bonne partie de nos catégories d’histoire de l’Art par Taine. Il veut créer un système complet d’Histoire de l’Art. Jamais il n’accordera à une culture exotique la capacité d’avoir un Art. On veut introduire des éléments techniques et scientifiques dans l’Art. Albert Aurier écrit en 1892 Essai sur une nouvelle méthode de critique. Taine devient l’auteur à bannir, cependant il a aussi engendré des disciples, qui ont très vite compris qu’ils allaient tourner en rond. Taine, ne parle presque jamais d’architecture. C’est son disciple Emile Boutmy qui le fait, en appliquant le système de son maître à l’architecture. Ce dernier écrit : Philosophie de l’architecture en Grèce. Taine, lui, se promène toujours du particulier au général. Les origines de la France contemporaine, va démontrer que la Révolution n’a pas donné que de bonnes choses, car elle a détruit des objets de valeur. Boutmy fonde L’Ecole Libre des Sciences Politiques.

Mise à jour le Vendredi, 16 Septembre 2011 21:18