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| Théorie de l'art | |||
| Écrit par Caroline | |||
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Les notions d’Art pendant la période Antique
CMHISTOIREDELHISTOIREDELARTL3SOPHIEMOUQUIN Sommaire: I.Le genre biographique
II. Les apports du Moyen âge à l’Histoire de l’Histoire de l’Art III. La Renaissance IV.La littérature artistique au 17ème siècle V.Les imitateurs étrangers de Vasari au 16ème et 17ème siècle VII.Le cas de la France A cette époque, on a une cruelle pénurie de documents. On a perdu beaucoup d’ouvrages, et de plus, l’Art n’est pas l’objet principal d’un ouvrage. Par exemple, Pline l’Ancien parle de sculpture dans un ouvrage plus vaste, c’est-à-dire dans son Histoire Naturelle. Autre exemple, Pausanias ressasse un certain nombre d’œuvres d’Art en Grèce, qu’il a vu au cours de son voyage.
On a aussi une certaine hétérogénéité des sources, qui sera l’embryon de ce qui va constituer les sources de la Renaissance. Cela permet de rassembler un Savoir très divers. Chez les Grecs, on trouve plusieurs genres littéraires, qui sont les biographies d’artistes, les traités technique, et les guides de voyage. Ces derniers constituent une source importante pour les Historiens d’Art que nous sommes aujourd’hui. Ce guide appartient davantage à la littérature qu’au domaine de l’objet. Notre notion d’Art est totalement différente de ce qu’elle était dans l’Antiquité. Platon, différencie les Arts imitatifs, des Arts imaginatifs, ce qu’on appellera au Moyen Age, les Arts libéraux et les Arts mécaniques. La sculpture, la peinture, et l’architecture, constituent les Arts imitatifs, tandis que la poésie et la littérature, constituent les Arts imaginatifs. Or, aujourd’hui, l’artiste, appartient bien aux Arts libéraux. Si l’on parle de l’Arts dans les ouvrages de l’Antiquité, c’est uniquement avec un souci technique. I. Le genre biographique Ex : Les vies des douze Césars, de Suétone. Au 5ème siècle av JC, on trouve deux genres de biographies : _la biographie littéraire _la biographie politique, doublée de récites de voyageurs, et qui née au contact de la Perse Les auteurs sont Douris, disciple d’Aristote, et tyran de Samos, Antigonos de Carystos, sculpteur et savant érudit, qui écrit beaucoup de biographies de philosophes, et enfin Varron, homme de lettres important, qui écrit les 700 portraits d’Hommes célèbres du monde entier. Se constitue alors une fiche biographique type, qui va être reprise jusqu’à nos jours, à partir de trois ouvrages marquants, le principal étant La vie D’Alexandre, par Plutarque. Celui-ci considère les petits éléments et anecdotes de la vie tout aussi importants que les grands, car ils aident selon lui à comprendre le personnage dont on veut retracer la vie. Il y voit trois faits importants, la relation entre l’artiste et son commanditaire, entre l’artiste et son Art et entre l’artiste et son Moi. _La relation entre l’artiste et son commanditaire : Il pense qu’un souverain trouve l’artiste qu’il mérite. C’est le cas de Périclès et Phidias, ou de Alexandre et Appel. _la relation entre l’artiste et son Art : On peut prendre comme exemple, Zeuxis et Parrahasios, qui se livrent à une véritable joute artistique, en essayant de tromper le maximum possible l’autre grâce à sa représentation fidèle de la réalité. Ce qui leur a valu une très mauvaise réputation de la part des philosophes. _La relation entre l’artiste et son Moi : Fait important, on ne trouve rien dans ces biographies, qui relatent l’enfance des artistes, ce qui est étonnant quand on sait que leur biographes attachent beaucoup d’importance aux anecdotes. En revanche, ce goût est très développé dans les biographies de poètes. On ne trouve aucune analyse du tempérament de l’artiste, mais une certaine métaphore du Beau Idéal. Etude de Pline l’Ancien Il écrit une Histoire Naturelle, sorte d’encyclopédie consacrée aux beautés de la nature, mais essentiellement sous un aspect technique. Il veut montrer le Trésor que constitue le monde unifié par la conquête Romaine.Cet ouvrage dérive de l’Enquête (3ème siècle av JC), d’Aristote et de Varron qui narre un aspect de la vie Romaine. Pline est un personnage important dans les cercles du Pouvoir Romain, et c’est aussi le texte le plus complet sur l’histoire des artistes et de leurs œuvres, avec notamment le De Architectura et un ouvrage de Pausanias. L’Histoire Naturelle est constituée de trente-sept livres, traduit en 1965 dans la collection Les Belles Lettres. Pline la dédie à Titus, son ancien compagnon d’armes. Il enregistre les Trésors du monde grâce à des esclaves, ce que l’on sait grâce à des écrits de son neveu, Pline le Jeune. La nature est mise en mots et en fiche. On a une double conception de l’histoire sous l’Antiquité. La Grande Histoire est une Histoire politique. Le système d’enquêtes, consiste à collecter des documents et des informations afin d’accéder à un Passé plus ou moins lointain dont les sources littéraires ne parlent pas. Les exemples artistiques cités par Pline sont uniques, il a la volonté de montrer la Nature entière dans ses rapports avec l’Homme. Pour lui, il y a subordination de l’Art par rapport à la Nature, et la base de cette production artistique est la Nature et ses minéraux. _Livre XXXIV : minéraux et alliages. Il parle du bronze et de la sculpture _Livre XXXV : couleurs des minéraux. Il écrit un petit traité sur la sculpture en terre cuite, et la peinture. _Livre XXXVI : Il parle de la sculpture de marbre Ses sources On a pu déterminer ses sources grâce à Bernard Schweitzer, qui, dans les années 1930, reconstitue le personnage de Xénocrate, qui serait selon lui, l’une des grandes sources de Pline. Il était le fils d’un sculpteur Hergophyle, lui-même fils du sculpteur Thémistocle, contemporain de Lysippe ayant beaucoup travaillé à Athènes et Pergame. Xénocrate a écrit deux traités techniques, de sua arte, et de pictura. On remarque alors que le vocabulaire artistique utilisé par Pline est issu de celui de Xénocrate, notamment dans l’emprunt à l’Art de la rhétorique (symétrie, rythme). Une autre de ses sources serait le contemporain de Xénocrate, Antigonos de Carystos. Ce dernier a en effet écrit un traité sur la sculpture en bronze et la peinture. Dans son ouvrage, Pline les cite tous les deux, et exprime le fait sous la forme artistique. Une autre source serait Douris de Samos, membre de l’Ecole d’Aristote, qui a écrit un traité sur les peintres et la sculpture en bronze. On peut donc dire que l’Histoire de l’Art est né en Grèce avec Xénocrate et Antigonos de Carystos, au cours de la première moitié du 3ème siècle. Pline conserve ses éléments pour les insérer dans son Histoire Naturelle. Le vocabulaire utilisé et les caractéristiques littéraires sont les même chez Pline. Sa méthode en trois points : _Enquête sur les Arts techniques _Enquête qui s’insère dans les mœurs et coutumes qui comprend une Histoire des Arts à Rome _Enquête qui repose sur une vision globale de la société Cesavit ars détermine un art qui arrive à sa fin, à la 121 Olympiade. Ouvrage qui laisse de côté toute la partie des traités techniques sur l’Art. On a alors une distinction entre la littérature technique et la littérature historique. _Les méthodes de Pline : Ce dernier veut réaliser une enquête sur les arts et les techniques. C’est le choix de la nudité héroïque. Volonté de valoriser les arts romains. Il veut montrer que l’art romain est supérieur à l’Art Grec. Pline médit sur le destin des Empires. Pour lui, le monument a une valeur car il est symbole de mémoire. Chez Pline, l’Histoire de l’Art est avant tout une histoire des collections. Cela rappelle le plaidoyer d’Agrippa en faveur des collections publiques, « pour combattre l’égoïsme des collectionneurs privés ». 1/Classement alphabétique 2/Classement chronologique 3/Hiérarchie des œuvres à partir du sujet, ou à partir du genre. Son discours sur l’Art révèle ce que sera le fondement académique. Il fournit un tableau de l’évolution de l’art antique. Pour cela, il s’inspire de Xénocrate. Il fait une critique sur la peinture et la sculpture en Grèce. Xénocrate établit des critères pour définir une norme idéale. Il faut respecter la mimésis. Cet idéal est décliné en quatre critères : 1/Exactitude/Précision 2/Principe de symétrie 3/Rythme (capacité à traduire le mouvement) 4/Fantaisie (Expression d’une apparence visuelle) Il s’agit d’une conception instrumentale de l’art. Le modèle peut varier. C’est la primauté de certains modèles sur les autres. Parfois l’imagination prend le pas sur l’exactitude… Xénocrate évoque des anecdotes pour montrer l’artiste face à certaines situations : 1/Face à son modèle 2/Face à son Art 3/Face à un rival 4/Face à son public 5/Face à son prince Pline est un conservateur de certaines de ces techniques. Il est le seul à évoquer les techniques de la mosaïque, et naturellement celle de Sossos, qui a mis au point une technique particulière. Discours essentiel sur l’Histoire de l’Art antique, et la décadence de l’Art. Catalogue de culture qui défend les valeurs de l’empire romain. Ghiberti va le reprendre et en faire une traduction. La postérité de cet ouvrage a donné Les vies de Vasari., ainsi que les réflexions d’Erasme. Les artistes et les ateliers Emulation et rivalité entre les artistes. On sait qu’il y avait des concours de peintures. Toutes les classes sociales sont représentées dans le milieu des artistes. On parle aussi des ateliers. Certaines recettes ont été perdues au cours des siècles. C’est le cas du marché de l’Art à Rome. Ce dernier est extrêmement dynamique et laisse place à trois attitudes possibles face à la production artistique. Il y a un véritable engouement de l’amateur d’Art, une attitude de rejet ou une appréciation d’art seulement par les esclaves. Cicéron critique un attachement excessif aux œuvres d’arts. A cette époque il y a des modes. Par exemple, le goût pour les esquisses. On retrouve ce même intérêt chez les collectionneurs. Vitruve et le De Architectura ou Les Dix livres d’architecture Vitruve est un auteur du 1er siècle qui a réalisé le genre du traité technique. Cet ouvrage comprend dix volumes, et envisage tout l’Art de bâtir. C’est un Idéal qui réside dans des ordres, un travail encyclopédique. C’est l’équilibre savant entre la théorie et la pratique :1/Couvrir la totalité du champ de l’activité architecturale 2/Elever l’architecture au rang d’art libéral 3/Présenter un discours cohérent qui définisse des normes et fixe une typologie fondée sur un exemple prestigieux. Ses sources sont multiples, mais on retrouve deux auteurs fréquents, qui sont Hermogénès (architecte Grec d’Asie du 2ème siècle av JC) et Hermodoros (architecte de Chypre qui travaille à Rome dans la seconde moitié du 2ème siècle). Hermodoros est le maître insurpassable. Nous allons voir quel est son goût, quel est son leg. _Le goût de Vitruve Façon dont ils ont su codifier les tendances pour aboutir à des formes nouvelles. Volonté d’imiter les maîtres médio hellénistique. Au second siècle, l’architecture est en plein renouvellement. On retrouve un discours semblable dans la peinture qu’il accepte dans tous ses modes décoratifs. C’est le « ratio veritatis ». Rapport entre la peinture et l’architecture de l’époque Hellénistique, ainsi que leur façon de traiter l’urbanisme, comme une composition picturale. Cette époque est l’époque clef. La vision de Vitruve est représentative. _Le leg de Vitruve Il fait un apport important à la technique de construction. Il y a chez lui un aspect documentaire. On lui doit la création d’un vocabulaire systématique et spécifique à l’architecture. C’est un apport comparable à celui de Cicéron dans le domaine de la philosophie. Il faut ajouter des renseignements techniques qui sont très précis. Tout ce qu’il dit sur le temple d’Ephèse est tout à fait exact. Son dernier legs est un état d’esprit sur la conception même de l’architecture. Il s’agit d’une conception modulaire de l’architecture. Il met au point les corrections d’optiques, et perçoit l’architecture comme en rapport direct avec le décor. Dans le traité se trouvent dix volumes construits dans un tout : 1/Implantation des villes et de leurs enceintes 2/Techniques et matériaux de construction 3-4/Temples et ordres architecturaux Panorama 5/Edifices publiques, religieux, profanes 6/Maisons et villas 7/Revêtement stuqué ou peint 8/Sources, eau et leurs adductions 9/Problèmes de l’astronomie et de la gnomonique (art des cadrans solaires) 10/Machines, pompes et engins de sièges On en trouve plusieurs éditions et plusieurs manuscrits, environ une centaine de manuscrits entre le 9ème et le 14ème siècle. Au 15ème siècle, c’est le renouveau des études Vitruviennes et de l’archéologie. La première édition a lieu à Rome en 1486. La plus utilisée est celle de 1511, par Fra Giocondo, qui est illustrée, et la première en langue Italienne. Une réédition a lieu en 1521, accompagnée de 200 gravures sur bois. 1547, est la date de la première édition française, sur la demande d’Henri II, et s’intitule Architecture ou Art de bien bâtir, avec des illustrations de Jean Goujon. La première édition allemande a lieu en 1548, par Walter Riff. Cet ouvrage va servir de base à toutes les recherches archéologiques, notamment entreprises par les Italiens. Cependant, on peut lui reprocher le caractère bâtard de sa langue, qui est un latin mal écrit. Alberti va lui aussi écrire un De Architectura. Pausanias Pausanias écrit dans le genre du guide de voyage. C’est une nouvelle façon de s’intéresser aux œuvres d’art, en les considérant dans leur contexte topographique, qui est un véritable musée. Il fait la description de la Grèce en en recensant les œuvres majeures. Il écrit en dix livres.Il s’agit d’une enquête touristique avec un véritable parcours, de l’Attique au Péloponnèse. Il va jusque dans le détail des monuments qu’il contemple, s’intéresse à leur origine, ainsi qu’aux légendes et récits qui s’y rattachent. Il retranscrit même les inscriptions qui figurent sur les monuments. Philostrate l’ancien (vers 165-250)
Il fait 65 descriptions de tableaux dans ses Eikônes. Ici, l’ekphrasis s’impose comme genre littéraire, puisqu’il compose un recueil de description de tableaux. Chaque texte est une ekphrasis, celle d’un tableau réel ou imaginaire, qui représente une scène mythologique, mais parfois aussi des éléments naturels, comme « les présents d’hospitalité », qui décrivent un tableau représentant des figues. Ces Eikônes sont une véritable somme culturelle. Dans son introduction, Philostrate qualifie son entreprise d’ « exercice d’interprète », ou d’ « exercice d’éloquence ». Il poursuit l’ambition de Lucien, de décoder une peinture. II. Les apports du Moyen âge à l’Histoire de l’Histoire de l’Art La littérature des guides de voyage Elle est une représentation symbolique mise au service d’une idée supérieure. Saint Bernard explique qu’on mène une guerre contre le « plaisir de l’ornementation ». Il pense que l’Art ne doit être qu’à la gloire de Dieu. On souligne dans ces guides surtout les matériaux employés, plus que les qualités esthétiques. L’artiste est au service de la représentation, est ne signe donc pas ses œuvres, il s’efface devant sa propre création. En ce qui concerne le domaine de la biographie, on ne retrouve pas d’anecdotes. L’intérêt porte sur le prestige de la vie de l’artiste ainsi que sur la sainteté. C’est le cas pour Saint Hildesheim, et Saint Eloi. L’anecdote sera reprise par Dante dans sa biographie sur Cimabue. A cette époque on retrouve peu de biographies. On a une conception très différente de l’Art de l’Antiquité. On écrit beaucoup de guides de voyages, ainsi que des traités techniques. Un guide de voyage est important à cette époque, il s’agit du Mirabilia Urbis Romae, qui développe, à la façon des guides des pèlerins. Il s’agit d’un guide, en latin de l’artistique et du religieux de la ville de Rome. Cela remonte au 12ème siècle, mais dès le 15ème siècle on a une reprise considérable des Mirabilia Urbis Romae existant. Ce guide des lieux de culte laisse une place importante aux merveilles de la Rome Païenne, à l’anecdote et à l’allégorie. Leur production devient abondante. Les traités techniques sont nombreux, mais aussi les livres de recettes. On en trouve deux importants : 1/ Première moitié du 12ème siècle, De Diversis Atribus, de Théophile. 2/ Un autre de la fin du 14ème siècle, par le peintre Cennino Cennini, Il libro del arte. 1/De Diveris Atribus Il s’agit du plus célèbre des manuscrits techniques. On y trouve la présence d’un prologue dans lequel Théophile expose son programme. Pour lui, le geste artistique a une conception sacrée, une mission spirituelle, qui consiste à orner la maison de Dieu de l’apparence de la beauté divine. Il insiste sur l’importance de la composition et du mélange des couleurs. Il ne parle pas du dessin et de la volonté de représenter la nature, ni des peintres et de l’histoire de la peinture. Pour lui, entre le mélange et la réalisation, il n’y a rien.. L’œuvre accomplie est spirituelle. Il explique le rôle important de la couleur et de la lumière, car la peinture est l’objet de la contemplation mystique. 2/Il libro del arte Cennini, élève d’un Florentin, donne de nombreuses recettes pratiques dans le but de parfaire la formation des artistes. *La première partie du livre parle du dessin, de la manière de dessiner ainsi que des rudiments du dessin. Il nous donne des informations sur la manière de travailler au Moyen âge. La nature est pour lui le guide le plus sûr. *La seconde partie traite des couleurs, de la façon de les fabriquer, et de les utiliser. Il parle aussi des instruments du peintre. *La troisième partie est un enseignement sur les techniques de la fresque. Il y parle des proportions du corps humain, qui, inscrit dans un cercle fait huit fois la tête. Il montre sa connaissance du livre de Vitruve. Il parle aussi des ombres sur le visage, ainsi que de la technique de l’enluminure. *La quatrième partie aborde l’art de la peinture à l’huile. Il s’agit d’un traité complet sur la manière de dorer. Le traité de Cennini est important, car il est le témoin de la terminologie artistique de l’époque. Le disegno et le coloris sont le fondement de l’art. Le rilievo est un relevé, une représentation à partir d’un relevé d’un modèle. Ces termes n’ont jamais disparus du langage artistique. Chaque spécificité de métier est bien séparée. On fait encore la différence entre les arts liberalis et les arts mecanica. Les artistes doivent se mettre à l’Ecole d’un maître supérieurement doué. Mais la conception d’Ecole et de groupes d’artistes n’apparaît toujours pas. On trouve trois grandes idées : 1/La peinture appartient aux arts libéraux. Elle est une nécessité pour l’Homme. On fait encore une comparaison entre le peintre et le poète. 2/La hiérarchie des arts. On comprend les pratiques qui relèvent des arts mécaniques. 3/Les arts libéraux et les arts mécaniques sont indissociables. Le livre de Cennini est à la limite du partage entre deux périodes, Moyen âge et moderne. III. La Renaissance 1. Florence et les origines de l’histoire de l’art La Renaissance s’est développée à Florence. La langue Toscane est la première à atteindre sa pleine maturité. Un livre est important à cette époque, il s’agit de celui de Dante (1265-1321), avec une phrase qui fait tout basculer : « Cimabue crut tenir le sceptre de la peinture, et voilà que sa renommée pâlit, le cri de la faveur est pour Giotto. » Il s’agit de la première trace d’une appréciation esthétique d’histoire de l’art. Boccace cite lui aussi des peintres, et fait un éloge de Giotto, et de ses « aptitudes particulières pour imiter la nature ». Il le compare à Appel. Pétrarque (1304-1374), veut écrire un long traité sur l’art, mais il ne le mènera pas à bien. Il a une grande admiration pour Giotto, Simone, et Martini, sur lequel il écrit des sonnets. Il témoigne de l’affirmation de la personnalité des artistes, et fait le développement d’un jugement artistique. Filippo Villani (1325-1407) est le premier historien chroniqueur de Florence. Il ouvre une grande période d’historiographie. Son livre chante la gloire Des origines civiles de Florence et de ses plus illustres citoyens (1381-1382) chante la gloire de cette cité. L’œuvre est divisée en deux : 1/Origines légendaires, 2/Biographies des plus grandes gloires de Florence. *Dans la partie deux, un chapitre est consacré à l’éloge des artistes. Villani rédige des premières vies d’artistes. Lui, ne considère pas les peintres comme faisant partis d’un art inférieur. Mais il a besoin de se jusitifier. Pour se justifier, il se sert donc de l’antique et notamment de la légende de Prométhée. Le propre de l’artiste est d’avoir un talent qui est supérieur, telles qu’une bonne mémoire, une rapidité d’exécution ainsi que de la sensibilité. Pour lui, les Florentins ont exécutés un art qui était exsangue. C’est pourquoi, il s’agit d’une renaissance. Le premier a ouvrir la voie est donc Cimabue, un des plus brillants dans l’imitation de la nature. Puis vient Giotto « dont le talent et l’art ont même dépassés ceux des peintres antiques ». Il développe son caractère, sa culture, puis ses qualités morales, « désirant la gloire plutôt que le gain » Son récit est construit selon un mode biographique. Il se contente seulement de mettre en évidence les valeurs des artistes, mais il ne parvient pas à revendiquer ses qualités particulières. Cependant, il y parviendra en ce qui concerne les disciples de Giotto, Stefano, ou Tadeo Gadi. Il va aussi démontrer le rôle décisifs des Florentins, et grâce à eux, le Renaissance de la peinture. Il démontre également la démarche novatrice de Cimabue., et la gloire de Giotto. Il faut remarquer dans ce livre le privilège accordé à la peinture. La bascule sera due à un sculpteur, du nom de Pisano, avec la chaire du baptistère de Pise, dans lequel il a repris Héraclès et Aphrodite. Il lui paraît important de dénombrer tous les peintres. Il reprend les éléments d’un discours rhétorique. Ghiberti (1378-1447) écrit les commentaires, en 1447. Il s’agit de trois commentaires dans lesquels il ne parle pas de ses dernières grandes sculptures, mais où il fait des réflexions sur son œuvre. C’est une sorte d’autobiographie, doublée d’une chronique universelle des arts. *Dans un premier temps, il dresse une sorte de programme de formation de l’artiste. Il reprend Vitruve, et place la perspective et l’anatomie au rang des disciplines essentielles. *Dans un deuxième temps, il raconte sa propre vie et celle de ses œuvres. C’est la première autobiographie, et la première histoire de l’art moderne. Il fait un rappel de ses ancêtres, avec une mise en perspective historique. Il exit volontairement l’anecdote, et réalise presque uniquement des commentaires. Il faudra plus d’un siècle pour trouver une autre autobiographie. Son texte n’est pas bien écrit, c’est une sorte de mémoire. *Dans un troisième temps, il essaie d’établir les bases théoriques de l’art avec un grand développement sur l’optique. Le savoir est obsolète, car les connaissances sont antiques et médiévales. Il montre l’innovation propre à Florence, Sienne et Rome. Le travail sur la lumière de plein air est très différent selon ces trois régions. La conclusion du livre est inachevée, et porte l’esquisse d’une théorie des proportions. Il y critique Vitruve et sa théorie, auquel il oppose un autre canon, ce lui de Varron. Le livre se clos par une technique d’atelier par la quadrature (technique du quadrillage). Ghiberti est une source très sûre, et son jugement artistique a pénétré à travers les siècles. Les auteurs du 15ème siècles : *Cristoforo Randino, réalise ses Commentaires de Dante, en 1481. Le premier a donné une traduction complète de Pline en Italien. Il publie aussi en 1482 une Commentaire de Horace. Celui sur Dante est précédé d’une apologie du poète et de sa ville natale. Il y montre tout ce que Florence a réalisé dans le domaine de la culture. Randino porte des jugements sur des artistes, mais n’évoque que ceux qui sont morts, et en détaille un certain nombre. Cimabue a le mérite de la vraie proportion, Masaccio, la capacité à imiter le réel et l’excellente perspective ; Fra Filippo Lippi est habile dans ses compositions et dans les coloris ; Andrea Del Castagno est un grand dessinateur ; Paolo Uccello est habile dans la perspective et la représentation des animaux ; Fra Angelico représente bien la grâce et la dévotion ; Brunelleschi est le pionnier de la perspective ; Donatello représente bien les personnages en mouvement. Il évoque très rapidement Ghiberti, et les artistes qui sont les chefs de file de la première moitié du 14ème siècle. *Ugolino Verino (1502-1512) écrit les trois livres de l’illustration de la ville de Florence. Il y reprend la liste dressée par Randino, mais cite brièvement Léonard et Le Pérugin. *Camillo Leonardo écrit en 1502 Le miroir des pierres, avec les artistes du nord de l’Italie. *Michele Savonarole, écrit en 1486 un Eloge de Padoue. Il y inclut un chapitre sur les artistes à Padoue au 14ème siècle. Il reprend un principe de Villani, et la supériorité de Padoue dans l’art de la mosaïque. *Bartolomeo Facio, De Venus Illustribus, en 1457. Il rédige cet ouvrage à Naples, et ne parle que d’artistes contemporains, notamment Donatello. On a donc une immédiateté de l’information. Une importance est aussi accordée aux artistes des Pays-Bas. On y trouve notamment Van Eyck, « prince de la peinture de notre siècle », grâce à sa maîtrise de la perspective et à sa bonne connaissance des antiques. Il avait une très bonne connaissance de Pline l’Ancien, ce qui lui a permis de mettre au point une technique de couleur particulière. La Renaissance humaniste septentrionale et méridionale se complètent. Il parle ensuite de Pisanello très en relation avec l’Art Flamand. Roger Van Der Weyden, disciple de Van Eyck, et dont les toiles ont aujourd’hui disparues. Il ne cite que quelques sculptures Toscanes. Il s’agit de la première œuvre littéraire qui dépasse réellement le point de vue Florentin et l’évolution des courants artistiques. *Giovanni Santi, père de Raphaël, fait un Eloge, chronique des hauts faits de la cour de Frédéric D’urbain, déjà mort. Le livre se divise en quatre parties : 1/Débat sur la peinture, dont le héros est Manténia, au « style exemplaire et classique », et à la maîtrise des raccourcis. 2/Eloge de la peinture, dans lequel il invoque le témoignage de Vitruve et de Pline, avec une protestation contre le classement de la peinture parmi les Arts Mécaniques. Un chapitre est consacré à la perspective. 3/Portrait de peintres célèbres, dans lequel on retrouve Van Eyck, et Roger Van Der Weyden, « dont le coloris dépasse la vérité elle-même ». Il cite ensuite les peintres Toscans, dont deux jeunes, du nom de Léonard de Vinci et Le Pérugin (maître de Raphaël). Puis il parle des peintres d’Italie du nord, Antonello Da Messine, Bellini et Cosmetura. Enfin, il termine par les sculpteurs, dont Donatello « si doux et si beau », puis Verrocchio. Son ouvrage s’achève par une tirade contre ce siècle qui méprise la peinture, en recommandant que les artistes travaillent par Ecole. Il veut enseigner le dessin aux enfants. On a ici la réapparition de Manténia. 2. Leone Batista Alberti (1404-1472) Il se situe dans la suite de Ghiberti, et va le suivre, surtout en tant que théoricien. L’Homme a fasciné l’Histoire. Burckhardt établit le mythe Alberti comme étant l’Homme Universel par excellence ; Celui qui réalise l’alliance entre les Sciences, la Littérature et les Arts. Ils font aussi référence à ses œuvres de morale. Il est une sorte d’image d’équilibre de la maîtrise de Soi et du Monde. Une thèse montre qu’Alberti est plus complexe que ce que l’on a pu penser jusqu’alors. C’est un humaniste, mais pas un génie universel. Il fait le pont entre la culture Elitiste et les Arts Mécaniques. Lui, appartient à ces deux mondes. Il est né à Gênes en 1404, lorsque sa famille est exilée de Florence. C’est un fils illégitime. Il suit son père à Venise, où il reçoit une formation rhétorique à l’université de Padoue. Il privilégie Cicéron. En 1421, son père meurt, et sa famille le déshérite. Revient alors chez lui le thème de l’exil, de la bâtardise... Il poursuit ses études à Bologne, où il fait une licence en droit canon, et apprend les mathématiques, et la physique. Il devient secrétaire au bref de la Curie Romaine. Il s’attache à étudier les ruines antiques, ainsi que l’optique. Il invente la chambre noire, qui un procédé de phénomène inversé. Il compose les trois premiers livres de son traité sur la famille. Puis, il quitte Rome pour Florence, où il reste pendant les neufs an d’exil du Pape. Là-bas, il rencontre Brunelleschi et Donatello, et participe aux grandes polémiques littéraires de son temps. Il écrit De Pictura, en latin, et le dédie au marquis de Mantoue, en 1435. En 1436, il le vulgarise, le simplifie et le dédie à Brunelleschi. Il compose un petit texte, Elément de peinture, d’abord en italien, puis en latin. Il part à Bologne, Ferrare, puis retourne à Rome en 1443 ; Il rédige Momous, critique du fruit de son expérience avec la sphère du pouvoir. Il trouve refuge dans l’architecture rationnelle, et développe son intérêt pour les sciences. Il aide le nouveau Pape, Nicolas V, à embellir Rome. Il rédige De Statua, en 1450, ainsi que De Reaedificatoria, en 1452. Il réalise se propres grandes constructions architecturales, dont Santa Maria Novela. Alberti pratique la peinture en dilettante, son discours est humaniste. Pour lui, la Nature est vieille et fatiguée, dans le sens où elle produit elle-même l’inventio c’est-à-dire le génie. Il constate qu’à Florence les artistes sont capables de surpasser l’Antiquité. Masaccio, Donatello et Brunelleschi font de Florence le symbole d’une ville d’une époque logique historiographique. L’ensemble essaie d’analyser pourquoi leurs prédécesseurs ne parvenaient pas à dépasser les anciens. Il écrit un traité théorique, une structure claire, en trois livres : 1/Rudimenta, constatations scientifiques nécessaires à sa peinture. C’est un traité pratique. 2/Pictura, dans lequel il retrace l’histoire de la peinture des origines à nos jours. Dans celui-là il met trois temps en valeur : la circonscription, la composition, la réception des lumières. 3/Pictor, le peintre, dans lequel il examine la carrière et l’éducation du peintre. Dans son introduction, Alberti distingue la forme tangible de la forme apparente. (Ce sont les lois optiques). Il évoque la couleur, dont il en distingue quatre principales (rouge, vert, bleu et jaune), qui sont mises en parallèles selon le principe médiéval des éléments, le noir et le blanc ne sont pas des couleurs, mais la modification de la lumière. Il définit la représentation peinte en montrant l’importance de la perspective. Dans son premier livre, il détaille point par point les différents éléments, perspective, couleur, optique…, qui sont pour lui la base de la peinture. Il décrit le parcours historique da la peinture, mais plus encore, analyse la peinture elle-même : *contour linéaire, mise au carreau. *composition avec les différents plans. Théorie des proportions. A son époque, on reçoit une base nouvelle avec l’anatomie. Il trace d’abord les figures nues, qu’il ne vêtit que par la suite. Ce procédé né de la conscience que l’anatomie est la base de la proportion. *réceptivité de la lumière. Il étudie la façon dont le corps est modelé par la lumière. Il souligne l’importance d’un modelé plastique rigoureux. Alberti est conscient de son originalité. Il montre qu’il n’existait pas de traités rassemblant les idées courantes, les données d’atelier, le tout avec une large diffusion. Il théorise tout cela. Il souhaite faire un examen critique de la peinture. Il procède tout à fait différemment du Libro Del Arte, de Cennini (livre de recettes). La perspective géométrique et anatomique n’est pas un élément nouveau, cependant, l’anthropométrie est elle toute nouvelle. Alberti contribue à une conception nouvelle de la peinture Européenne. Son autre originalité, est de montrer que la peinture est un art libéral. Il va plus loin en introduisant la notion de peinture documentaire. Il est instruit en optique, géométrie… qu’une influence réduite au 15ème ne devient pas un manuel de consultation courant. Au 17ème siècle, on qualifie ses écrits d’obscurs et philosophiques, sans doute, car Alberti est en avance sur son temps. Les deux seuls peintres qui semblent avoir profiter de son enseignement sont Piero Della Francesca et Mantegna. Puis, plus tard, Léonardo Da Vinci, bien qu’il ne revendiquera jamais son influence Albertinienne. La réception de son ouvrage est assez mitigée. De Statua, de 1464, est un traité plus court, mais dont l’ensemble, n’est pas moins riche d’œuvres célèbres. Il y donne une définition de la sculpture, dont il découle trois sortes : 1/matériau mou : enlève et ajoute 2/pierre : uniquement enlever 3/ajouter seulement, idée d’enfoncer et de faire sortir la matière. Personne n’avait jamais donné une telle définition. Alberti fixe deux règles pour sa méthode : 1/dimension, avec l’application de la proportion 2/délimitation des contours, dont on délimite à l’avance les grandes lignes. On trouve le problème de transcrire le mouvement en tenant compte du changement anatomique que ce dernier engendre. 3. Vasari, père fondateur de l’histoire de l’art ?
Antonio Di Tuccio Manetti est un mathématicien et astronome Florentin, qui écrit sa première monographie sur Brunelleschi. Expert lors de la transition du dôme, il fait la transition entre l’aspect très technique d’Alberti et les monographies de Vasari. Vasari est considéré comme le père fondateur de l’histoire de l’art. Son œuvre a eu la plus grande descendance, donc il peut se considérer à ce titre, comme un pionnier. 1511-1574. Arezzo reçoit les rudiments d’un humanisme fondé sur la fondation du latin. En 1521, il est à Florence, pour participer aux leçons données par Piero Valeriano aux princes Médicis. Il apprend aussi le dessin et la peinture auprès de Michel-Ange. Il voyage dans toute l’Italie pour collecter des documents et voir des œuvres d’art. A Rome, il est reçu par Alexandre Farnèse, cardinal qui avait réuni une petite cours d’intellectuels et humanistes (cercle prestigieux). Il y est sans doute rentré grâce à Pado Giovo (peu connu), rendu célèbre pour avoir installé dans sa ville un musée dans lequel il collectionnait les portraits de personnages illustres, avec une notice résumant leur vie et leurs œuvres. On y trouve quatre catégories : 1/savants et poètes 2/humanistes 3/artistes 4/Hommes d’Etats et guerriers En 1546, Giovo publie une description de son musée qui montre qu’on y trouve les bases de la muséologie actuelle. C’est sans doute grâce à lui que va germer cette idée des vies d’artistes chez Vasari. Vasari a exécuté quelques ensembles gigantesques à la fresque, dont la salle des cent jours. C’est un peintre correct, déjà très maniériste, qui a aussi été architecte. *Les Vite, édition de 1568. Cette édition ajoute une petite autobiographie. Il y raconte comment serait née l’idée du livre, cependant, on note quelques petites invraisemblances dans son récit. Mais, pour lui, l’histoire ne se dit pas d’être vraie, mais vraisemblable. Il a commencé très tôt à collecter des informations, des documents. Dans l’édition de 1550, il précise que le livre lui a demandé dix années de travail. Sa méthode : Il fait de nombreux voyages, dans lesquels il fait des observations, prend des notes. Son problème est la rédaction et une synthèse en un temps nécessairement limité. C’est un chef-d’œuvre du point de vue de la littérature Ses sources : Elles sont nombreuses, écrites et orales. a)*Il utilise les commentaires de Ghiberti, et notamment le second, qui retrace l’histoire de Cimabue, jusqu’à Ghiberti lui-même. *Biographie de Brunelleschi par Manetti *Ecrits de Vitruve, dans lesquels il reprend les édifices commentés *Antonio Billi, Il Libro, pour tout l’opuscule rassemblant les notes sur 47 artistes des 14 et 15ème siècles. *Ouvrages de littérature d’histoires générales. Les histoires de Florence, les guides. Recueil d’amateurs Florentins (en général anonymes). *Textes littéraires, comme ceux de Dante, Pétrarque, Boccace, Aristote…qui sont les prémices de l’histoire de l’art. *Textes qui sont des lettres d’artistes, comme Raphaël ou Salviati. *Inscriptions qui donnent des informations sur les dates, les lieux, les noms… b) Cela nécessite une véritable enquête pour aller même jusqu’à l’interview. Par exemple, il interroge Sangallo au sujet de son frère, cependant, quand il parle de Michel-Ange, il dit qu’il l’a appris de sa propre bouche. Il paraît difficile qu’il ait pu faire seul ce travail. De nombreux informateurs quadrillaient l’Italie. Il recense le patrimoine de l’Italie de son temps. Au cours de son livre, il insiste sur la peine et la dépense que ce travail lui a occasionné. Il se constitue une collection personnelle de dessins d’artistes dont il faisait une biographie. Cela va servir de support à son œuvre, pour se rappeler la manière de l’artiste. Sa démarche est intellectuelle, scientifique. Sa collection remarquable réunit tous les dessins (8 à 12 volumes) dans un recueil qu’il mentionne dans sa seconde édition. Le livre des dessins a été dispersé aux17 et 18ème siècles, et ses dessins ont circulé en Europe avant d’être enfin achetés par les plus grands collectionneurs. Ils sont identifiables comme venant de la collection de Vasari, car l’encadrement maniériste est réalisé par ses élèves, ce qui rend identifiable leur provenance. Il s’agit de l’un des premiers exemples de l’encadrement pour une présentation raisonnée. La collection originale est intéressante du point de vue de la méthode, on a recours à l’objet pour apprécier l’œuvre. Les différentes éditions : La première date de 1550, et est en deux volumes, de 992 pages. Elle est dédicacée au grand duc de Florence, Côme 1er de Médicis. Le titre exact est Les vies des plus excellents architectes, peintres, et sculpteurs de Cimabue à Vasari. La réception de ce livre est assez mitigée, dans certaines régions d’Italie qui se voyaient qualifiées de provence. On lui reproche son campanilisme, et sa prédilection pour Rome et Florence. La seconde édition date de 1568, à Venise, en trois volumes, de 1062 pages. Le titre est légèrement modifié, et parle de Vies argumentées. C’est une véritable mise à jour. Il y ajoute des portraits gravés, des vies d’artistes. Il ajoute même un artiste vivant dont il n’avait pas parlé (hormis Michel-Ange). Il utilise des portraits gravures, lorsqu’il ne trouve pas les portraits adéquats il laisse le cadre vide. Dans une démarche rigoureuse, il augmente son ouvrage d’une autobiographie, « description des œuvres de Giorgio Vasari » Forme et contenu : On aime chez lui la construction, la richesse de l’information, le regard critique porté sur les œuvres d’art, la qualité du style et la verve de la narration. Il a du maîtrisé tout d’abord l’espace et le temps (2 siècles entre Cimabue et la 2nde édition). Sa perspective historique est intéressée, parfois presque connotée métaphysiquement. Il semble se demander s’il n’y a pas une logique implicite. Il explique le cycle, le phénomène de résurgence. Le phénomène cyclique est pour lui tout à fait essentiel. L’édition de 1568 à la fin dit que les artistes actuels sont parvenus au comble de la perfection, si leurs prédécesseurs n’avaient pas été ce qu’ils furent. L’édifice littéraire est remarquable, et peut être comparé à la Divine Comédie de Dante. 1ère partie : Comprend une dédicace emphatique, puis une seconde dédicace à l’attention des artistes qui pratiquent le dessin. Il fait ensuite une introduction générale, qui importante pour connaître les idées de Vasari. On y retrouve trois axes : 1/art dialectique, et l’importance du procédé intellectuel dans le procédé 2/comparaison entre peinture et 3/exposé sur la doctrine du dessin, principe universel et fondamental. Il s’agit d’un véritable traité technique sur les différents procédés artistiques du dessin. Les monographies : Elles sont réparties en trois, et correspondent au trecento, quattrocento et cincuecento. Elles donnent l’idée d’une dynamique de l’art et du côté cyclique. CCL adressée au professionnel du dessin, qui les encourage à toujours plus de grandeur et d’exigence dans la pratique de leur art. Vasari doit procéder au choix d’un principe de classement. Pour lui, Michel-Ange représente un état de perfection qui ne peut être atteint que grâce au progrès. Idée de l’histoire développée par Vasari : On trouve encore une idée de progression et de cycle, de dynamique. 1250-1400, Prima eta, le réveil de l’art s’ouvre avec Cimabue, s’affirme avec Giotto, c’est le dépassement de la manière byzantine. Seconda eta, Brunelleschi, Masaccio et Donatello, architecte, peintre, sculpteur. Il en ajoute d’autres. Tersa eta, époque moderne, de 1500 à 1550. C’est le moment des grands maîtres insurpassables, qui s’ouvre avec Léonard, passe par Raphaël et culmine avec Michel-Ange. Il annonce la 4ème étape, le déclin. Selon lui, l’art moderne renaît au 14ème siècle, le cycle est semblable au cycle de l’Homme. Cependant, il ne suit pas le cycle complet établit par les auteurs antiques. Il est repris par Gombrich, qui pense que Vasari refuse la décadence. L’histoire continue d’abord chronologiquement. L’organisation des monographies se fait d’un point de vue dynamique. Un maître conduit à un autre maître. Il réalise de véritables portraits, à la fois très simples, et en même temps très idéalisés (c’est une de ses lacunes) La seconde édition est une sorte de modèle qui pourrait servir d’exemple. Il apporte quelque chose de nouveau, et tente de donner une liste complète des œuvres de chaque artiste. Son souci est plus historique, scientifique, plus poussé. De plus, les œuvres sont classées chronologiquement, bien qu’il ait toujours la volonté de montrer l’évolution. En général, la dernière œuvre est le chef-d’œuvre. Il nie tout moment de fluctuation dans la carrière de l’artiste. Sa vision est assez simpliste, même si dans sa globalité elle n’est pas fausse. Aspect politique sous-tendu : Il a travaillé à la cours des Médicis, dont il devenu l’historiographe officiel. Il souhait illustrer l’épanouissement de l’art Italien. Sa gloire et le fruit de son travail et du mécénat des Médicis, et de son interprétation politique et sociale de l’art. Limites : Il manque de rigueur scientifique. Ses choix sont parfois douteux et ses omission volontaires. Par exemple, il connaît mal la Vénétie et la Lombardie, il relègue Venise à une sorte de seconde place. Il manque d’universalité, et privilégie le détail, on taxe son ouvrage de roman d’histoire de l’art. Eugène Müntz commente Vasari et reprend toutes ses lacunes. Cependant, il contribue à inventer un nouveau langage et une méthode de critique d’art. Il a tellement marqué les esprits que son modèle va marquer pendant deux siècles. Ses émules se multiplient dans toute l’Europe. Puis le genre tombe un peu dans l’oubli. IV. La littérature artistique au 17ème siècle 1. Emules et imitateurs Italiens des 17ème et 18ème siècle La littérature connaît un essor sans précédent à ces époques, en Italie et dans les toutes petites villes. Rome donne le ton. Tout cela va de pair avec la succession de grands papes : Sixte V, Paul V (Borghèse), Grégoire XV (Ludovisi), Urbain VIII (Barberini), Innocent X, Alexandre VII. Les artistes romains sont assez rares, on trouve beaucoup d’étrangers. Rome est le passage obligé pour les artistes. a/ Giovanni Baglione Il réalise un recueil de biographies en 1642, qui s’intitule Les vies des peintres, sculpteurs, architectes et graveurs du pontificat de Grégoire XIII jusqu’aux derniers temps du Pape Urbain VIII. Il donne donc les limites temporelles de deux pontificats. L’auteur appartient à un cercle de lettrés, et d’antiquaires. Il veut poursuivre l’œuvre de Vasari, mais tout en suivant la vieille tradition Florentine, qui ne veut parler que des peintres défunts. Pour cela, il prend un cadre purement chronologique et historique, et débute par le période qui suit la Contre Réforme. La seconde édition est de 1933. Cet ouvrage est le mélange entre un guide touristique et un dictionnaire. Il s’ouvre sur un dialogue entre un étranger et un romain. Rome, est pour le gentilhomme, le lieu d’apprentissage. Le livre dure cinq journées, qui sont chacune un pontificat, et qui donne une vue d’ensemble de son action dans le domaine des arts. Les biographies sont brèves et évènementielles, les jugements artistiques rares et sans profondeur. Il ne nous apprend rien sur les idées artistiques de son époque, mais sur le climat durant lequel l’ouvrage a été écrit. Il fait également une biographie de Caravage, et nous rappelle la vieille querelle entre les maniéristes et les naturalistes. Il relate l’opinion courante de son milieu. En tout, il rassemble 200 biographies de maîtres, au caractère anecdotique. Il ouvre sur Vasari, Vignole, Agostino, Carrache, Caravage et ses disciples. Puis il aborde les tenants du Classicisme, ainsi que les biographies des artistes étrangers, tel que Rubens. b/ Giambattista Passeri (1610-1676) Il réalise une œuvre de transition entre Baglione et Bellori. Il rédige des biographies dans ses Vies des peintres, sculpteurs et architectes qui ont travaillé à Rome et qui sont morts entre 1641 et 1673. Il ne s’interdit pas les critiques, et décrit des choses qu’il a vues directement. Il ne sera édité que très tard, en 1772, et la seconde édition en 1933. Il était peintre et élève du Dominicain, et lié avec l’Algarde. Il fait une sorte de reportage sur la Rome du 17ème siècle. Ses biographies sont au nombre de 36, il commence par le Dominicain, puis par les peintre Bolonais, les Romains, puis les étrangers. c/ Lione Pascoli (1674-1744) Il publie une série de Vies, entre 1730 et 1736, qui sont très critiquées au 18ème siècle, car elles contiennent beaucoup de choses inutiles, et parfois fausses. C’est la fin de la grande période du baroque romain, Claude Gellé dit Le Lorrain. d/ Giulio Mancini Il vient de Sienne, c’est le médecin personnel de Urbain VIII. Il écrit ses Réflexions sur la peinture (1617-1621). Il faut attendre 1956 pour avoir une version imprimée. Il réalise une critique des écrivains antérieurs, notamment Vasari. Il aborde la notion de critères de l’expertise artistique. Il compte quatre problèmes : -Nation -Temps -Ages de la vie, stades du moment de la vie de l’artiste où l’œuvre a été produite -Tempérament, manière personnelle de l’artiste Il détaille un certain nombre de biographies, avec trois grands noms, qui sont Le Caravage, Les Carrache et le cavalier d’Arpin. Il aborde la notion d’Ecole, avec l’Ecole Romaine et Raphaël, puis les Vénitiens, avec Titien, ainsi que les Lombards avec les Carrache. 2. Giovan Pietro Bellori (1616-1690) Il a une grande importance intellectuelle. Un colloque est consacré en 2000, et qui s’intitule L’idée du Beau, Voyage à Rome. Il est élevé par son oncle antiquaire, F. Angeloni, secrétaire du Cardinal Hyppolite Aldo Brandini. Il devient bibliothécaire de la reine Christine de Suède, puis antiquaire de la ville de Rome. Il s’est essayé à la peinture et à la poésie. Il est aussi collectionneur d’art et amateur érudit. Il a un goût prononcé pour l’antiquité et la renaissance, en revanche, le baroque lui déplaît. Il écrit d’autres ouvrages, notamment Description des loges de Raphaël, en 1793, ou encore Note sur les musées, galeries, statues, et peintures qui sont dans les palais, les maisons et les jardins de Rome, 1644, ainsi que Vies des peintres, sculpteurs, et architectes modernes, 1672. Ce dernier ouvrage s’ouvre sur une sorte de leçon, de propagande sur les courants artistiques. Il n’est pas chroniqueur. Il veut se limiter aux peintres les plus célèbres. Son esprit est scientifique. Il rédige une première version, de 12 biographies, où il inclut Rubens, Van Dick et les Bolonais avec Le Dominicain. Son discours a la volonté d’aller au-delà du simple exposé des artistes. Il modifie son discours critique avec l’élaboration de critères et d’une méthode. Il cherche une clarté ainsi qu’une intention didactique. En 1646, Agucchi écrit un ouvrage, Le Traité de la peinture, qui est une sorte de première vie de Bellori. On retrouve cette correspondance sur l’appareil critique. Bellori s’affirme dans une position de juste milieu, mais il ne parle pas non plus des artistes de son temps. La seconde partie serait consacrée à un autre artiste. Il s’engouffre dans le parti conservateur de Rome. L’antiquité classique est une sorte d’apogée de création humaine. Pour lui, l’art n’a fait que décliné, la seule exception est Raphaël. Pour lui, il n’y a rien de nouveau. Il n’a pas une idée très haute de la sculpture, ainsi que de l’architecture, le seul exemplaire étant pour lui l’antique. Sa théorie artistique : L’art est dans l’Idea, la représentation de la Beauté Suprême, parfaite de la forme achevée. Il ne la trouve ni dans la nature, ni dans la diversité des Hommes, mais dans la représentation qu’il se fait lui-même de la perfection. Pour atteindre la perfection, l’artiste doit se fonder sur la nature, mais cette imperfection de la nature doit être corrigée. La peinture n’est qu’une représentation d’une action humaine, ce principe est du à Poussin. L’action est un mouvement extérieur mécanique, et intérieur, une volonté dictée par les sentiments, et qui s’exprime par le corps. L’artiste doit représenter un mouvement transitoire Bellori est un adversaire de la mode. Ce qui prime ce n’est pas le sujet, mais la manière dont on le représente. Il est l’Homme qui a développé une véritable théorie de l’art. C’est un penseur et un chercheur, qui va marquer Winckelmann. 3. L’historiographie Florentine : Baldinucci Il écrit plusieurs ouvrages, dont les Notices sur les professeurs de dessin, 1681-1728. Il est publié en partie à titre posthume. En 1681, il rédige Lettre à Capponi, qui est un essai sur les relations artistes professionnels, et amateurs, ainsi que sur l’expertise et la recherche. Son ouvrage est agencé par siècles, par décennies, avec l’intention de rénover et continuer l’œuvre de Vasari sur une base moderne. Il fait un premier essai sur les arts universels plastiques. Son ouvrage est très Italien et s’ouvre sur Cimabue. Il est en contact direct avec l’art et les artistes. C’est l’expert des Médicis, dont il classe les dessins. C’est un connaisseur, versé dans le langage de l’art et dans sa technique. Christine de Suède lui commande une biographie de Bernin, qui est la plus complète. 4. D’autres foyers artistiques et historiographiques Italiens a/ Venise Carlo Ridolfi et Les merveilles de l’art : cet ouvrage est un recueil de biographies des peintres de Venise avec des portraits, de 1648. Marco Boschini, et la Carte pour naviguer dans la peinture. Ce sont des réflexions sur le caractère sensible et imaginatif de l’art. Le but est de mettre en valeur la ville de Venise. C’est un poème écrit en Vénitien. Il s’agit d’une approche politique et sensible fondée sur des critères visuels. Il fait la condamnation de Raphaël, représentant de la ligne. Il fait la différence entre le caractère pittoresque des Vénitiens, et la sécheresse des Romains. Pour lui, il existe d’autres grands maîtres qui sont Vélasquez et Rubens, peintres parfaits. Il reprend l’idée d’un déclin, qui survient après Véronèse. De Vasari il reprend l’idée que Michel-Ange est un modèle absolu. Ce connaisseur distingue ce qui est bon ou pas grâce à la pratique. Sa théorie est que le dessin est la base de la peinture, mais qu’il n’est pas l’élément principal dans la pratique. La vie est donnée par la couleur : « le peintre forme le sens des formes, voire avec une forme difforme, la vraie forme apparente : c’est elle qui réalise l’art pictural » Le coloris est le commencement de l’ébauche, il sert au peintre pour se délivrer de l’objectivité naturelle. b/ Bologne : Malvasia (1619-1693) Il est né dans une famille noble. Il suit des cours de lettres et de droit. Critique militant, son biographe nous le présente comme un personnage érudit. Il séjourne à Rome après avoir embrassé une carrière ecclésiastique. Il est membre de l’académie dei gelati, c’est un positiviste. Il rédige deux œuvres d’un niveau critique exceptionnel : Vie des peintres Bolonais, et les peintres de Bologne, de 1986, dans lequel il cite 2400 œuvres. Il fait l’objet d’œuvres et de corrigés. Ses Vies sont publiées en deux volumes et son dédiées à Louis XIV, dans un contexte Bolonais. En 1647, à Bologne, on assiste à la réédition des Vies de Vasari. Cet ouvrage serait écrit par un homme de lettres du nom de Bellori. Malvasia fait une œuvre d’historien et de critique, il énumère les œuvres des grands artistes puis celles des élèves. Il porte une attention toute particulière aux thèmes des œuvres et décrit leur complexité iconographique. Par là, il montre que Bologne possède de grands peintres. Son œuvre est type du roman artistique, et il ne reprend pas l’idée de croissance et de décadence. Le préambule est consacré aux raisons qui ont conduit un homme à être artiste, pour lui la raison principale est celle du génie. Il montre l’époque de la formation, en effet, la période d’apprentissage est longue et difficile. Puis, c’est la sortie de l’atelier, puis le libre exercice de quelqu’un qui travaille dans la solitude. Vient alors l’heure de l’affirmation. *La méthode de Malvasia Il avait quelques informateurs privilégiés. Guidoreni l’a reçu chez lui durant quelques années. Le seul qui lui refuse un entretien est Guerchin. Il est très lié à l’Algarde et à l’Albane. Sa difficulté : construire son histoire à partir des archives. Il n’a pas d’écrits antérieurs basés sur un contact direct. V. Les imitateurs étrangers de Vasari au 16ème et 17ème siècle 1/Le livre de peinture Ce qui s’élabore dans le reste des Etats-Unis reprend le modèle Vasarien. Le premier à le reprendre est Van Mander. a/ Van Mander Il est méconnu. C’est un flamand, qui a eu un contact avec Vasari car il a séjourné à Rome en 1573 et 1577. Il est également artiste et écrivain, et appartient au mouvement des humanistes flamands qui se regroupaient dans les chambres de rhétorique, pour y étudier la philosophie grecque et latine. Il traduit Homère et Ovide. Il passe à Vienne et retrouve Bartolomé Spranger. Il a une bonne connaissance de Rodolphe II. Aux Pays-Bas, il doit fuir la guerre civile. En 1603, il écrit le Schilder Boeck, ou Livre de Peinture, qui paraît en 1604. Une seconde édition paraît en 1618. On le surnomme « le Vasari Flamand ». b/ Le Schilder Boeck Ce livre tombe rapidement dans l’oubli. L’ouvrage sera repris par Joachim Sandrart. On trouve trois grandes parties : 1/Poème didactique 2/Série de biographies de peintres de l’antiquité, de l’Italie, du Nord de l’Europe. 3/Commentaire d’Ovide et iconologie sur le modèle de Cesare Ripa. *Le poème didactique Les Pays-Bas sont très marqués par une lourde charge corporative. Pour lui, il devait y avoir un système pour l’artisanat, un autre pour le grand art. Il appuie le rôle intellectuel de l’artiste dans la culture du pays. Le caractère héroïque du peintre sert d’exemple pour le héros du monde artistique. Cet ouvrage est une réponse flamande aux affirmations de Vasari. Il a la volonté de choisir un peintre de cours pour rendre hommage à Rodolphe II. Enderic Goltzius est son second héros. Il multiplie les anecdotes de l’artiste jusqu’à détailler le caractère de la mère. Cet ouvrage est une synthèse entre les Flandres et l’Italie. Son discours manque de justesse dans ses choix. Il cite cependant les gravures. Deux artistes sont importants pour lui, Holbein et Dürer. Il distingue les artistes morts des vivants. Il parle également des Carrache et de Zucchari, et reconnaît que l’Italie réveille les peintres du nord, qui sont arrivés à la juste connaissance du Beau grâce à leurs connaissances de l’antique. La seconde édition paraît à Amsterdam et contient des biographies anonymes. L’édition Française est en deux volumes, et paraît en 1884-1895. 2/Joachim Sandrart (1606-1688) Il est le continuateur de Vasari et de Van Mander. C’est un peintre théoricien représentant du baroque allemand. Ses ouvrages sont divisés en cinq parties, deux volumes, 836 pages de texte. Il le publie en latin (1683) pour permettre une meilleure diffusion : Ces nobles académies des arts picturaux. Il est marqué par la guerre de trente ans, et s’adonne à l’art de la gravure. Il va à Londres, à la cours de Charles 1er, comte d’Arindert. Puis, il séjourne pendant neuf ans en Italie. A Bologne, il rencontre Guidoreni. Avant d’être peintre il est graveur de reproduction. Il a la volonté de donner aux amateurs et artistes allemands une culture. Une première partie aborde le thème de l’architecture, de la sculpture et de la peinture. Une seconde partie celui des vies des peintres antiques, italiens, et de l’Europe du nord. La seconde édition est en trois parties, avec une partie sur l’architecture, une autre sur la sculpture et une autre sur la peinture. L’ensemble est complété par une traduction des métamorphoses d’Ovide. Un chapitre est consacré à la peinture asiatique, avec donc un goût certain pour l’exotisme. Dans la seconde partie on trouve des biographies d’artistes majeurs. Les informations sont personnelles, originales et importantes. Il travaille dans les plus grands milieux culturels de l’époque. Il tente d’avoir des informations directes sur les artistes. *choix de ses sources Ses sources sont Vasari, Palladio ou encore Serlio. Mais ses deux sources principales sont Les Vies de Vasari. Son argumentaire est calqué sur celui de Vasari. Il veut montrer la primauté de la peinture sur l’architecture, la sculpture, et sur les autres arts. Il diffère de Vasari dans la manière de présenter la Peinture. Il fait découvrir ses propres défauts. Il parle du rapport entre la forme et la couleur, reprise de Vasari mais il donne des règles décrites en détail. Il apporte beaucoup à Léonard de Vinci. Il donne des informations qui appartiennent vraiment à l’historiographie, et veut montrer la diversité des talents et des qualités de l’ artiste. VII. Le cas de la France 1/Félibien de Piles Il n’est pas un historiographe de l’art équivalent à celui d’Italie. Il faut attendre le 17ème siècle. En 1643, paraît le premier livre pratique sur la peinture, par E. Mignon, la perspective spatiale et pratique. En 1660 A. Félibien écrit De l’origine de la peinture et des plus excellents peintres de l’antiquité. Ce dernier publie également un autre ouvrage. En 1687, on a une première histoire de l’architecture Française, Recueil historique de la vie et des ouvrages des plus célèbres architectes par J-F. Félibien. Le tout est lié au mouvement académique. Félibien appartient à la génération de Molière, sous le règne de Richelieu. En 1647, il part pour Rome, comme secrétaire de l’ambassade. Il acquiert une bonne connaissance de l’art ancien et de Rome. Il fait la rencontre de Nicolas Poussin, qui rentre en France en 1649, et qui entre dans les grâces de Nicolas Foucquet. Félibien est rappelé à Colbert pour rappeler la grande entreprise culturelle de la célébration royale. En 1666, il devient historiographe du roi. En 1667, il rend compte de la conférence de l’Académie de Peinture. Il est au cœur des activités artistiques de la première moitié du règne de Louis XIV. Il rédige Mémoire pour servir à l’histoire des maisons royales, avec une histoire, et des plans relevés, ainsi que des textes. Entretiens sur les vies et sur les ouvrages des plus excellents peintres anciens et modernes, publié de 1666 à 1688. Dans sa préface il fait remonter les entretiens à son séjour à Rome et à sa rencontre avec Poussin. Il a une véritable volonté d’enseigner. Pour la première fois en France, l’histoire s’intéresse à un ensemble d’hommes qui doivent leur renommée à leur talent et non pas à une certaine noblesse. Le motif artistique lui permet d’évoquer des situations très concrètes. Ses biographies sont psychologiques, même si l’anecdote n’en est pas le point de départ. Il veut rivaliser avec les Vies de Vasari. Le goût de son temps lui fait plutôt choisir les entretiens, avec une histoire complète de la peinture. Chaque entretien est consacré à une tranche chronologique. Mais il y a des fautes de chronologies et des fautes de regroupement dans son école. Le livre s’ouvre sur une introduction qui est une conversation avec Pimandre (auteur de l’Hermès trismégiste). Il reprend l’antique style du dialogue. Pimandre écrit un texte fondamental, sur la table d’émeraude et quelques 36000 autres ouvrages. C’est un texte ésotérique. Celui qui enseigne doit être enseigné. Félibien lui demande de retracer l’histoire de la peinture : 1/Il présente des points de vues non partagés 2/Il développe la réflexion théorique 3/Il souligne l’intérêt de certains moments du discours 4/Il profère quelques impertinences. Les entretiens 2 à 6 parlent essentiellement de la peinture italienne. Le texte est quasi continu, sans chapitres… Il reprend l’idée d’un progrès de la peinture, sous une forme cyclique. Il privilégie tout ce qui concerne la France. Il conserve comme héros Raphaël, qui est pour lui le maître de tous, et auquel il attribue la grâce. Ses deux autres héros sont Léonard et Michel-Ange. Il aborde le problème de la copie et du travail d’atelier. Il se pose toujours la question des caractères originaux. Il aborde ensuite la peinture vénitienne, avec Giorgione, Titien, Véronèse, ou encore Le Tintoret. Il en cite 44 ce qui est un chiffre considérable. Il parle ensuite de la peinture romaine, avec Caravage, et ses suiveurs, qui eux ne sont presque pas évoqués. Le 6ème entretien s’achève sur les Carrache, qui ont fondé une Académie et mis les Beaux-Arts au rang de profession libérale. Les entretiens 7 et 8, qui sont les derniers, abordent la peinture française. Il accorde un rôle majeur à la venue des italiens en France, notamment à Fontainebleau. C’est le cas de Jean Cousin (Eva Prima Pandore) auquel il accorde plus de quatre pages. Il y a chez Félibien une observation directe des œuvres. Le 8ème et dernier entretien est presque exclusivement consacré à Poussin. C’est une réponse à Roger de Piles et son apologie de Rubens. Il a droit à une pure biographie, premier essai sérieux de chronologie des œuvres du peintre. Il sera repris par Felnon dans le célèbre dialogue des morts, 1688-1689, qui établit un tableau imaginaire. Il évoque la notion capitale de la Grâce, qu’il oppose à la beauté. Pour lui, elle résulte d’un rapport et d’une harmonie des mouvements intérieurs, donc de l’âme. Il met en évidence la supériorité spirituelle sur le matériel. Le Beau se trouve dans la proportion et la symétrie. Une importance est accordée à la mimésis. Il a une influence considérable sur toute la théorie des arts, il est pour l’Académie. Ce qui sera le plus repris de lui est sa méthode de description des tableaux, qui reprend le modèle antique de l’ekphrasis. Sa description et son explication énoncent la signification du sujet. 2/Jean-françois Félibien Il écrit un recueil historique de la vie et des ouvrages des plus célèbres architectes, malheureusement inachevé, et qui s’arrête à la fin du 14ème siècle. Il regroupe les différents artistes par tranche chronologique. 3/Roger De Piles (1635-1709) Il est connu grâce à un abrégé de La Vie de Monsieur De Piles, biographie de cet homme, théoricien de l’art, peintre, secrétaire de l’ambassade. Son ouvrage porte le nom de Abrégé de la Vie des peintres.Il participe à des missions diplomatiques, et sera emprisonné en Hollande, pour des raisons diplomatiques. 1696-1697, il rédige Abrégé de la vie des peintres, qu’il offre, avec celui de la peinture et de la sculpture à son retour en France. Son discours est essentiellement théorique, avec une théorie de l’art et une historiographie. Il va écrire Conversation sur la connaissance de la peinture, Dissertation sur les ouvrages des plus fameux (1681), ou encore Cours de peinture par principes (1707). Il correspond avec le neveu de Rubens, Philippe, ayant écrit une biographie de son oncle ; qu’il a prêté à De Piles. Il ne veut pas entrer dans une biographie purement anecdotique, et remet sur le tapis la querelle du dessin et de la couleur. Son ouvrage de compilation commence par un traité du peintre parfait, de la connaissance du dessin, et de l’utilité des estampes. La vie de Rubens est celle d’un honnête homme car son art peut être apprécié par un public ni savant ni au faîte des règles de l’art. Rubens était un lettré, qui écrivait couramment le latin, et qui aimait vraiment la peinture. Sa carrière a concilié ces deux aspects. Il était aussi diplomate. C’est un homme universel qui avait un talent universel. Il a une grande faculté d’adaptation, il cite les amateurs qui regardaient les œuvres de Rubens. De piles développe des idées théoriques, le génie, la nature, l’antique, le grand goût… Il consacre une partie à ce qui a trait au spectateur, envisagé sur deux plans différents. Le spectateur a un regard d’ensemble, il voit le tableau dans le détail et donc invite à une conversation avec le tableau. Il publie un dialogue sur le coloris, dans le quel il attribue à la couleur un rôle fondamental : « la définition de la peinture est l’imitation de l’objet visible par le moyen de la forme et des couleurs employées sur une surface plane dans le but de séduire nos yeux ». Il aborde la notion de conception et de plaisir pour l’œil. L’utilisation de la couleur s’adresse aux sens plutôt qu’à l’esprit, « la fin de la peinture n’est pas tant de convaincre l’esprit que de tromper les yeux ». Il exalte les effets de l’artifice sur le tableau. Pour lui, une œuvre est réussie lorsque le spectateur peut s’exclamer devant elle. C’est la théorie de l’attention qu’il porte au mode d’appréhension du spectateur. Il doit y avoir une séduction de la peinture. Le dialogue sur le coloris est une sorte de fiction qui permet de montrer que la couleur est la relation entre l’œuvre d’art et le spectateur. Il faut attendre très longtemps pour que la théorie de De Piles soit appliquée. Pour lui sans génie pas d’art. Il faut une synthèse ente l’un et l’autre, comme Watteau ou Boucher, bon dessinateur qui accorde une place à la couleur. BIBLIOGRAPHIE: BAZIN (Germain), Histoire de l'histoire de l'art, de Vasari à nos jours, Paris, A. Michel, 1986
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| Mise à jour le Vendredi, 16 Septembre 2011 21:18 |


Il écrit une Histoire Naturelle, sorte d’encyclopédie consacrée aux beautés de la nature, mais essentiellement sous un aspect technique. Il veut montrer le Trésor que constitue le monde unifié par la conquête Romaine.
Vitruve est un auteur du 1er siècle qui a réalisé le genre du traité technique. Cet ouvrage comprend dix volumes, et envisage tout l’Art de bâtir. C’est un Idéal qui réside dans des ordres, un travail encyclopédique. C’est l’équilibre savant entre la théorie et la pratique :
Pausanias écrit dans le genre du guide de voyage. C’est une nouvelle façon de s’intéresser aux œuvres d’art, en les considérant dans leur contexte topographique, qui est un véritable musée. Il fait la description de la Grèce en en recensant les œuvres majeures. Il écrit en dix livres.
Il est connu grâce à un abrégé de La Vie de Monsieur De Piles, biographie de cet homme, théoricien de l’art, peintre, secrétaire de l’ambassade. Son ouvrage porte le nom de Abrégé de la Vie des peintres.